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Five more years pour Hollande - Par Pathé Mbodje

Manuel s'y voit déjà, Emmanuel et Nadine pour un front blanc beur marine, mais le Président sortant reste le maître du jeu : Hollande a plus d’Un tour dans sa tête. D'autant que la droite se tasse et que la gauche progresse.


Rédigé par leral.net le Samedi 10 Octobre 2015 à 11:38 | | 3 commentaire(s)|

Five more years pour Hollande - Par Pathé Mbodje
Une promesse maladroite sur l’emploi, un bling-bling à rebrousse poil avec une vie privée étalée en public n’hypothèquent en rien les chances de François Hollande pour un second mandat, bien au contraire : la course vers l'Élysée inspire les politiques français et tout le monde dérape à qui mieux mieux pour mieux capter l'électorat du Front national. Ceux qui se veulent de Gauche mais qui ont oublié leur macaron à droite donnent un pis-aller à l’électeur alors que le président sortant travaille son image…à l’international, alors qu'à Droite, le chouchou des Français n'est pas un choix républicain.

Un vent de folie accentué par les sondages a pris possession de la classe politique française et chacun, aussi bien à Gauche qu'à Droite, essaie d'exorciser le mauvais sort en cherchant à battre l'Extrême-droite dans sa spécialité : l'appel à la haine raciale. Le cas de Nadine Morano, dernier à date, en attendant pire, rappelle sensiblement que l'Amérique s'est d’abord et également bâtie sous ce chapiteau (Wasp = Blanche, anglo-saxonne et protestante). La Républicaine est une façon bien symptomatique de la démarche de la Droite, cependant qu'à Gauche, les embusqués qui ont laissé leur Mac(a)ron à droite, se singularisent par la remise en cause des acquis de la Gauche sous François Mitterrand, notamment les 35 heures, et ceux de l’Administration censés y veiller, les fonctionnaires ; il est vrai que c'est grâce à ce véritable Mythe errant que la Droite connaît l’extrémisme, dans une volonté de liquider la Droite historique ; Le Pen père se verra ainsi doté d'un record historique, lui qui végétait sous la barre des 5%. A ce jeu, François Hollande conserve toutes ses chances d'un second mandat, lui que tout le monde semble oublier dans la course à l'Élysée.
Décembre sera ainsi un premier indice pour accentuer ou décélérer la folie française : l'indécision de l'électorat confirmerait ainsi les récentes départementales de 2014 avec une Gauche qui pourrait coiffer la Droite au poteau, comme elle l'a fait avec des ides de mars fatales à Marine qui se voyait déjà premier parti de France : le printemps lepéniste ne s'est pas vérifié, malgré les cris d'orfraie d'un Valls hanté par une Marine à l’Élysée, contrecarrant donc ses desseins.
«Tu attends que François Hollande termine son mandat...»
Car la grande Valls vers l’Élysée, Manuel la danse, plutôt deux fois qu’une où il se verrait bien avec deux quinquennats. C’est en tout cas ce qu’il a confié, boute en train, à un jeune fin septembre lorsqu’il s’y voit entre 2022 et 2032 ; François Hollande aurait ainsi un second mandat.
Pourtant, depuis janvier et à la pratique, le Premier ministre français ne veut se laisser distance par François Hollande : depuis la crise de "Charlie Hebdo", Manuel Valls fait un marquage à la culotte de son président : il intervient en parallèle à toutes les déclarations de François Hollande, même en terre étrangère, comme récemment avec l'affaire "Air France" ; on l'avait déjà remarqué avec un autre Manuel, Emmanuel çui-là, qui a oublié son Mac(a)ron à droite : l’Élysée et Matignon se relaient quand il s'agit de remonter les bretelles à ce droitiste égaré dans la Gauche et qui a valu au Parti socialiste l'ire de nombre de militants inquiets du virage libéral adopté par le parti, du moins sur le plan économique, depuis que Macron est à Bercy. L'inévitable Gaston la Gaffe du gouvernement Valls se livre à intervalles plus ou moins réguliers, en fonction de sa cote de popularité, à son jeu favori de ramer à contre-courant de ses collègues : il raille ici les 35 heures, fait une moue dubitative là sur le statut des fonctionnaires, etc. Pendant ce temps, digne comme la France, François Hollande se consacre à Marianne et à sa grandeur en s'essayant sur la scène internationale, ce qui lui vaut parfois des quolibets déplacés, comme récemment au Parlement européen.
Ce delirium tremens de la Gauche n'a pourtant pas sa raison d'être : début octobre, un sondage donnait Gauche-Droite dans un carré d’indécision (53-37), la Droite et l’Extrême droite dans une égalité presque parfaite (27-26), le Parti socialiste menant le … front de gauche, renforcé éventuellement par les Verts et Mélanchon, avec, respectivement, 26%, 8,5% et 6% ; avec 40% de voix, la Gauche unie redeviendrait ainsi le premier parti de France…et Hollande réélu puisque, tout en le poussant dehors, Valls et Macron n’osent pas le défier de face, contrairement à Droite où l’élu des Français risque de ne pas faire l’unanimité chez les fratricides Républicains, ce qui pourrait ramener le scénario Chirac-Giscard d’Estaing de 1981, et laisser ainsi la route à Hollande, pis aller ou solution du moment. (Alain Juppé (56% d'avis positifs en tête du palmarès des leaders politiques, devant Christine Lagarde du FMI (48%) et les ministres Laurent Fabius et Ségolène Royal (46% tous les deux, +5 chacun, selon un récent sondage Ipsos).
Pendant ce temps, l'Exécutif français passe son temps à remonter les bretelles au ministre de l'économie. L'occupant de Bercy, Socialiste qui a oublié son macaron à droite, semble appliquer une stratégie vers l’Élysée, Emmanuel Macaron bénéficiant d'un bon taux de popularité (39%) et...d'une belle gueule à l'américaine.

Pathé MBODJE

M. Sc, Journaliste, sociologue






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