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Etats Unis, Victoire de Trump, le pays retombe sur ses deux pieds (Par Waly Ndiaye)


Rédigé par leral.net le Vendredi 11 Novembre 2016 à 20:20 | | 0 commentaire(s)|


La victoire surprenante du Républicain, Donald  Trump sur la Démocrate Hilary Clinton est un véritable tsunami politique au pays de l’oncle Sam, considéré à tort comme étant une des plus grandes Démocraties. En effet la campagne insolite de Trump avait tout l’air d’une vaste entreprise de déconstruction d’un capital  universel de valeurs et de principes, bâti au cours d’une histoire tumultueuse ponctuée d’aller-retour.
 
Il a donné le tournis  aux habitués des Campagnes électorales Américaines  policées et faites de mondanités réciproques, en allant puiser dans les Registres qu’on croyait à jamais scellés,  des sujets tabous , bannis, au point qu’ une coalition sacrée contre « le monstre » commençait à prendre forme et son sacrifice était presque sur toutes les lèvres. Hélas, curieusement  et paradoxalement, la majeure partie du peuple Américain s’est identifiée à lui à travers son vote. De facto, Trump n’est plus l’Equation à résoudre pour tout Analyste politique, mais plutôt ce peuple Américain qui a sanctionné positivement les frasques de Donald Trump.
 
Alors faut-il  s’inquiéter déjà sur les  impacts collatéraux d’un tel Tsunami, qui au plan politique  social et  économique mais surtout de la gouvernance Mondiale, ne manqueront pas  eux aussi  de surprendre. En effet cette victoire trop facile s’identifie à  un coup d’arrêt d’une  partie d’opéra  de mauvais goût pour un peuple  mythique aux désirs capricieux ou à une rébellion d’un peuple pour mettre un terme à  une longue pratique de cosmétique politico- diplomatique, encadrée, d’Accords, de Traités politico-éconmiques et de conventions internationales  que ce dernier  juge  éloignée de son pragmatisme légendaire et  attentatoire  à son génie et à  ses valeurs.
 
En vérité le choix de Trump  le Businessman, symbole  du richissime Américain et  du mercantilisme capitalistique,  en lieu et place d’ Hilary, le politique, incarnation des  civilités Mondaines mais aussi  porteuse d’ idéaux avant-gardistes  tels le combat pour l’égalité des sexes, pour la promotion et la consécration de la femme, pour les droits des migrants, est loin d’être fortuit  pour qui connaît l’Amérique des pères Fondateurs. Par ce choix dicté par un contexte économique mondial difficile, une géopolitique grosse de risques, les Etats unis ont préféré suivre celui qui a choisi de les ramener à la case de départ, et qui leur rappelle leur crédo « One goal, one nation » mais surtout celui de la liberté d’entreprendre et celui de la liberté tout court.
 
Ainsi bien que plurielle l’Amérique  reste unie  face à son destin, aux défis ou à l’inconnue que  constitue une  femme à la tête de la première puissance face à un Poutine de moins en moins gérable. Trump a donc incarné une certaine Amérique sommeillant dans des Alliances conjoncturelles, une  Amérique imprévisible, assoiffée de son leadership,  non conformiste et  condescendante vis avis du reste du monde, des standards et normes de celui-ci.
 
 Ce qui vient de se passer n’est rien donc que la manifestation d’un repli identitaire  dont Trump a su assurer la mise  en scène   en  promettant l’enfer à tous ceux qui se présentent ou se présenteraient comme entraves à la réalisation du Rêve Américain,  d’ériger des barrières géographiques, physiques, douanières, ethniques, de jeter aux orties toutes ses spéculations mondaines  autour du sexe, des Droits de l’homme, des Droits des migrants, de revenir sur  tous  ces Accords et traités internationaux, signés par ses prédécesseurs  et tout cela au nom d’une Amérique réconciliée avec elle-même..
 
En cela les  commentaires de certains de nos compatriotes journalistes,  animateurs Radios ou politiciens sophomores politiques qui voient en la victoire de Trump la consécration de  l’exemplarité d’une Démocratie majeure, frisent la naïveté ou l’inculture, car au fond , il ne s’agit ni plus, ni moins qu’’un reniement aux valeurs et principes universels que l’humanité a mis du temps à  accréditer et a dû payer un lourd tribut pour cela.  En  toile de fond on s’achemine droit vers un recul démocratique  dans ce choix des Américains.   Oui, le modèle démocratique Américain ne vaut son pesant d’or que dans son contexte historique esclavagiste et raciste. C’est une évidence qu’avec  son bipolarisme, son long processus de filtrage au cours des primaires au sein des deux grands partis, le coût exorbitant d’une campagne électorale qui ne favorise que les riches, son collège de grands électeurs qui étouffe l’expression populaire, le système démocratique Américain est aristocratique et oligarchique.
 
Ce qui vient de se passer aux Etats Unis ne saurait être un point d’orgue de démocratie, cela ne peut pas se passer dans une Démocratie normale, c’est une météore dans l’espace politique. En démocratie, il ya tout de même certaines logiques,  qu’un évènement soit totalement« unpredictable » au point  que toutes les officines de sondages crédibles soient « « out »  est inconcevable et cela prouve que quelque part cette démocratie a été piégée dans des considérations subjectives, sinon par une pathologie émotionnelle
 
Ce vote a des relents de replis identitaires à l’instar des murs qui se dressent en Europe entre pays en violation des valeurs  et principes fondamentaux qui guident toutes les Démocraties majeures comme la  libre circulation, le droit et la liberté d’installation, le droit à la protection, le droit à l’Emploi, Droit à la protection contre toutes formes de discrimination etc… En outre les piliers de la démocratie demeurent les partis politiques et la politique en est le levain, ainsi tout système qui favorise l’intrusion de novices politiques ne favorise pas l’éclosion démocratique.
Qui hait la politique, hait la Démocratie car il n’ya pas de Démocratie en dehors de la politique ! En cela le ver est dans le fruit pour la Démocratie Américaine. Trump semble l’avoir bien compris lors de sa dernière sortie.
 
Le coup est inédit, le Monde retient son souffle et se pose certaines  question au nombre desquelles « what really works in America » ? « what does América want ? un candidat que la politique n’a jamais intéressé qui se retrouve à la tête de la première Puissance mondiale.  « Wait and see » ?
 
May God bless America and bless Us too!
Waly Ndiaye Professeur d’Anglais  wandiaye@gmail.com






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