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Gallo Tall, membre de l’UJTL : L’itinéraire sinueux d’un «turbulent»

Sous les feux de la rampe depuis leur arrestation suivie de leur incarcération à la prison de Rebeuss, le libéral Gallo Tall et ses frères libéraux, poursuivis pour «rassemblement illicite», sont maintenant libres. Seulement, l’implication de ce conseiller municipal dans cette marche interdite, n’a pas surpris ses proches, qui le crayonnent comme un dur à cuire. L’Observateur a suivi les traces de ce libéral, «prêt à mourir pour Me Wade».


Rédigé par leral.net le Lundi 9 Février 2015 à 22:07 | | 11 commentaire(s)|

Gallo Tall, membre de l’UJTL : L’itinéraire sinueux d’un «turbulent»
«Je suis prêt à mourir pour mon père, Me Abdoulaye Wade». Ce discours va-t-en-guerre est du jeune libéral, Gallo Tall, fraîchement élargi de la Maison d’arrêt de Rebeuss (Mar), après une détention de plus d’une semaine, pour une accusation de «rassemblement illicite». L’engagement presque suicidaire de ce conseiller municipal de la mairie de Kébémer, n’a pas du tout surpris ses camarades et ses proches. Ces derniers le crayonnent comme un dur à cuire, prêt à se retrousser les manches pour défendre une cause qu’il juge juste. Déjà à l’école I (Papa Amadou Diaw) où il s’est inscrit au Cours d’initiation (Ci) en 1985, le jeune écolier né en 1978 à Dakar, ne passait jamais inaperçu. «Nous avons le même âge, mais il était plus grand que nous, donc il nous menait la vie dure. Nous étions obligés de nous plaindre auprès de notre maître, M. Touré», se rappelle avec humour, Abdoulaye Faye, maître tailleur au marché central de Kébémer et ancien camarade de classe du jeune libéral.

Pourtant, le jeune potache, qui a fait un brillant parcours élémentaire à l’école I (où son mentor, Me Wade, a fait son cursus scolaire), est entré à l’école française par un véritable coup du destin. Son père n’a jamais voulu que ses enfants aillent à l’école des blancs. Les grands frères du désormais ex pensionnaire de la prison de Rebeuss étaient envoyés aux «Daraas» de Touba, Coki et Ngnip Niasse (département de Kébémer), où ils ont maîtrisé le Saint Coran. Cependant, grâce à son oncle paternel, Mafatim Tall, le jeune Gallo Tall s’est échappé de Dakar à l’âge de 7 ans pour venir étudier à Kébémer. L’entrée en 6e en poche en 1993, il est orienté au Cem Macodou Kangué Sall. Gallo Tall, qui a observé quelques années «sabbatiques», se signale encore dans les luttes syndicales. Il devient alors un grand meneur de grève. Pape Mboup, enseignant en service à Kébémer, témoigne : «En 2000, nous avions observé une longue grève de 2 mois. La menace d’une année blanche pointait à l’horizon. Les autorités administratives et scolaires étaient dépassées. Personne ne pouvait faire entendre raison à Gallo Tall, qui dirigeait le mouvement. Il a fallu que l’ancien ministre, Zacharia Diaw, alors gouverneur de la région de Louga, vienne discuter avec lui pour qu’il accepte de mettre fin à cette grève. Quand il a une conviction, il ne recule pas. D’ailleurs, quand les gendarmes nous chassaient pour disperser notre mouvement, il ne bougeait jamais».

Eternel incompris

Le virus de la politique a été très tôt choppé par le jeune lycéen. Sa famille étant très liée à celle de Me Wade, Gallo Tall n’a pas beaucoup réfléchi pour adhérer au Pds. En 1998, il était déjà le secrétaire général du Meel à Kébémer. En 2000, le Pds arrive au pouvoir, mais le libéral n’a pas été rétribué à la hauteur de son engagement : «hormis feu Issa Mbaye Samb, les responsables libéraux de Kébémer n’ont jamais pensé à moi, certains parmi eux faisaient tout pour m’empêcher de progresser. Je n’ai jamais voulu me ranger derrière un leader, contrairement aux autres jeunes. J’ai voulu rester un Wadiste. Je n’ai pas été compris, mais je ne regrette rien, car Abdoulaye Wade est avant tout mon père. Je veux suivre ses pas», affirme le compagnon d’infortune de Toussaint Manga.

La longue maladie de sa mère, le déclic

Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. Cette maxime, Gallo Tall l’a assimilée très tôt. Le jeune Gallo, qui vient fraîchement de décrocher son baccalauréat au lycée Jeanne d’Arc de Dakar en 2003, a été contraint de suspendre son inscription au département de Droit pour prendre s’occuper de sa mère, gravement malade. Après la mort de celle-ci, il s’est réinscrit au département d’Espagnol, qu’il ne fréquente pas longtemps. Après l’Ucad, le kébémérois intègre l’Iseg, où il décroche son Master I en comptabilité et finance. Cependant, en libéral accompli, il a toujours allié les études et la politique. Malgré son jeune âge, il a participé à tous les combats que le Pds a menés ces dernières années. Et promet de ne jamais démordre de cette ligne de conduite.

L'Obs






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