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François Hollande : "La laïcité ne s'oppose pas à la pratique de l'islam en France"

le 8 Septembre 2016 à 13:17 | Lu 451 fois

Le président François Hollande a jugé jeudi que laïcité et pratique de l'islam étaient compatibles en France dans le respect de la loi en vigueur, en refusant "toute législation de circonstance".


"Rien dans l'idée de laïcité ne s'oppose à la pratique de l'islam en France, pourvu qu'elle se conforme à la loi", a déclaré le chef de l'État lors d'un colloque sur la démocratie face au terrorisme.

"Il n'y aura pas de législation de circonstance, aussi inapplicable qu'inconstitutionnelle", a-t-il ajouté en référence notamment aux appels d'une partie de l'opposition de droite à une loi sur le port du burkini.

La décision de plusieurs municipalités de droite d'interdire cet été sur les plages françaises ce maillot de bain intégral islamique a suscité une violente polémique dans la classe politique.

Dans un contexte de surenchère où les thèmes de l'identité et l'immigration sont au cœur des débats en France avant la présidentielle de 2017, le chef de l'État s'est posé en défenseur de l'État de droit face au terrorisme dans un discours aux accents de lancement de campagne.

La seule voie "qui vaille, la seule qui soit efficace, c'est celle de l'État de droit", a-t-il martelé, ne ménageant pas ses coups contre la droite. Il a ainsi mis en cause ceux qui "battent les estrades en recourant à toutes les surenchères pour mieux se distinguer à l'intérieur de leur camp".

"L'islam peut-il s'accommoder de la laïcité comme l'ont fait avant lui le catholicisme, les religions réformées, le judaïsme?", a interrogé le chef de l'État. "Ma réponse est oui, clairement oui."

"La question se pose aussi à la République: est-elle réellement prête à accueillir en son sein une religion qu'elle n'avait pas prévue avec cette ampleur il y a plus d'un siècle?", a encore questionné François Hollande, enchaînant: "là aussi je réponds oui, clairement oui".

Alors que la France a été victime en 2015 et 2016 de multiples attentats djihadistes, provoquant des tensions dans la société sur la place de l'islam et des musulmans, le chef de l'État a rappelé que les musulmans ont été les premières victimes du terrorisme islamiste.

"Avant de nous atteindre, ils (les djihadistes) s'en sont pris à leur propre religion. Partout les musulmans ont été les victimes de ces islamistes. Il en va de même en France où parmi les morts que l'on dénombre, les blessés que l'on relève, on voit que les musulmans payent également leur tribut à la terreur", a-t-il souligné.

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