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Gabon : Ndongou organise la protection des candidats

Rédigé par Alio Informatique le 12 Août 2009 à 15:19 | Lu 562 fois

Le ministre de l’Intérieur, Jean François Ndongou, a annoncé dans la soirée du 11 août dernier les modalités de protection des candidats à l’élection présidentielle du 30 août durant la campagne électorale qui débutera le 15 août prochain. Cette disposition, qui devra être sollicitée par les candidats, avait été dénoncée par près d’une dizaine de candidats en raison du maintien à la tête du ministère de la Défense nationale d’Ali Bongo Ondimba, également candidat à cette même élection.


Gabon : Ndongou organise la protection des candidats
Les dispositions sécuritaires pour assurer la protection des candidats à l’élection présidentielle du 30 août ont été annoncées dans la soirée du 11 août dernier par le ministre de l’Intérieur, Jean François Ndongou.

Sur arrêté daté du 4 août dernier, le ministère de l’Intérieur confirme que «durant la campagne électorale préalable à l’élection présidentielle du 30 août 2009, les candidats (…) pourront bénéficier sous leur demande, d’une protection rapprochée».

La mise sous protection du candidat ne sera donc pas systématique, mais devra faire l’objet d’«une demande de protection rapprochée au premier ministre, chef du gouvernement», précise le communiqué.

«Les noms des agents désignés, parmi les sous-officiers, les Forces de défense et de Sécurité seront communiqués en temps opportuns aux candidats», poursuit le document, alors que la campagne électorale sera ouverte le dès le 15 août prochain.

«Cette protection rapprochée sera assurée par quatre agents de sécurité de la Gendarmerie nationale, des Forces armées gabonaises et des Forces de police nationale pour chaque candidat», a annoncé Jean François Ndongou, précisant qu’«ils seront détachés à temps plein, du 14 août 2009 au lendemain de la proclamation officielle des résultats».

«Le candidat est totalement responsable de l’emploi des agents mis à sa disposition à qui il doit confier une mission strictement conforme à leurs statuts, (…) et tenu d’assurer l’hébergement et l’alimentation des agents dans des conditions décentes pendant la durée de leur mission», a poursuivi le ministre de l’Intérieur.

Au titre du traitement des agents détachés pour la protection des candidats, le ministre a expliqué que «les agents continueront de percevoir les traitements, primes et suppléments auxquels ils ont droit. Ils bénéficieront en outre pendant la durée de leur mission, des indemnités allouées aux agents exerçant les fonctions d’aide de camps aux agents du gouvernement conformément aux textes en vigueur».

Concernant l’équipement réglementaire de ces troupes, le ministre Ndongou a précisé que «les agents en service, seront revêtus des uniformes de leur corps d’appartenance et munis d’une arme de poing, et de cartouches de dotation dont le nombre sera fixé par l’autorité militaire», insistant sur le fait que «cette arme sera portée réglementairement et ne pourra être utilisée que dans le cadre de la protection du candidat».

«Déplacés pour emploi auprès des candidats, les agents de sécurité restent sous l’autorité de leur hiérarchie», ajoute le communiqué. Les agents de sécurité de la gendarmerie nationale et des forces armées gabonaises devraient donc rester sous la tutelle du ministère de la Défense nationale, et ceux des forces de police nationale sous celle du ministère de l’Intérieur.

«Les candidats traiteront avec l’autorité hiérarchique, des agents qui leur sont affectés de toutes questions relatives à leur protection», conclu l’arrêté.

Les ministres de la Défense nationale et des Finances ont été mandatée pour mettre en application les dispositions de cet arrêté.

Le 27 juillet dernier, huit candidats à l'élection présidentielle, emmenés par l'opposant Jules Aristide Bourdès Ogouliguendé (CDJ), avaient exigé la démission du ministre de la Défense nationale, Ali Bongo Ondimba, maintenus au gouvernement malgré sa candidature à l'élection du 30 août prochain.

Ces candidats avaient notamment dénoncé le maintien du contrôle par un candidat des forces de sécurité et des services de renseignements. L’implication d’un des 23 candidats à cette élection dans le processus de protection et de sécurisation des candidats devrait encore provoquer une levée de bouclier des autres candidats, qui réclament depuis le 22 juillet la démission du gouvernement d’Ali Bongo Ondimba.

Cette polémique a été à l’origine d’une manifestation du 7 août dernier à Libreville, qui avait donné suite à de violentes échauffourées avec les forces de l’ordre.