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GAZA : Le massacre rituel - Par Mamadou Ndiaye Ndouck

Après l’enlèvement et le meurtre de 3 étudiants israéliens de Goush Etsion, suivis de l’assassinat d’un jeune palestinien brulé vif à Jérusalem, tout bascule.


Rédigé par leral.net le Vendredi 18 Juillet 2014 à 21:00 | | 0 commentaire(s)|

GAZA : Le massacre rituel - Par Mamadou Ndiaye Ndouck
En Cisjordanie, des jeunes avec des pierres, s’en prennent aux forces d’occupation; sous le regard impuissant de l’Autorité Intérimaire engluée dans de sempiternelles négociations de paix avec le gouvernement de Netanyahou qui voit dans la création d’un futur Etat palestinien, non la solution mais le problème.

A Gaza, le Hamas et le Djihad islamique balancent des roquettes en territoire hébreu dans le but de desserrer l’étau qui les étouffe.

Habitué à réagir dans la démesure, Israël déclenche l’opération « Bordure protectrice» qui, en 10 jours, a fait plus de 200 victimes, mille trois cents blessés et la destruction de nombreux édifices.
Les objectifs du Tsahal sont clairement affichés.

Réduire les capacités du Hamas à produire des roquettes.
Détruire ses infrastructures
Annihiler ses capacités militaires.

L’Opération, baptisée « Nuages d’automne » en 2006 n’avait pas permis la libération du soldat Igal Shalit, encore moins d’ arrêter les tirs de roquettes sur Ashkelon, Ashdod et Beersheba.
A l’évidence, ces bombardements ont fait 125 tués et 325 blessés.

L’opération « Pilier de défense » en novembre 2012, qui avait fait 177 victimes palestiniennes contre 6 israéliennes, a échoué à réduire la capacité de résistance du Hamas et du Djihad islamique.

Tout comme en décembre 2008 et Janvier 2009, l’opération « plomb durci » qui avait somme toute l’allure d’un génocide : 1400 morts palestiniens contre 13 soldats israéliens.

Israël, doté de l’armée la plus puissante du Moyen-Orient, pourvu d’un arsenal nucléaire, soutenu par les Etats-Unis et bénéficiant de tous les attributs d’un Etat moderne, se pose en victime et agresse dans son conflit un peuple sans Etat, sans protection ; la communauté internationale impuissante ou hésitante, laisse faire.

Mais comme toujours, la liste des victimes collatérales ne cesse de s’allonger. C’est la nuit que les bombardements sont les plus féroces, car la visibilité est meilleure.

Gaza abrite 1. 650 000 personnes sur une bande de terre de 378 km², la plus forte concentration humaine. Les 3/4 des gazaouis dépendent de l’assistance internationale.

Les habitants soumis à l’enfermement par la terre, la mer et l’espace aérien, cherchent désespérément à rester en vie. Après la chute des FrèresMusulmans, alliés du Hamas ; le nouvel homme fort de l’Egypte, le Général Sissi a ajouté à leurs souffrances par la destruction d’un millier de tunnels de contrebande reliant Sinaï à Gaza ; de surcroît, le terminal de Rafah ne laisse passer que parcimonieusement les convois humanitaires.

Ce qui surprend, c’est l’extraordinaire dureté des conditions de vie qui leur sont imposées et leur étonnante capacité à les surmonter,

Punir les Gazaouis, affamer les Gazaouis, tout en les privant de communiquer avec l’extérieur, constituent une punition collective qui relève de la violation du droit humanitaire. Cette situation catastrophique est voulue et imposée par Israël. 84% de l’industrie a cessé de fonctionner à Gaza où les fonctionnaires ne sont plus payés, faute de liquidités. Les coupures d’électricité durent de 8h à 12 h par jour.

Le délitement de l’économie palestinienne est total.

Le message éternel et universel des prophètes qui invite au respect des valeurs humaines tel que rappelé par Isaïe (1-17) « Apprenez à faire le bien, recherchez le droit, redressez l’oppresseur ; rendez le jugement pour l’orphelin de père, plaidez la cause de la veuve », est rarement observé par les maîtres de Tel-Aviv dans les territoires occupés.
Cette population damnée, continue à subir tous les supplices.

Vouée à disparaître, elle s’accroche pour ne pas sortir de l’histoire comme l’y invite le poète palestinien Nazin Hikmet, par ce ver pathétique : « L’important, c’est de ne pas se rendre ».

Au début, le Hamas, mouvement islamo-nationaliste qui ne s’attaque qu’aux intérêts israéliens, lançait des roquettes de fabrication artisanale d’une portée de 10 km à 15.

Depuis ses capacités militaires ont évolué.

Il dispose aujourd’hui de roquettes de moyenne et longue portée de 75 km à 200 km de fabrication iranienne : le type Fajr -5 et sa version locale: le M-75.

L’Egypte surprise n’en revient pas de voir le Nord israélien et la périphérie de Tel Aviv à la portée des missiles du Hamas, même si le système de défense antimissile, Dôme de Fer les intercepte le plus souvent.

Selon Joseph Henrolin, directeur de défense et Sécurité Internationale (D.S.I), le mouvement islamiste dispose de la techno- guérilla grâce aux missiles de longue portée et de missiles antichars.

Alors se pose l’éventualité d’une offensive terrestre des troupes israéliennes. Sûr qu’elles trouveront un système de défense éprouvé par la maitrise du terrain. Mais l’affrontement sera toujours asymétrique.

Israël est un Etat qui en occupe un autre, qui assure la domination de 4,5millions de palestiniens, qui impose le blocus économique de 1.650.000 d’âmes, qui légalisé la torture sur les prisonniers palestiniens, qui annexe les territoires, bafoue les résolutions internationales, et instaure la discrimination à l’apartheid à l’intérieur de ses frontières. Etre citoyen palestinien n’est pas la même chose qu’être israélien juif. On est en droit de se demander qui de l’Apartheid et du Sionisme a appris plus l’un de l’autre.


Mamadou Ndiaye Ndouck
email :m.ndiaye33@yahoo.f






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