leral.net | S'informer en temps réel

FETE DES AMOUREUX, RACOLAGE, VIREE DES JEUNES... Dans l'ambiance des nuits chaudes du «Plongeoir» sur la Corniche Ouest

Certaines plages de Dakar sont très fréquentées, même la nuit. «Plongeoir» en fait partie. Sauf que sur ce site, certaines pratiques des baigneurs nocturnes chauffent les lieux.

Ce couple ne se gène pas. Les deux amoureux s'embrassent. Langoureusement. Tendrement. Ils se tiennent debout, l'un collé à l'autre. Les pieds trempés dans l'eau de la mer. Ils s'embrassent encore et ne s'embarrassent pas des regards des autres, pourtant pointés sur eux. Cette scène n'émeut pas. Elle ne scandalise personne, au «Plongeoir», cette plage nichée sur la Corniche Ouest, juste derrière l'imposant bâtiment qui abrite les locaux de la Cour suprême. Coincée entre le parc d 'attraction de «Magic Land» et l'hôtel Terrou-bi, cette plage publique autorisée à la baignade est l'une des plus fréquentées de Dakar.


Rédigé par leral.net le Vendredi 30 Septembre 2011 à 02:59 | | 0 commentaire(s)|

FETE DES AMOUREUX, RACOLAGE, VIREE DES JEUNES... Dans l'ambiance des nuits chaudes du «Plongeoir» sur la Corniche Ouest
Le décor est rustique. Le site est tenu au collet par deux restaurants célèbres. Ils surplombent la plage nichée au bas d'une sorte de falaise. Même les jours ouvrables, elle grouille de monde. Les week-ends, les jeunes des quartiers environnants comme la Médina la Gueule Tapée, Colobane, Fass, Fann... s'y rendent pour une partie de baignade et de détente. En cette période hivernale où la canicule dicte sa dure loi, «Plongeoir» offre la fraîcheur. La plage ne désemplit jamais. Jours ouvrables comme fériés. Même la nuit: Sauf qu'au coucher du soleil, «Plongeoir» change de visage. Les visiteurs aussi adoptent de nouveaux comportements.

Des belles de nuit dans la place

Ce sont les lumières tamisées de «Magic Land » qui accueillent les visiteurs nocturne. En cette nuit du 14 septembre, la tradition a été respectée. La grande ambiance qui est de mise devant le parc d'attraction manque au rendez-vous. Aucune manifestation n'est organisée bien que des voitures soient stationnées sur le parking. Comme dans une galerie, de très belles nymphes s'exposent et occupent la chaussée. A l'image des hôtesses, elles reçoivent les visiteurs. Le racolage est camouflé. «Ce sont des prostituées, elles ne restent pas sur place. La police fait des descentes régulières ici et elles sont souvent embarquées», accuse Abdou Seck, un taximan qui vient toujours chercher des clients.

Le chemin menant à la plage passé entre les deux restaurants. Après une petite descente, «Plongeoir» s'offre à ses visiteurs nocturnes. L’odeur du poisson grillé embaume la plage et taquine les narines. Sur de grands fourneaux, les poissons sont retournés, marinés et assaisonnés en permanence. Tout juste à l'entrée, des vendeurs de poissons grillés s'activent pour satisfaire les quelques clients qui les envahissent. Des cabanons de fortune sont érigés du côté droit de la plage. Malgré cette heure tardive, 23 heures passées, des visiteurs prennent d'assaut les lieux. Des tentes pas trop luxueuses servent de «chambres de passe» bien que les gérants peinent à le reconnaître. Dans cette ambiance où la brise berce les égarés qui cherchent un peu de fraîcheur, le type de visiteurs change. A cette heure de la nuit, chacun fredonne sa chanson d'amour Les flèches de Cupidon n'ont pas épargné les visiteurs de nuit. Ils descendent des taxis ou viennent à bord de leurs véhicules particuliers. Mais le plus souvent, ils sont bien accompagnés. Certains se distinguent par leur tenue de soirée. «Plongeoir» devient alors le royaume de Cupidon. L’amour gagne tous les cœurs. Le regret se lit sur le regard des cavaliers seuls.

Aucun geste n'est de trop

Un véritable restaurant s'installe sur la plage. Des tables en plastique avec des chaises autour sont installées partout sur les lieux. Les couples composent la majeure partie de l'assistance. Bras dessus, bras dessous, ils s'affichent et crient leur amour par des gestes de tous genres. «Quoi de mieux que de s'accompagner de son bien aimée pour ça. D'autant plus que personne ne s'occupe de personne ici», se défend ce jeune homme en galante compagnie. Certains des amoureux occupent les tables. Entre caresses sur les mains, baisers sur la joue ou sur les lèvres pour les plus téméraires, murmures à l'oreille, ils attendent leurs commandes. Aucun geste n'est de trop pour manifester son idylle loin du regard indiscret des quartiers populeux. Pendant ce temps, une bande de jeunes garçons, qui viennent de débarquer sur les lieux, perturbe la quiétude de ce lieu qui se laissait bercer par la douce musique qui s'échappe de «Magic Land». Soudain, les jeunes disparaissent dans le noir, vers la plage voisine communément appelée «Piscine bi». Le décor paradisiaque des lieux est enjolivé par les lumières de l’Hôtel «Terrou-bi» qui se reflète sur la mer. Ce qui laisse apparaitre une image artistique.

Des poissons frais sont vendus sur cette plage à cette heure tardive. Des « Thiofs», «dorâtes», «thons»... Les prix varient entre 2 000 et 3 000 FCFA l'unité. Le vendeur s'accompagne d'une personne qui se charge de griller le poisson et d'une autre qui prend en charge les ingrédients. D'autres visiteurs, en couple, viennent avec leurs sachets de provision. Ils se détachent de la bande et s'isolent sur les rochers. Seules les vagues troublent la tranquillité des adeptes de Cupidon. Plus la nuit avance, plus la page s’anime et enregistre de nouvelles arrivées. Les jeunes garçons qui avaient fini de s'installer à «piscine bi» se jettent dans l'eau. Une baignade de nuit ! De jeunes filles, apparemment mineures, y prennent part l’ambiance est surchauffée, mais aucun débordement n'est noté. Du moins pour le moment.

La police aux aguets

Malgré cette folle ambiance et ce beau décor, les responsables des cabanons et les vendeurs de poissons ne se frottent pas les mains. «Depuis le Ramadan, les affaires sont au ralenti. Avant le mois béni, la plage grouillait tout le temps de monde, même la nuit et jusqu'à des heures très tardives. Ce sont les étudiantes de la cité Claudel qui envahissaient le site. Mais la plupart sont parties chez elles avec les grandes vacances. Ce qui fait que les choses ne marchent plus», regrette Zé, qui n'a pas voulu révéler sa véritable identité.

Le prix des cabanons varient entre 2 500 et 3 000 FCFA. Mais ce jour, les gérants se tournent encore les pouces. Quelques clients seulement sont enregistrés; pour des miettes. Sur les pratiques malsaines, Zé rassure : «Maintenant, la plage est assainie.

Dans le passé, dès que le soleil se couchait, elle devenait le refuge des drogués et autres personnes mal intentionnées. D'autres personnes y venaient en couple pour y faire du n’importe quoi. Mais depuis que les descentes de la Police sont régulières dans cette plage, les choses ont vite changé. Regardez, vous allez constater que les gens se tiennent correctement. La Police peut faire irruption à n'importe quel moment.»

Même si les drogués ne participent pas à la fête, les attentats publics à la pudeur sont fréquents. Et la pénombre joue en faveur des contrevenants. Les moins téméraires visiteurs se la coulent douce sur les rochers qui entourent «Piscine bi» dans le noir. Seuls les éclats de rire de jeunes baigneurs sont audibles. Mais; cela ne perturbe guère la quiétude des amoureux qui se sont éparpillés partout sur la plage. Ce n'est qu'à une heure du matin passée que la plage a commencé à désemplir. Mais certaines personnes, des couples, se collent encore...

SOURCE : L’OBS MAKHALY NDIACK NDOYE






Hebergeur d'image