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Expulsion de Sénégalais du Gabon : Echange de tirs entre l'Etat gabonais et Hsf


Rédigé par leral.net le Samedi 8 Août 2015 à 08:59 | | 1 commentaire(s)|

Entre Horizons sans frontières (Hsf) de Boubacar Sèye et l’Etat gabonais, c’est l’escalade. Lundi 3 août 2015, à l’annonce de l’expulsion de migrants sénégalais de ce pays, Hsf avait publié un communiqué pour tirer la sonnette d’alarme : « La vie des ressortissants sénégalais vivant au Gabon vacille entre détentions arbitraires, expulsions voire même assassinat. A moins d’un mois d’intervalle des dizaines d’ entre eux ont été raflés et embarqués deux fois vers une destination inconnue (…) Une plainte sera déposée à l’Onu contre le Gabon pour violations et tortures de migrants sur son territoire dans les jours à venir ». Sans désemparer, le lendemain mardi 4 août 2015, Hsf passe à l’acte et matérialise, par une lettre au Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme, une « plainte contre l’Etat du Gabon pour associations et violations des droits de migrants ». Une plainte avec ampliation à l’ambassade du Gabon au Sénégal, à la présidence de la République du Sénégal, au ministère des Affaires étrangères et à la Délégation de l’Union européenne.

Boubacar Sèye explique : « Dans les faits, on assiste depuis plus de deux mois, à des arrestations abusives et expulsions de migrants subsahariens vers des destinations inconnues. Plus de 58 ressortissants sénéglais ont été spoliés de leurs biens et expulsés vers le Nigeria ce lundi 3 août 2015. Un autre Sénégalais, du nom de Moustapha Kébé, est mort dans des circonstances non encore élucidées dans un commissariat de police, il y a quelques jours. Un scénario devenu récurrent car, faudrait-il le rappeler, en 1995 plus de 80 000 ressortissants subsahariens y ont été expulsés ». Poursuivant, le patron de Hsf d'indiquer, rappelle Le Pop : « Le Gabon ne mesure pas la dimension géopolitique et géoéconomique de ces expulsions qui posent les problématiques de paix, de sécurité et celle de l’intégrité et de la dignité humaine. Fort de ce constat, nous demandons aux Nations Unies de veiller à l’application du respect de la dignité humaine et de prendre des sanctions exemplaires contre le Gabon ».

Cette plainte a évidemment mis l’Etat gabonais dans tous ses états. La preuve par la sortie dans Jeune Afrique du ministre gabonais de l’Intérieur Guy-Bertrand Mapangou qui estime simplement que « c’est de l’affabulation ». « Il n’y a eu aucune maltraitance. L’ambassadrice du Sénégal, Saoudatou Ndiaye Seck, était présente et a même visité le centre de rétention », a-t-il dit estimant que Hsf tente de ternir l’image de l’État gabonais. Aussi, tient-il a faire remarquer qu’ils sont « prêts à répondre à cette plainte. Il appartiendra au ministre des Affaires étrangères de voir comment réagir ». S’agissant des expulsions qu’il confirme, Guy-Bertrand Mapangou précise : « C’est une procédure classique que nous avions déjà utilisée, il y a un mois, lorsque nous avions reconduit 500 personnes à la frontière. Nous devons être vigilants avec les personnes qui entrent illégalement sur notre territoire. Avec Boko Haram, mieux vaut prendre des mesures ».

Aussitôt après cette sortie, Hsf est monté de nouveau au créneau. Hier, Boubacar Sèye a écrit : « Nous avons été choqués de lire dans un article paru dans le magazine Jeune Afrique de ce jour que le ministre gabonais de l'Intérieur reconnait les expulsions de migrants et dément toute maltraitance alors que le Sénégalais Moustapha Kébé est mort dans des circonstances non encore élucidées dans un commissariat ». Poursuivant, il s’interroge : « M. Mapangou accuse Hsf de vouloir ternir l'image du Gabon, mais à quelles fins ? ». Selon lui, « au moment où le Premier ministre anglais David Cameron parle de chiens renifleurs pour chasser les migrants, le Gabon lui emboîte le pas en les torturant ». « Quelle honte pour l'Afrique ! », s''offusque-t-il. Pour finir, Hsf dit qu’elle « continuera de dénoncer vivement ces violences sur les migrants à travers le monde » parce que « la gestion des flux migratoires est un échec et constitue un des plus grands défis auxquels les Etats sont confrontés dans ce nouveau millénaire ».






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