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Et si nous parlions de la légitimité en politique ?

Sous la potence, et tenaillé par la peur, le politique, longtemps nourri à la sauce idéaliste du mentor, ne peut que zozoter ces mots ancrés dans la mémoire collective de quelques initiés de la realpolitik. Edgar Faure, personnage clé de la IVe République française, disait « Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent. »


Rédigé par leral.net le Dimanche 12 Avril 2015 à 11:21 | | 2 commentaire(s)|

Et si nous parlions de la légitimité en politique ?
Phrase culte, devenue une vérité, sous nos cieux. Une sacrée ‘’véridique’’ vérité. Effet de redondance. En effet, cette phrase, célèbre dans les annales de la politique, est savamment distillée. L’auteur parle in fine de l’immobilisme dans une société qui évolue, et répond aux sirènes du changement. Changer d’orientation ? Oui, mais il faut changer dans le bon sens ! Changer dans l’évolution de la société vaut mieux qu’être immobilisé. Il est dit que tomber n’est pas un échec, rester là où on est tombé, c’est un échec. Quand on tombe, il faut pouvoir se relever. Parler de la politique est devenu un sport favori depuis nos indépendances. Comment en nous-sommes arrivés à ce processus de maturation politique ? Question épineuse qui nécessite une certaine attention.

Un changement de cap, ce n’est pas forcément un retournement de veste. Il arrive que le politique soit contraint de n’obéir qu’à son ventre. Il se susurre souvent que le ventre plein, l’homme soit content. Une vérité absolue. Un ventre vide n’a pas d’oreilles pour écouter. Le zapping de camps politiques est devenu un jeu de ping-pong au Sénégal. Même le militant lambda ne tient plus en place. C’est la course au profit. Se gaver et faire profiter les siens est devenu un sprint. Plus c’est rapide mieux c’est. Le temps est à l’infidélité et au vagabondage sur le champ politique. Changer son fusil d’épaule devient monnaie courante dans ce Sénégal que nous chérissons. Il en est ainsi le jour du vote comme pour le reste. De nos jours, il est rare d’observer de la constance dans le landerneau politique sénégalais.

L’Homme politique, dans le sens premier du terme, n’existe plus. Où sont les hommes d’Etat, prêts à s’engager et défier contre vents et marées, toute velléité qui tente de saper les fondements de leur République ? Ce beau sacrifice ! Cet homme providentiel, ce messie, c’est de la vieille histoire racontée aux enfants ! Sitôt arrivé au pouvoir, il est happé par les contraintes économiques, sociales et culturelles. Pour reprendre les paroles de Guy de Maupassant, « C’est qu’il n’est pas facile, ce métier, d’entraîneur de peuples. Il faut saisir avec un tact infini les courants d’idées qui vous entourent, trouver le mot juste, le compliment nécessaire, ne blesser personne, rallier les mécontents, séduire toujours. Ces dons si divers, un seul homme peut-être les eut de naissance et poussés à la perfection. C’est Napoléon Ier.» Paroles mielleuses au roi mais le contexte est très différent du nôtre.

Mais gardons-nous de dire, que cette litanie de belles paroles, n’engage que l’auteur et est située dans une époque particulière. Ses contempteurs disent le contraire, eu égard à cette description poussée à la perfection. Sacré Guy de Maupassant pour qui, Napoléon Ier, était un démiurge. En effet, nous pourrions faire de même avec Macky Sall ou avec François Hollande, mais la morale et notre conscience nous l’interdisent. Nous pourrions perdre notre âme à vouloir comparer Napoléon Ier à Macky Ier. Je ne pipe donc mot et reste sur ma faim.

De nos jours, c’est par la finesse de ses idées révolutionnaires et de sa capacité à séduire que le vrai leader politique s’affirme. C’est cela un vrai homme d’Etat. Et les partager, c’en est une autre paire de manches. Exercice difficile à exécuter, si l’on sait que ce leader existe grâce au peuple, qui en a fait une de ses priorités. Et l’homme d’Etat ne doit son élection qu’à son peuple.

Mais une fois arrivé au pouvoir, le leader perd le nord et fait cap seul. Terriblement seul dans son expédition. On peut être président de la République et s’entourer d’un silence assourdissant. Et quid de la légitimité ? Terme incongru qui divise plus qu’il ne fédère les partisans et les ennemis de la politique. Une légitimité souvent bâtie sur une montagne de compromis. Hélas, c’est cela la politique d’aujourd’hui, dans ce Sénégal là, voire dans cette Afrique là !

Tout homme d’Etat se sent légitime, s’il peut répondre à toute question d’ordre social, économique sans oublier le volet sociétal. Et le tout dans une forme inclusive. Tout est science dans la politique. Tergiverser tel un funambule sur une corde raide, peut mener à la chute. Et se casser le cou, c’est échouer mais l’échec n’est pas lamentable. Se relever, c’est cela le défi continu. De nos jours, se mettre dans les habits d’un vrai homme d’Etat, est devenu une gymnastique stimulante. Et n’est pas homme d’Etat qui veut. Mais être président de la République, ce n’est pas forcément être un homme d’Etat.

POUYE Ibra
ibpo2004@gmail.com








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