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Euro : devant le Bundestag, Merkel reste intraitable

le 28 Juin 2012 à 08:45 | Lu 345 fois

Mercredi, la chancellière allemande a répété avec force, devant la chambre des députés, son «Nein» aux exigences de ses partenaires, notamment au sujet des eurobonds.


Euro : devant le Bundestag, Merkel reste intraitable
De notre correspondant à Berlin

Armée de solides certitudes, Angela Mer­kel aborde le Conseil européen avec un mental de combattante. Face aux députés rassemblés au Bundestag, la chancelière a martelé avec force, mercredi, son «Nein» aux exigences de ses partenaires.

Avant de s'envoler pour Paris à la rencontre de François Hollande et à la veille d'un sommet censé apporter le salut à une Europe paniquée par l'Espagne qui vacille, Merkel a répété son message pour plus d'intégration et son rejet des «solutions faciles», comme les euro-obligations, estimant que son pays avait déjà envoyé «un signal fort» à ses partenaires en soutenant un pacte de croissance.

La chancelière s'est préparée à une confrontation jeudi et vendredi à Bruxelles. «Je m'attends à des discussions controversées, a-t-elle prévenu. Tous les yeux seront de nouveaux braqués sur l'Allemagne. Mais les forces de la première puissance économique européenne ne sont pas illimitées, et celle-ci a déjà donné suffisamment de gages à l'Europe.»«L'Allemagne envoie avec sa culture de la discussion orientée vers les résultats» et avec son engagement pour la croissance «un signal fort en interne et vers l'extérieur», a ajouté Merkel, évoquant le projet d'investir 120 à 130 milliards d'euros à court terme dans la croissance en Europe: un engagement pris la semaine dernière à Rome avec ses homologues espagnol, italien et français.

Appels à l'effort et au devoir
Angela Merkel a répété son opposition farouche à l'introduction d'eurobonds. «Forcer politiquement leur adoption serait la répétition d'une vieille erreur», déjà commise lorsque la monnaie unique a été introduite sans parachever l'intégration fiscale et budgétaire de la zone euro, juge-t-elle. Ces «eurobonds» et tous les autres produits du même type - les euro-bills à court terme, comme le fonds d'amortissement de la dette - sont non seulement «incompatibles avec la Constitution allemande» mais également «contre-productifs», prévient-elle. «Il est beaucoup trop question de toutes sortes d'idées sur une responsabilité commune, et nettement pas assez de possibilités améliorées de contrôle» des Européens les uns sur les autres, a-t-elle déploré. Tout en laissant une porte ouverte à une plus grande solidarité: «Les contrôles et la mutualisation doivent marcher main dans la main.»

Pour la chancelière, il n'existe «pas de solution rapide, facile ou miracle à la crise». Elle plaide pour «des solutions durables, pas un feu de paille». Des réformes structurelles dans les pays en difficulté seront «tout en haut de l'ordre du jour» à ce sommet, a-t-elle dit en louant les efforts de l'Italie et de l'Espagne. «Tous les États membres, l'Allemagne aussi, doivent faire leurs devoirs», a-t-elle lancé en visant implicitement la France.

Au sommet de jeudi et vendredi, Merkel veut s'engager pour définir «un plan de travail et une méthode de travail» pour renforcer de manière substantielle l'intégration européenne, utilisant comme base les propositions publiées mardi par le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy. Elle a promis de s'engager «pour donner un fondement stable à l'union monétaire».


Par Patrick Saint-Paul