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Françafrique - Partenariat multi-acteurs : L’émergence de la contre dépendance gage d’une dynamique de développement


Rédigé par leral.net le Dimanche 31 Mai 2015 à 13:19 | | 7 commentaire(s)|

Françafrique - Partenariat multi-acteurs : L’émergence de la contre dépendance gage d’une dynamique de développement
Les travaux de François-Xavier VERSCHAVE nous informent à souhait sur ce machin, cette grosse machine qu’est la françafrique qu’il qualifie : ‘’ la françafrique, c’est comme un iceberg. Vous avez la face au-dessus, la partie émergée de l’iceberg : la France meilleure amie de l’Afrique, patrie des droits de l’homme, etc. Et puis ensuite, vous avez 90% de la relation qui est immergée : l’ensemble des mécanismes de maintien de la domination française en Afrique avec des alliés africains.

C’est évidemment la symbolique de l’arbre dont les racines invisibles, plongées au fond des abysses telles les Etats africains, et les feuilles verdoyantes dont le flamboiement rappelle la cinquième puissance mondiale, la France dans toute sa splendeur, son humanisme et ses soi-disant valeurs : Liberté – Egalité – Fraternité.

Un système de dépendance intégrale mise en place en 1958 par Jacques FOCCARD (bras droit de DE GAULLE à l’époque), maintenu, entretenu et piloté aujourd’hui par d’autres lobbies depuis l’Elysée. C’est un secret de polichinelle de dire que cet attelage systémique est déroulé sur le théâtre des opérations par des multinationales comme ELF, TOTAL, groupe BOUYGUES, groupe BOLLORE (suivez mon regard) etc.

Ce déploiement de la France, sur le sol Africain, se traduisait, hier, par une propagande de fraudes électorales et par des meurtres comme celui du Président Togolais Sylvanus Olympio élu malgré des fraudes massives. Mais aujourd’hui, avec l’évolution des contextes, la Françafrique a pour noms : Dons, partenariats publics privés (PPP), Partenariats Techniques et Financiers (PTF), Appuis, Dettes, la monnaie singe (Franc CFA) etc.

Le partenariat implique une alliance d’acteurs engagés mutuellement vers un but déterminé, une intention clairement exprimée, la mise en clair des intérêts de chaque partie pour un travail en commun. Malheureusement, depuis six cent années (600), six (6) siècles, nos relations avec la France sont toujours fondées sur des échanges rédhibitoires.

Il est clair que, dans cette relation, nous devons refuser le don, la main tendue. Il n’est jamais gratuit, Marcel MAUSS l’assimile à la moitié d’un échange non négocié. Que dire de l’aide au développement française, une mécanique de mise en place d’une obligation sociale ad vitam aeternam.

La fameuse convertibilité de la monnaie singe (Franc CFA) permet à la France de retenir une quotité de nos avoirs en devises. Cette partie de notre argent, gracieusement, nous est prêtée et dont le remboursement est assujetti à des intérêts pour service rendu. De qui se moque-t-on ?

Le développement de nos pays ne se fera jamais sans l’émergence de cette contre dépendance. Nos Etats ont besoin d’un partenariat repensé autour des valeurs de chaque partie, d’intérêts communs et non dans la ressemblance ou la dilution.

Par ailleurs, ce changement de cap ne pourra se faire que dans l’unité des peuples africains, qu’autour d’un destin commun. Nos chefs d’Etats, amis de la France, ne seront jamais dans une dynamique de rompre l’attelage.

C’est aux peuples africains de faire face. Et c’est là toute l’importance d’une forte société civile. Aujourd’hui, il urge que les sociétés civiles africaines servent de boucliers aux Etats pour ne jamais relâcher l’effort pour déconstruire les structures régnantes, les puissances destructrices et faiseuses de tort. Naomi Klein dans son ouvrage : La tyrannie des marques, parlant du besoin du moment, dit ceci : ‘’moins de société civile et plus de désobéissance civile’’. Et c’est ce dont l’Afrique a besoin actuellement.


Mamadou BADIANE
Expert en ingénierie de développement local
Responsable GRAND PARTI /SUXALI SENEGAL DTK






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