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Femmes africaines : un combat pour assurer la vie au quotidien

Ce mardi 8 mars 2011, c’est la 100e journée internationale de la femme. RFI tire cette année son chapeau à toutes les habitantes des capitales africaines qui, dans un contexte de crise de l’emploi parviennent à subvenir aux dépenses du foyer à l’exemple de Juliette Ndione. Portrait d’une mère de famille du quartier de Guinaw-Rail, en banlieue de Dakar, une femme qui se bat au quotidien pour faire vivre les siens.


Rédigé par leral.net le Mardi 8 Mars 2011 à 13:54 commentaire(s)|

Femmes africaines : un combat pour assurer la vie au quotidien
Quartier de «Guinaw Rail» . Littéralement, en wolof «Au-delà du rail» . L’unité de transformation «Fell Yoggo» est installée au bout d’une route que se partagent quelques taxis et des charrettes. Juliette Ndione est assise là, sur un tabouret. Elle secoue le tamis dans un sens, puis dans l’autre, pour nettoyer le sankhal, la brisure de mil. Juliette Ndione est transformatrice de céréales locales dans la localité de Pikine en banlieue de Dakar qui a vu s’agglutiner, au fil des décennies, des migrants venus de l’intérieur du Sénégal à la recherche de nouvelles opportunités. Régulièrement, la réalité de la banlieue finit par broyer les espoirs. Juliette, elle, a gardé le sourire, la force de se battre avec d’autres femmes pour gagner l'argent nécessaire à la vie de la famille. «Fell Yoggo» -qui signifie : nous sommes sorties, nous nous sommes entendues - a choisi de miser sur les produits locaux. L'unité produit des céréales empaquetées et cuisine des plats vendus en fin de journée aux Pikinois. Des journées de 8h00 à parfois 23h00 Entre la boutique, le moulin, le marché, la maison, et le bord de route où se trouvent les acheteurs, les journées de travail sont longues, de 8h00 à parfois 23h00, sans distinction entre semaine et week-end. Mais peut-on faire moins quand la famille compte 10 enfants pour une seule source de revenus. «Tout ce qui est dépense dans la maison, c’est moi qui le fais, moi-même, parce que mon mari ne travaille pas. C’est moi qui m’occupe des enfants. Je paie l’école, je m’occupe de l’habillement. Quand c’est la fête, j’essaie de tout faire pour les satisfaire. Enfin, ce n’est pas facile» reconnaît Juliette, puis elle ajoute : «Chez les familles que je rencontre chez nous, c’est les femmes qui font presque tout à la maison.» Les journées sont longues, le rythme est parfois difficile à tenir, mais cette Thiessoise qui s’est installée il y a trente ans en banlieue de Dakar ne se plaint pourtant pas. Ni des soucis de fin de mois ni des délestages qui perturbent la vie des Sénégalais. Elle craint juste que ses enfants «ne suivent pas bien l’école » à cause de mauvaises fréquentations. Enroulée dans son boubou incrusté de brillants, Juliette rêve de «changement»... d’un temps où ses enfants pourront travailler dans des bureaux au lieu de vendre eux aussi le couscous dans la rue. Rendre hommage à ces millions de femmes silencieuses A l’occasion de ce 8 mars 2011, qui marque le centenaire de la journée internationale de la femme nous avons voulu rendre hommage à ces millions de femmes silencieuses comme Juliette Ndione. Cette journée est aussi l’occasion de rappeler que la lutte pour l'égalité des droits entre femmes et hommes est toujours d’actualité notamment en Afrique. Les problèmes propres au continent sont démultipliés quand on est une dirigeante de PME ou de PMI. Une étude de la FAO souligne qu'en Afrique, les femmes ne sont que 3 à 20 % à être propriétaires terriens alors qu'elles représentent près de 50 % de la main d'œuvre agricole. Or si les exploitantes agricoles disposaient des mêmes moyens - notamment en matière de prêts bancaires -, les rendements de leurs parcelles augmenteraient de 20 à 30 %. Une situation que déplore Joséphine Chambrier représentante gabonaise des femmes chefs d'entreprises.
Joséphine Chambrier, représentante gabonaise des femmes chefs d'entreprises
(01:10)
 
 





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