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Et soudain Sada Ndiaye refait surface. Par Abdoulaye Mbodji

Il s’était muré dans le silence, loin du bruit et vains tintamares de son parti le PDS, préférant s’enfermer dans la mairie de son village, Ndidjilone, dont il a remporté, il faut avoir l’honnêteté de le dire, haut la main lors des éléctions municipales et locales. Certains le disaient retiré de la vie politique nationale d’autres soutenaient mordicus qu’il remettra le pied dans l’étrier, au niveau national. Les souteneurs de la deuxième hypothèse ont raison. Mais relativement seulement. En effet Sada Ndiaye ne revient pas par la grande porte.


Rédigé par leral.net le Dimanche 8 Mars 2015 à 15:52 | | 0 commentaire(s)|

Le voilà qui refait surface sur la scène nationale mais par une porte dérobée. Suite à la démission de Me Madické Niang de son poste de président de la commission chargée de reccueillir les candidatures du PDS en vue de l’élection présidentielle de 2017, Me Wade fait appel au maire de Ngidjilone, pour assurer le poste que l’ancien ministre des affaires étrangères, en bon noble wolof, a décliné, parce que non honorifique encore politiquement valorisant, même s’il ne l’avoue pas c’est en somme cela la raison de fond de son refus de diriger cette commission. En bon connaisseur de ses hommes Me Wade vrai spécialiste de ses hommes qui l’entourent n’a pas lésiné sur les moyens. Il a tout simplement encore fait appel à son éternel recours pour la conduite des sales besognes. Toujours prêt à dire oui pour ces missions Sada Ndiaye n’a pas dérogé à la règle. C’est encore lui le dernier recours pour remplacer au pied levé Me Madické Niang . Entre Me Wade et Sada Ndiaye ça fonctionne toujours comme ça. On s’en souvient encore c’est à lui qu’était revenue la très décriée mission de déposer l’amendement, qui depuis porte son nom, qui réduisit de cinq à un an le mandat de Macky Sall à la présidence de l’assemblée nationale en 2008. Une tâche noire, très noire dont il ne se départira jamais. Mais c’est Sada Ndiaye,
l’homme dont la dynamique de la construction de la carrière politique est faite de contradictions et de complexité sur fonds d’actes héroiques et de viles oeuves. L’homme rate toujours les bonnes occasions qui le font rentrer dans l’histoire pour se saisir de celles qui ne le grandisent point. Il en est ainsi de l’amendement qui porte son nom et de son silence étonnant quand Me wade a insulté Macky Sall, dont Sada Ndiaye est familialement lié du côté maternel. Dans l’un comme dans l’autre cas, Sada Ndiaye n’a pas pu se déterminer comme un homme de convictions et de principes. En lieu et place de rébellion contre l’injustice, Sada Ndiaye a préféré, dans le premier cas, le dépôt de l’amendement, participer à ce que le PDS envisageait, à tort, comme l’anéantissement politique de Macky Sall, et de se confiner dans le silence, dans le deuxième cas, les insultes de Me Wade, quand la fibre Ceddo qu’il porte et revendique est villipendée,
rabaissée au niveau zéro par Me Wade. Des actes héroiques Sada Ndiaye en a connu. Alors sous-préfet de Nioro il a fermement défendu le guide religieux feu Thierno El Hadji Mohamadou Said Bâ de Médina Gounasse quand ce dernier était combattu par certains habitants de ce terroirs qui ne voulaient pas de l’installation du guide religieux dans leur espace. Cet acte héroique est indélébilement gravé dans les registres de l’histoire. mais Sada Ndiaye n’a pas pu garder la même conviction de lutte contre l’injustice. Dans les années 90, c’est Djibo Kâ qui l’a nommé à la direction de la DAGE du ministère de l’éducation nationale. En guise de reconnaissance à l’égard de Djibo Kâ, Sada Ndiaye lui remettait, chaque Tabaski, un bon bélier pour la fête. Mais c’est Sada Ndiaye qui entre en rupture complète contre Djibo Kâ quand ce dernier a vécu sa traversée du désert qui a débuté au congrés sans débats du parti socialiste en 1994.
Sada Ndiaye n’a pas un seul instant pensé suivre Djibo Kâ quand ce dernier a mis en place son parti l’Union pour le renouveau Démocratique (URD). Pire il se rapprocha de l’ennemi numéro de Djibo Kâ en l’occurence Ousmane Tanor Dieng alors puissant bras droit d’Abdou Diouf. Son cheminement avec Ousmane Tanor Dieng durera le temps de règne de Diouf. A la défaite d’Abdou Diouf en 2000, Sada Ndiaye migra vers le PDS. Ce même PDS dont les calots bleus avaient torturaient son oncle à Ngidjilone quand sada Ndiaye avaient interdit Me Wade, alors opposant d’Abdou Diouf, de tenir son meeting dans le village. Il ne s’embarasse pas de scrupules pour rejoindre le PDS. Fin stratège politique Abdoulaye Wade avait célébré cette prise de guerre. Sada Ndiaye était reçu en fanfares au palais à la tête d’une importante délégation Foutanké. On se souvient de cette phrase de Me Wade: « Aujourd’hui le Fouta a basculé ». L’histoire ne lui donnera pas
raison. Car c’est ce même Fouta qui a massivement voté Macky Sall en 2012.
Abdoulaye Mbodji
Journaliste






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