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Éviter le scénario à la gabonaise en 2012

Dans une récente contribution portant titre « Vingt et un ministres autour de Mbow pour une transition », nous avons insisté sur la nécessité d’une candidature unique de l’opposition sénégalaise pour l’élection présidentielle de 2012. Au moins, les trois raisons ci-dessous plaident pour cette cause :


Rédigé par leral.net le Vendredi 25 Septembre 2009 à 06:37 | | 3 commentaire(s)|

Éviter le scénario à la gabonaise en 2012


Primo, cette candidature unique permettra de contourner la stratégie du Sopi qui, sans doute, va vers la modification de l’article 26 de la constitution en supprimant le deuxième tour à la présidentielle de 2012. Le combat contre cette forfaiture sera mené par tous les démocrates du pays. Les députés et sénateurs voteront la modification et, vraisemblablement, le conseil constitutionnel se déclarera comme d’habitude incompétent pour trancher le contentieux. La candidature unique de l’opposition pourra faire du premier tour un « référendum pour ou contre le candidat du Sopi ».

Secundo, cette candidature unique de l’opposition permettra d’éviter la cassure de la dynamique unitaire de Bennoo Siggil Senegaal qui a été un facteur d’endiguement du taux d’abstention lors des élections locales du 22 mars 2009. Une multiplicité des candidats de l’opposition pouvant avoir des effets néfastes pour une grande mobilisation.

Tertio, en allant uni à la présidentielle de 2012, Bennoo pourra mettre en œuvre les conclusions des assises nationales notamment en gérant ensemble une phase de transition qui mettrait ensuite tout le monde sur une même ligne de départ. La transition est nécessaire pour remettre les pendules de la démocratie sénégalaise à l’heure.

La proposition de candidature unique de l’opposition, à l’évidence, et sur la base des nombreuses réactions, rencontre aujourd’hui quatre types de pourfendeurs :

1- D’abord, nous avons les partisans du régime actuel qui, pour garder des privilèges dans un Sénégal en crise, ne veulent pas d’un bloc uni de l’opposition face à leur candidat qui ne fait plus rêver. Le stress nait de la peur de perdre les élections fera faire beaucoup d’erreurs au camp présidentiel actuel qui ne mesure pas assez le taux d’indignation populaire.

2- Ensuite, nous avons les pourfendeurs intellectuels nihilistes qui, trouvant des poux sur toutes les têtes sénégalaises, rejettent tout le monde et ne proposent personne. Sans doute veulent-ils d’un martien à la tête du Sénégal ! Ces intellos idéalistes semblent ignorer qu’il y a des moments de compromis dynamique au nom du vrai combat de l’heure dont la résolution n’enterre pas la vigilance citoyenne. Choisir le moindre mal est une forme d’engagement qui est préférable à l’abstention. Plutôt que d’aboyer quand la caravane passe, il nous faut mordre en proposant du concret. L’intellectuel doit avoir la capacité de construction provisoire même dans les ruines en attendant l’adaptation de la réalité à l’idéal. Ces intellectuels doivent savoir que l’enjeu aujourd’hui c’est de remettre les pendules sénégalaises à l’heure démocratique.

3- Aussi, il y a, dans la galaxie des pourfendeurs, les militants des vieux partis politiques qui, parce que leur candidat septuagénaire ou presque va vers son « sanni taccu » (dernière chance) en 2012, feront tout pour le convaincre d’aller même seul au front quitte à perdre la face. Ces militants mettent le « patriotisme de parti » devant la patrie. Leur comportement n’est pas trop éloigné des partisans du régime actuel en ce sens qu’il place le leader dans une posture messianique démodée en ce siècle de liberté.

4- Il y a enfin les partisans des jeunes leaders de l’opposition qui comptent sur la constance d’une participation à l’élection présidentielle pour, demain engranger les fruits du labeur. Ils mettront en avant la « Virginité » de leur jeune leader pour convaincre les électeurs et tenter le hold-up en 2012 quitte non seulement à perdre mais à faire perdre l’opposition globale. . Ils pensent que leur échec ne sera pas hypothétique. Ce pari risqué peut être fatal aux jeunes leaders s’ils persistent dans leur ligne égoïste au moment où l’opposition va vers un consensus salutaire. S’ils ratent le train de la candidature unique, ils risquent d’être scotchés sur les quais d’une opposition pendant une longue période. Ces leaders ne doivent pas prendre la sympathie du peuple comme engagement pour un vote réel.

La candidature unique de l’opposition n’a heureusement pas que des adversaires.

A coté des pourfendeurs, il y a beaucoup de sénégalais qui sans jamais adhérer à un parti politique, ont fini d’opter pour le nom choix du candidat du régime Sopi. Ces compatriotes qui vivent la situation dramatique au quotidien veulent une alternance à l’alternance mais, seront tentés d’opter, dépités, pour une abstention réactionnaire en cas de dispersion des forces de l’opposition. Seul le régime actuel a intérêt à une abstention populaire.

La question fondamentale est de savoir comment rassurer dans une formule les militants inféodés à leur leader et les citoyens majoritaires qui veulent mettre un terme au règne du Sopi ?

C’est pour répondre à cette équation que nous avons, à dessein et sans prétention dans notre précédent article, osé adjoindre à la candidature unique une équipe gouvernementale. C’est une manière pour secouer les cocotiers et sortir les politiques de leur torpeur. Nous avons sans doute frustré certains ultras qui entretiennent avec leur leader des rapports de forte croyance messianique. Nous avons certainement poussé trop loin l’audace jusqu’ à proposer le doyen Amadou Makhtat Mbow comme candidat président.

C’est sans culte de la personnalité que nous l’avons fait. Nous n’avons jamais rencontré physiquement monsieur Mbow. Nous avons juste pensé avoir décelé chez lui le profil du plus petit dénominateur commun à une opposition qui risque d’aller vers une guerre de positionnement fratricide. Mbow serait donc un fédérateur potentiel pour avoir fait l’unanimité des participants aux assises nationales. D’autres leaders civils ou politiques ont les dispositions pour être candidat unique de l’opposition pour réinstaller le Sénégal sur les rails d’une démocratie véritable. L’essentiel est de trouver un compromis sur une personne libre et capable de réunir les suffrages. Dans ce compromis, le peuple doit être pris à témoin pour garantir le respect des termes du contrat. Les principaux leaders de l’opposition peuvent s’ils le veulent vraiment trouver un consensus sur la candidature la moins controversée possible à faire accepter par leurs militants. Les sénégalais qui ne sont pas dans les partis politiques les rejoindront dans ce schéma salutaire pour notre démocratie malmenée à outrance depuis 2000.

Il est nécessaire d’avoir un package autour du candidat unique pour garantir que la transition après 2012 sera l’affaire de tous. L’assurance de la présence des leaders politiques aux premières loges durant la transition sera pour tout le monde une sorte de caution. De plus, on ne peut pas vouloir « alterner l’alternance » en 2012 en faisant table rase des hommes politiques de l’opposition qui, quel que puisse être leur passé, ont le mérite aujourd’hui de continuer à se battre malgré l’appel des sinécures. La candidature la moins controversée possible doit être rassurante pour tous les leaders politiques et pour tous ceux qui ont déjà fait l’option de ne pas choisir le candidat du Sopi. La proposition de gouvernement de transition après 2012 est réaliste même si elle n’est pas forcément idéaliste.

En vérité, les leaders politiques de l’opposition sont condamnés à aller ensemble, s’ils ne veulent pas être en déphasage avec le peuple. En réglant tout de suite la question de la candidature unique, ils se donneront assez de temps pour en faire la promotion. Il est clair que 2012 revêt un caractère référendaire après les nombreux abus contre la démocratie. Rater ce rendez-vous fera du Sénégal une république quelconque. C’est maintenant que le peuple doit mettre une pression terrible sur les leaders de l’opposition pour éviter le scénario à la gabonaise avec un Ali Bongo élu avec 41,7% au moment où André Mba Obame et Pierre Mamboundou récoltaient chacun plus de 25% des suffrages. L’opposition gabonaise unie aurait sans doute mis fin à plus de quarante ans de dynastie Bongo. Il a manqué aux opposants gabonais, un réalisme historique transcendant les clivages.

Au Sénégal, nous devons comprendre que l’enjeu de 2012 va au-delà de la personne que le Sopi va proposer. Il s’agira en 2012 de mettre ce pays au bon endroit nommé démocratie qui ne signifie pas volonté d’un individu mais bien volonté du peuple. La candidature unique sera fatale au Sopi qui, vraisemblablement, ne pourra pas faire l’union dans ses rangs.

L’enjeu de 2012 pour l’opposition et pour le Sénégal, vaut tous les sacrifices, tous les compromis.

Mamadou NDIONE
Mandione15@gmail.com



1.Posté par sb le 25/09/2009 10:39 | Alerter
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BAVARDEZ COMME TOUJOURS CES AINSI QUE VOUS NE SEREZ JAMAIS A LHEURE

2.Posté par bèye le 25/09/2009 13:31 | Alerter
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votre analyse est vraiment nul. J'ai lu la semaine passée un artcle dans leral titré Candidature de Wade en 2012:le mandat de trop. et je crois fermement que Wade va gagner en 2012 car il a tous les atouts pour gagner le fichier d'abord, l'argent, les gouverneurs et ca va se faire à la bongo

3.Posté par sengenis le 25/09/2009 15:43 | Alerter
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Dire que wade a renoncé à son projet de succession par le prince de la république c'est ne rien comprendre du jeu politique de ce dictateur.
C’est juste un moyen pour lui de retarder les déclarations de candidatures de certains libéraux comme idrissa seck, pape diop, ousmane ngom ou encore certains alliés comme djibo kà, abdourahim agne, etc...
C’est du blabla wadien on est habitué à de telles déclarations.
macky sall reste le préféré des sénégalais pour 2012 inchallah et on votera pour le candidat de benno siggil senegal si on ne sera pas au second tour. Le pays en marre de wade et de son régime aussi arrogant qu'on ne peut l'imaginer avec les nouveaux multimilliardaires dans les rangs des libéraux ou des amis de karim wade.

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