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Et si le doyen Amath Dansokho avait raison ?


Rédigé par leral.net le Lundi 8 Juin 2015 à 15:03 | | 8 commentaire(s)|

Et si le doyen Amath Dansokho avait raison ?
Selon certaine sagesse, quand deux hommes font la même chose, ce n’est jamais la même chose. Or les partis politiques réunis au sein de Benno Bokk Yakaar (BBY), la coalition au pouvoir, le sont précisément autour d’un programme pour mener la même action. De la sorte, il est de bon ton, du moins pour la majorité présidentielle, que le gouvernement issu de cette coalition travaille, et qu’il produit des résultats.

Seulement, le doyen Amath Dansokho ne veut point s’y résoudre, lui qui sait mieux que personne que, en l’espèce, lorsque le bon-ton est au diapason et que tout le monde s’y accorde sans nuances, le bon-sens fout le camp. Ainsi va-t-il tirer la sonnette d’alarme. « Le pays est en danger, tout le prouve. C’est très grave ce qui se passe. Nous n’avons pas résolu les problèmes pour lesquels nous nous sommes rassemblés… », prévient-il. Evoquant notamment les problèmes récurrents de coupure de courant, de pénurie d’eau et de grèves cycliques, le ministre d’Etat se désole de ce que les gens souffrent et n’en peuvent plus. Ils sont à bout de souffle, admet-il. Et le doyen Dansokho d’affirmer que « ce qui a provoqué la coalition (BBY) a des causes objectives (et qu’) elles sont encore devant nous… » Mais il aurait pu ajouter que même le conflit tri-décennal en Casamance, considéré pourtant comme une sur-priorité par les autorités, n’est toujours pas résolu. Et ce, en dépit des effets d’annonce que l’on nous sert à volonté depuis trois ans quant aux prétendues négociations de Rome, sous les auspices de la communauté Sant’Egidio.

C’est donc là, certes un cri d’alarme, mais tout un programme non exécuté à ce jour, faute peut-être d’exécutants.

Quoi qu’il en soit, si le président Macky Sall a des oreilles qui écoutent (le ministre d’Etat le lui concède) et qui entendent (il ne s’y est guère risqué), alors, il gagnerait certainement, d’abord à prendre acte de ce cri du cœur, de manière froide, c’est-à-dire avec responsabilité et gravité ; ensuite à témoigner au passage de toute sa gratitude au doyen Dansokho pour cet éclairage de sa part tombé si opportunément ; et enfin à agir en conséquence, avant qu’il ne soit trop tard.

Dakar, le 8 juin 2015.

Jean-Marie François BIAGUI
Président du Mouvement pour le Fédéralisme
et la Démocratie Constitutionnels (MFDC-fédéraliste)






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