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FRAUDE AU BAC: Comment d’anciennes candidates, bénéficiaires de la mafia en 2016, se sont reconverties en intermédiaires

"Libération" révèle en exclusivité que ce sont d’anciennes candidates au baccalauréat qui ont bénéficié frauduleusement des
épreuves l’année dernière, qui se sont recyclées en intermédiaires.
En clair, lesfuites ne datent pas de cette année comme en témoignent les arrestations de F. Bakhoum et N. Badiane.


Rédigé par leral.net le Mardi 18 Juillet 2017 à 09:05 | | 0 commentaire(s)|

Le Procureur de la République a ouvert une information judiciaire et requis le mandat de dépôt contre plusieurs suspects arrêtés dans le cadre de l’enquête sur les fuites au Bac qui a mobilisé la Division des investigations criminelles (DIC). "Libération" est en mesure de révéler que les fuites en question ne datent pas d’aujourd’hui et que ce sont d’anciennes candidates qui ont bénéficié du système frauduleux, qui se sont reconverties en intermédiaires.

Que s’est-il passé au juste ? A vrai dire, tout a commencé lorsque le parquet a adressé un soit-transmis à la DIC après une plainte pour diffusion de fausses nouvelles déposée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Cette plainte était motivée par la sortie de syndicalistes révélant une fuite dans les épreuves du Bac.

A l’époque, la tutelle avait démenti l’information avant de saisir la Justice. Les enquêteurs de la DIC commencent leurs investigations et interceptent un premier suspect: Mohamed S., un candidat au Bac dans un centre de Yoff. Celui qui avait vu les épreuves, a tenté d’alerter un de ses professeurs mais ce dernier n’a pas réagi. Le candidat qui était manifestement de bonne foi, sera relâché.

Mais l’enquête allait s’emballer quelques jours plus tard lorsque des candidats au Bac à l'école Immaculée Conception seront arrêtés par le commissariat du Plateau avec les épreuves. Ce, pendant que d’autres candidats seront interceptés à Tivaouane parla DIC. Les choses s’enchaîneront en ce moment avec des arrestations à Diourbel, Tivaouane, Kaolack, Keur Madiabel et Dakar.

Un premier lot de 19 personnes sera déféré au parquet. Un autre de 16 personnes suivra. Selon nos informations, les enquêteurs ont ainsi mis la main sur une dame, F. Bakhoum. Cueille à Keur Madiabel, elle a avoué qu’elle jouait le rôle d’intermédiaire en vendant les épreuves à 210.000 FCfa. En fait, cette dernière s’est reconvertie dans ce business après avoir elle-même bénéficié du même circuit pour obtenir le Bac l’année d’avant.

Son fournisseur? Le proviseur de Kahone Mamadou D. B qui est en même temps, professeur de Philosophie. Cueilli et confronté, Mamadou D. B passe aux aveux et balance à son tour M. Thiam, fonctionnaire à l’Office du Bac. D’après ses dires, Thiam - arrêté en même temps que deux de ses collègues - lui envoyait les épreuves par mails en prenant le soin d’enlever l’entête de l’Office du Bac.

Le proviseur de Kahone reconnaît que F. Bakhoum était son élément mais jure que les épreuves étaient plutôt vendues à 110.000 FCfa. N’empêche, une autre dame, intermédiaire ayant elle aussi bénéficié des « bons services » du proviseur pour avoir le Bac en 2016, sera identifiée.

En apprenant l’arrestation de MamadouD.B, N. Badiane qui est de Kaolack, a effectivement pris la fuite sur Dakar. Mal lui en a pris car elle sera arrêtée par la DIC et interrogée sous le régime de la garde-à-vue. Plusieurs copies d’épreuves ont été saisies chez elle lorsd’une perquisition.

B. T. Diallo, un ancien étudiant de la Fac de Droit sera interpellé dans les mêmes circonstances. Ce dernier agissait comme intermédiaire pour le même réseau en même temps qu’un nommé Ben, ferré par la Section de Recherches. Mais le cas plus cocasse de cette affaire, est celui d’un professeur de Français, A. Ndour. Lequel avait encaissé entre 100.000 et 150.000 Fcfa de candidats de Machallah à qui il avait promis d’influencer le président de jury. Dénoncé par les candidats, il a été mis aux arrêts.


Cheikh Mbacké Guissé








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