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Et si Idrissa Seck avait raison ?

Assurément, la pluralité politique ne garantit point une gestion raisonnable et sereine du débat public. La polémique née à la suite de la sortie médiatique du leader de Rewmi, à l’occasion du dernier Magal de Touba, en est une parfaite illustration.


Rédigé par leral.net le Lundi 7 Décembre 2015 à 16:03 | | 37 commentaire(s)|

Et si Idrissa Seck avait raison ?
Concernant Idrissa Seck, les controverses se suivent et se ressemblent. L'ancien Premier ministre se retrouve très souvent au centre de polémiques, qui au-delà de sa personne, révèlent la nature du débat public sénégalais. Un débat public où très souvent exigence de vérité et intérêts partisans s’entrechoquent.

Mais, apparemment le leader de Rewmi a décidé de s’accrocher à la vérité telle une huitre à son rocher et advienne que pourra. Idrissa Seck est réputé être formaté de la sorte. Il lui est impossible de ne pas dire ce qu’il pense. Sous ce rapport lors du dernier Magal de Touba, il n’a pas dérogé à ses habitudes.

La scène de l’intervention de Seck se passe sur le parvis de la maison du Khalif Général des mourides à Gouy Mbinde. Idrissa Seck, droit dans ses bottes et entouré de ses lieutenants politiques livre sa part de vérité sur la marche du pays. En français puis dans un wolof qui fleure bon le terroir, Idrissa Seck s’adosse à son sens habituel de la formule pour faire passer son message. Les mots sont soigneusement choisis par le leader de Rewmi et forcément son discours est impactant.

La suite on la connait, en guise de réponse, toute la « Mackysie » a cru bon de s’attaquer sévèrement à Idrissa seck.Tout y passe : injures, invectives, stigmatisation. Pour une partie du peuple beige-marron Idrissa Seck est un assoiffé de pouvoir. Certains sbires du Président sall se sont même permis de s’attaquer à sa lignée, en brandissant des clichés bouleversants et inacceptables en République.

A la vérité deux passages de l’intervention de Seck ont particulièrement fait mouche et irrité au plus haut point le peuple « beige-marron ».C’est quand Idrissa Seck déclare ceci : « La situation du pays commence à dépasser Macky Sall. Je l’ai dit aux Sénégalais d’ici et de la diaspora qu’il n’était pas capable » ; « sur le plan de l’économie, on nous parle de l’émergence, ils ont précipité le Sénégal dans le gouffre des pays les plus pauvres du monde ».

Mais, entendons bien, la fonction présidentielle, c’est l’ambition de toute une vie. On s’y prépare très tot.Macky Sall a commencé à nourrir cette ambition sur le tard. Le Président Sall est arrivé au pouvoir dans l’impréparation totale. L’arrivée de l’Apr au pouvoir, trois ans après sa création est un fait inédit dans l’histoire des sociétés politiques et demeure à ce jour une énigme pour bon nombre d’analystes. Au début de l’alternance en Mars 2000, au mieux Macky Sall rêvait de devenir Directeur de la Petrosen.

Aucun « météorologue » politique n’avait prévu de le voir à pareille fête dès la présidentielle de 2012.

Le tâtonnement auquel Macky Sall se livre depuis son arrivée au pouvoir démontre à suffisance qu’il n’est pas à la hauteur de sa charge. En effet entre 2012 et 2 015 Macky Sall en est déjà à trois Premiers ministres avec autant d’attelages gouvernementaux. Sans oublier qu’il est passé du « Yonou Yokouté » au PSE.Les politiques publiques qu’il impulse s’avèrent vaines et n’ont aucun impact significatif sur le quotidien des sénégalais. Mieux les indicateurs de performance économique n’augurent rien de bon à l’horizon. Ses visiteurs du soir sont formels, le Président Sall est dépassé par la situation. Il a par la même occasion perdu le sommeil et son éternel appétit débordant.

Ce qu’Idrissa Seck a dit à Touba sur la situation alarmante du pays, les Sénégalais le vivent et le constate quotidiennement. Les Sénégalais ont fixé leur mal vivre généralisé à travers cette belle formule : « Deukbi daffa Macky ».On oublie très souvent que cette brillante caricature de la situation du pays est venue tout droit des chaumières sénégalaises.

Par ailleurs, une certaine opinion, savamment soutenue par la presse du palais, reproche à Idrissa Seck de se prononcer sur la situation du pays à l’occasion d’un évènement religieux comme le Magal.Autrement dit, le leader de Rewmi aurait politisé le Magal. Une telle ligne de défense est une fumisterie qui ne dit pas son nom.

Le Magal de Touba a toujours été une tribune où s’évoque toutes les questions d’intérêt national. Quel est le leader d’un parti politique au Sénégal qui ne s’est jamais prononcé sur la marche du pays à partir de Touba ? Qu’il lève la main.

En communication politique, une logique primaire voudrait qu’un leader d’opinion qui a le souci de se faire entendre, attende que le cerveau du citoyen soit disponible, pour délivrer son message. Et le Magal de Touba est l’un de ces moments privilégiés où les citoyens sénégalais prêtent toute leur attention aux discours des leaders d’opinion que compte le pays.

En définitive, les «apéristes» ont souvent l’habitude de soutenir ceci : « Idrissa Seck ne sera jamais Président de la République du Sénégal ».

Idrissa Seck présidera-t-il un jour aux destinées du Sénégal ? « Yallah rekka xam », comme on dit chez nous. Et la vérité est dans le temps.

Mais d’ici là, force est de reconnaitre que le leader de « Rewmi », continue d’être fidèle à sa ligne de conduite. Chez Seck, la politique est avant tout un exercice de vérité. Il le dira d’ailleurs dans une mémorable lettre adressée à tous les sénégalais à l’occasion de la création du parti « Rewmi ».Il disait ceci : « Un homme d’Etat ne transige pas avec la vérité, même s’il faut se retrouver seul contre tous ».


Par Abdoulaye Djigo
layemail80@gmail.com






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