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Français tués: le militaire afghan condamné à mort

le 17 Juillet 2012 à 13:16 | Lu 539 fois

Six mois après avoir abattu cinq soldats français dans une base de la province de la Kapissa, le militaire afghan Abdul Sabor a été condamné à mort.


Français tués: le militaire afghan condamné à mort
La sentence était attendue: Abdul Sabor, 22 ans, qui a ouvert le feu sur des militaires français dans une base de la Kapissa en janvier dernier, a été condamné à la peine capitale. La date de son exécution reste encore inconnue.

Le 20 janvier, il ouvrait le feu sur un groupe de militaires français assurant la formation des troupes afghanes, alors que ceux-ci faisaient un jogging dans la base de Gwan (en Kapissa), sans armes ni protections. Quatre hommes étaient morts et quinze autres avaient été blessés, dont huit grièvement. Le meurtrier avait justifié son geste par le visionnage de la vidéo de soldats américains urinant sur des cadavres afghans.

Désertion au Pakistan
Abdul Sabor était devenu soldat en avril 2011, après avoir payé un pot-de-vin à un recruteur de l'Armée nationale afghane (ANA), car il n'avait pas de papiers. Selon le site d'information américain McClatchy, le militaire afghan avait ensuite déserté après huit mois de service, pour «s'échapper» à Peshawar, dans une Zone tribale du nord-ouest du Pakistan, bastion des talibans et d'al-Qaida.

De retour à Kaboul après «quelque temps», Abdul Sabor avait de nouveau corrompu le même recruteur de l'ANA pour réintégrer l'armée afghane. Il avait ensuite été envoyé dans le centre d'entraînement de l'armée à Kaboul, puis à Tagab, au cœur de la Kapissa - province sous contrôle français.

L'assassinat des cinq Français en janvier a été le déclencheur du retrait anticipé (d'un an) des forces françaises d'Afghanistan. Nicolas Sarkozy avait peu après annoncé la suspension des opérations de formation et d'aide au combat de l'armée française. «Si les conditions de sécurité de nos soldats, comme les conditions du recrutement des soldats afghans ne sont pas clairement précisées, la France en tirera toutes les conséquences», avait alors affirmé l'ancien président de la République. Quelques jours plus tard, il avait annoncé le retrait des troupes françaises pour la fin 2013 au lieu de la fin 2014 prévue.

Le nouveau président François Hollande a depuis lors avancé la date du retrait des troupes à la fin 2012 pour les forces combattantes et dans le courant de l'année 2013, sans plus de précision, pour un rapatriement total des hommes et du matériel. La Kapissa, province instable proche de Kaboul dont les soldats français avaient la responsabilité depuis 2008, a été transférée aux forces de sécurité afghanes début juillet. À la fin de l'année, seuls 1400 militaires français resteront sur place pour la logistique et assister les Afghans.

Par Fabien Soyez