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FALLOU DIENG, MEILLEUR ARTISTE « MBALAX » : « Je ne force jamais l’ambiance, c’est naturel et spontané »

Le sobriquet de « Roi de l’ambiance » lui va comme un gant, même s’il est d’une apparence timide. Toujours est-il que sa légitimité artistique ne souffre d’aucune conteste. Dans l’interview qui suit, Fallou Dieng retrace sa trajectoire artistique.


Rédigé par leral.net le Samedi 10 Avril 2010 à 06:20 | | 2 commentaire(s)|

FALLOU DIENG, MEILLEUR ARTISTE « MBALAX » : « Je ne force jamais l’ambiance, c’est naturel et spontané »
Tamani d’Or 2009 au Mali, dans la catégorie « Meilleur artiste sénégalais », « Meilleur artiste Mbalax » lors des « Sunu music awards », des distinctions en Gambie... Quelle est la clé des succès de Fallou Dieng ?

Tout d’abord, je rends grâce à Dieu qui m’a donné ces succès. Si je dois résumer les clés de mes succès, un seul mot pour le dire : le travail. Avec une longévité de 20 ans de carrière, synonyme de 20 ans de présence sur la scène artistique, je ne peux que mettre cette réussite sur le compte du travail bien fait. Comme dit l’adage, seul le travail paie. Je suis d’autant plus à l’aise pour le dire que nous (son groupe et lui, ndlr) n’avons pas brûlé les étapes, nous avons toujours respecté les mélomanes en leur présentant des productions, autant que faire se peut, bien faites. Tout cela, dans le pur respect de la culture sénégalaise. Je dois dire aussi que ces succès ne sont qu’une étape de ma carrière musicale. Avant moi, d’autres gens les ont eus. Je n’ai eu qu’à marquer de mon empreinte mon passage avec une touche au niveau local et international. A l’instar des autres titres comme celui du « Roi du Yéla » ou du « Roi du Mbalax », c’est par la force de notre travail qu’on m’a surnommé le « Roi de l’ambiance ».

Tantôt vous avez évoqué votre titre de « Roi de l’ambiance ». On remarque que les sorties de chacun de vos albums sont accompagnées par une forme de danse. Où est-ce que Fallou Dieng puise ses inspirations ?

En fait, je suis un artiste très proche des gens. A travers une lecture de la société, je m’en inspire pour faire passer mes messages. Dans la pratique, je ne fais que transposer dans le champ musical le vécu des populations. Si je peux le dire ainsi, c’est cela mon secret. Je ne sais même pas si je dois dire que c’est un secret parce que c’est naturel chez moi. Je ne force jamais l’ambiance, elle vient naturellement et de manière spontanée.

Comment une célébrité de votre pointure vit-il ces succès ?

Personnellement, j’ai toujours ignoré le succès. Et pour éviter que cela ne me monte la tête, je mets toujours en avant mon statut de « talibé ». En dehors de la scène, je fonctionne en bon disciple de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké. Et c’est cette foi qui guide tous mes actes. Le Fallou avec ses succès que vous voyez sur scène n’est qu’un boubou car, une fois le spectacle terminé, il devient le simple « talibé ». J’ai toujours eu peur d’engranger des succès sans pour autant pouvoir les surpasser. C’est la raison pour laquelle, si vous remarquez bien, les sorties de mes productions sont assez échelonnées dans le temps. Le succès étant quelque chose d’éphémère, je m’emploie toujours à travailler dans la durée pour me maintenir.

Comment en êtes-vous venu à la musique ?

Je n’ai jamais pensé devenir musicien au Sénégal, à plus forte raison à l’extérieur. Je me voyais plutôt en grand commerçant ou un grand tailleur. Seulement, la chanson a toujours fait partie de mon univers et, curieusement, aucun membre de ma famille ne chante. J’ai grandi dans un milieu maraboutique et je porte le nom d’un grand guide religieux mouride, en l’occurrence Serigne Fallou Mbacké. Avant de faire de la musique, j’évoluais dans une troupe théâtrale franco-arabe à l’école. A l’époque, j’étais le chanteur de l’établissement et je m’évertuais à reprendre des chansons en arabe. C’est ainsi que j’ai poursuivi ce cursus jusqu’à la classe de Seconde. C’est par la suite que j’ai abandonné mes cours de franco-arabe pour devenir apprenti tailleur au marché Sandaga. Après quelques années d’apprentissage, ma famille décide de m’envoyer en Espagne pour faire du business. Sur place, mes journées étaient rythmées par le petit commerce. Et c’est à partir de là que je suis revenu au Sénégal pour travailler au marché du Port avant de revenir à Sandaga. Et c’est sur ce mythique marché que j’ai rencontré le grand saxophoniste Pape Anne. Celui-ci m’a écouté chantonner et, un jour, il m’a fait savoir que je suis un talent qui dort et qu’il faut que j’aille au conservatoire. C’est en travaillant avec lui que j’ai commencé à avoir confiance en moi. Je me suis dit que je pouvais gagner quelque chose là dans. Il m’arrivait de fermer boutique pour aller répéter. Et toujours à Sandaga, j’ai fait connaissance avec celui que l’on surnomme « L’homme orchestre », Aly Hachem. A l’époque, je travaillais jusqu’à 15h, ensuite j’allais chez lui pour répéter jusqu’à avoir une maquette de dix morceaux. Une fois qu’il a écouté le produit, le producteur Robert Lahoud a demandé qui est ce jeune talent ? Il a remarqué qu’il avait un bel avenir devant lui. C’est comme ça qu’il m’a produit. Toujours avec son entregent, il a pris un des morceaux qu’il a amené à l’émission « Talents nouveaux » de Michael Soummah. C’est de là qu’a commencé ma carrière musicale.

Vous avez dit tantôt que vous avez pratiqué la chanson franco-arabe. Est-ce que les mélomanes peuvent s’attendre à une production à orientation orientale ?

Oui. J’ai toujours l’idée en tête. Comme on dit, l’enfant n’oublie jamais. Il y a de ces souvenirs d’enfance qui vous marquent pour toujours. Je réfléchis à l’idée de partager une partie de mon expérience personnelle avec les mélomanes, c’est-à-dire la musique orientale. J’ai commencé à le faire dans le registre acoustique.

Juste après votre tournée américaine en juin 2008, vous disiez lors d’une conférence de presse, que le « Mbalax » reste une musique valable, même si vous êtes ouverts à d’autres sonorités. Etes-vous toujours dans les mêmes dispositions ?

Tout à fait. C’est cette expérience que j’ai commencée à mettre en musique depuis mon retour de cette tournée. C’est vrai que les Américains sont avides de découverte. Je trouve que le « Mbalax » est une musique jeune, mais en dehors de cette expression, nous pouvons élargir le spectre de nos inspirations. Nous devons montrer d’autres facettes de la culture sénégalaise outre que le « Mbalax ». Toujours est-il que la plupart des mélomanes connaissent plutôt Fallou Dieng dans le registre « Mbalax », mais si vous écoutez l’album « Manaa », vous vous rendez compte qu’il y a des titres acoustiques qui peuvent toucher le plus grand nombre. Cela peut se consommer ici et ailleurs. D’où l’invite aux autres collègues musiciens de multiplier une pareille expérience. Celui qui estime qu’il maîtrise totalement la musique doit s’inquiéter de son blocage et de ses limites.

Au début de l’interview, vous avez dit que vous portez le nom de Serigne Fallou Mbacké. Parlez nous un peu de cette homonymie...

Oui. C’est vrai que je ne porte pas un nom anodin. Malgré la musique que je pratique, je m’emploie du mieux que je peux à préserver ce nom. Aussi, par rapport à l’ambiance musicale dans laquelle j’évolue, je garde toujours à l’esprit la charge symbolique qui entoure le nom de Fallou. De ce fait, je ne peux que l’élever, le glorifier, le magnifier. Parce que mon homonyme -Serigne Fallou Mbacké, deuxième khalife général des mourides- fut un des fils de Serigne Bamba Mbacké. Je suis né dans un univers mouride, j’y ai grandi et c’est la philosophie de cette confrérie qui guide toutes mes actions. En démarrant ma carrière musicale, mon père m’avait prévenu en me rappelant que je porte le nom d’un grand dignitaire religieux et tant que je mettrai en avant le travail, la droiture, la probité, l’honnêteté, la générosité, le succès sera toujours légion. C’est la raison pour laquelle, l’humilité, le respect de soi et le respect des autres sont autant de vertus cardinales qui fondent mes actes. De ce fait, je ne dois en aucune manière faire montre de comportements qui seraient aux antipodes du nom de l’illustre guide religieux.

Pour en revenir à la musique, comment se porte la promotion de l’album « African Classic » sorti sur l’international ?

« African Classic » se vend bien sur le marché international. Quoi qu’on dise, le « Mbalax » demeure toujours une découverte. Comme nos aînés l’on si bien propulsé sur le plan mondial, le « Mbalax » est une expression musicale que l’on peut classer dans le registre de la « World music », et là je fais allusion aux musiques du monde. Nous, musiciens évoluant essentiellement dans le « Mbalax », nous ne devons jamais réduire au rabais ce genre musical qui est et sera notre fond de commerce, mais surtout une partie intégrante de notre patrimoine culturel. Donc, après la sortie d’ « African Classic », -même si je ne suis pas très connu au niveau mondial-, l’album m’a propulsé dans des sphères assez lointaines. Ainsi, je peux m’enorgueillir d’être cité parmi les grandes vedettes comme Youssou Ndour, Baba Maal, Ismaël Lô.

Si on essaie de résumer le personnage de Fallou Dieng, que peut-on retenir d’essentiel ?

Je dirai tout simplement que Fallou est un humble et modeste disciple de Serigne Touba. L’image que je véhicule reflète éloquemment mon personnage. Un artiste, c’est comme un miroir, dans ce sens il doit systématiquement dégager une image positive et servir de référence pour les jeunes générations.

Quel est le trait de caractère que vous appréciez le plus chez un individu ?

J’aime une personne bien éduquée, très correcte et disciplinée. J’adore également l’individu qui croit en lui, en ses capacités et aptitudes. L’homme (avec un grand H) doit toujours donner le bon exemple. Quelque soit les vicissitudes de la vie quotidienne, l’individu doit toujours rester digne, patriote. Il doit nourrir un profond enracinement pour sa culture et vouer un grand respect à la tradition.

Et à contrario quel trait de caractère déplorez-vous chez les autres ?

Parlant du côté négatif de la personne, en général, j’ai du mal à comprendre quelqu’un qui ignore d’où il vient, où s’adonne à des actes que désapprouverait sa culture. Aussi, je tolérerais moins quelqu’un qui nuit à autrui ou bien fait peu cas des autres.

Présentement, quelle est l’actualité de Fallou Dieng ?

A l’heure où je vous parle (vendredi 12 mars, jour de l’interview), les projets les plus immédiats, c’est essentiellement la préparation d’une grande tournée européenne. Parce que depuis la sortie de l’album « Manaa », la demande est devenue très forte, notamment en Europe et aux Etats-Unis. Cette démarche s’explique par le fait que dans l’agenda de la promotion, les six premiers mois devaient être consacrés à l’Afrique. Dans cette optique, j’ai fait des pays comme la Gambie, le Mali, la Mauritanie, la Guinée, le Bénin et le Gabon. Je vous annonce d’ores et déjà que la tournée européenne débutera au mois d’avril pour se terminer en mai.


Propos recueillis par El Hadji Massiga FAYE
Source Le Soleil




1.Posté par melobafi le 10/04/2010 08:14 | Alerter
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Scandaleux : Drame à Canal Info
Alors que l'épouse de Babacar FALL employé à Canal Info se dirige à l'hopital FANN avec son bébé mourant, elle appelle son mari pour s'en informer.
Babacar qui n'a pas de couverture médicale est resté 3 mois sans voir la couleur de son argent (9 mois d'arrièrés de salaire), fait alors appel à son patron Vieux AIDARA pour l'informer de la situation. Celui-ci l'envoi promenercomme un mal propre "je ne peux rien faire pour vous, car vous vous battez contre moi".
Babacar sachant que son fils est entre la vie la mort éclate en sanglot dans l'entreprise. Il fallait voir le spectacle, les journalistes n'arrivent plus à se retenir ; chacun s'écrasant en larme dans un coin.
Rapidement les employés se ressaisissent et se cotisent entre eux pour permettre à Babacar de ne pas arriver à l'hopital les mains vides.
Trois heures de temps après, la triste nouvelle est arrivée : Notre bébé d'un an venait de décéder faute de soin.
Je ne vous décrit pas le spectacle à Canal Info quand la nouvelle est tombée.
Le plus époustoufflant, c'est que Vieux AIDARA semblait narguer tout le monde même devant la mort.
Impitoyable

Liens Vidéos : la preuve par l'image que Vieux AIDARA doit 9 mois de salaires à ses employés http://www.youtube.com/watch?v=UdjITPnyRJA

2.Posté par gallo le 23/08/2010 21:44 | Alerter
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c'est trés bien, falou est maintenant quelqu'un qui a son endroit avec les artistes, mais ce aly hachem a beaucoup fait et je suis témoin et j'etait avec eux aux années 1989. il a beaucoup fait pour beaucoup auw artistes du senegal

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