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Faut-il annuler le scrutin en Guinée ? L’avis d’Amos, chef de la mission d’observation de la CEDEAO

le 13 Octobre 2015 à 11:01 | Lu 273 fois

La CEDEAO (Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest) a dressé, lundi soir, un rapport préliminaire sur l’élection présidentielle dont le scrutin s’est tenu hier dimanche. À l’occasion, le chef de la mission d’observation, l’ancien président par intérim du Libéria, Amos Sawyer, a dû répondre à des questions des journalistes. Parmi ces questions, la demande de l’opposition d’annuler le vote du 11 octobre.


Faut-il annuler le scrutin en Guinée ? L’avis d’Amos, chef de la mission d’observation de la CEDEAO
Sans s'affirmer pour ou contre cette annulation réclamée par l'opposition, le professeur Amos Sawyer estime que « quelles que soient les contestations des unes et des autres, les parties n’ont qu’à recourir aux institutions légales. » Mais en répondant à une autre question liée à la crédibilité du scrutin, le chef de la mission d’observation a indiqué qu’ « il est trop tôt de dire que ce qui est revendiqué devrait faire annuler le scrutin ». Une chose reste claire aux yeux du chef de la mission, la démocratie demande des améliorations. Même dans les pays où elle est depuis longtemps.

En Guinée, la Commission de la CEDEAO a déployé une mission d’observation électorale 79 observateurs dont 12 de long terme. Ceux-ci, arrivés environ deux semaines avant les autres, vont rester en Guinée jusqu’au 20 octobre. Quant aux 67 membres de la mission à court terme, ils rentrent ce mardi 13 octobre.

Mamou omis

Dans leur rapport préliminaire, les observateurs de la CEDEAO notent que la campagne électorale a démarré dans une atmosphère calme. Mais, ajoute-t-il, après une dizaine de jours, le climat politique est devenu tendu. « La mission d’observation a relevé des affrontements entre militants qui ont débouché sur des arrestations, la destruction de biens matériels et noté les informations concernant de nombreux blessés graves et même des pertes en vie humaine à Koundara, N'zérékoré et Conakry », rapportent les observateurs. Omettant ainsi la ville de Mamou où des affrontements entre des militants du RPG et de l’UFDG avaient fait des blessés (entre autres, une personne avec une côte cassée). Pourtant, selon le ministre de la Justice, ces affrontements survenus le 30 septembre ont même conduit à l'interpellation de 8 personnes qui vont être jugées pour coups et blessures volontaires.

Ebola

De façon générale, la mission d’observation électorale de la CEDEAO note que le scrutin du 11 octobre 2015 s’est déroulé dans l’ordre, le calme et la paix. La MOE a observé une large participation des électeurs dans la plupart des bureaux de vote visités. Mais à côté des bonnes notes, la mission signale qu’à Gonia (N’zérékoré), le vote a commencé à 11 heures (Ndlr : au lieu de 7 heures ou 8 heures). « À Conakry, le bureau de vote No. 16 à Makeba sur 450 inscrits il y a seulement 50 enveloppes disponibles ; la liste électorale dans plusieurs bureaux de vote n’est ni dans l’ordre alphabétique ni numérique…»

L’un des autres constats des observateurs de la CEDEAO, c’est que « le dispositif pour prévenir la propagation du virus Ebola, n’était pas disponible dans la plupart des bureaux de vote. »

Partant de ces observations, la Mission estime que le présent scrutin est déterminant, non seulement pour la consolidation de la gouvernance démocratique en Guinée, mais aussi pour la réconciliation et l’unité nationale. La MOE de la CEDEAO continuera l’observation des développements postélectoraux jusqu’à la proclamation des résultats. Elle promet des recommandations appropriées pour la consolidation des processus électoraux dans la région.

Guineenews.org