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Gambie : Barrow ouvre une enquête sur les biens de Jammey

Rédigé par Massene Diop le 16 Juillet 2017 à 15:57 | Lu 2601 fois

Le 21 janvier 2017, l'ex-président gambien Yahya Jammeh quittait la capitale Banjul à bord d'un avion privé en direction de la Guinée, cédant ainsi le pouvoir à son successeur Adama Barrow élu le 1er décembre 2016/ (Crédits : DR)
Le 21 janvier 2017, l'ex-président gambien Yahya Jammeh quittait la capitale Banjul à bord d'un avion privé en direction de la Guinée, cédant ainsi le pouvoir à son successeur Adama Barrow élu le 1er décembre 2016/ (Crédits : DR)

Une commission chargée de mener une enquête sur les biens de l'ancien président Yahya Jammeh a été mise sur pied, sur décision du président gambien, Adama Barrow. L'ancien homme fort de Banjul est soupçonné d'avoir détourné plus de 50 millions de dollars.

L'attente aura duré à peine six mois. Le nouveau président gambien, Adama Barrow, vient d'ouvrir une enquête contre son prédécesseur Yahya Jammeh. Le numéro 1 gambien a désigné cette fin de semaine, une commission qui sera chargée d'enquêter sur les biens de l'ancien président.
 

A en croire le ministre gambien de la Justice, Abubacarr Tambadou, cette commission qui dispose de trois mois pour exécuter sa mission d'enquête et rendre ses conclusions au président de la République, procédera par des audiences  publiques.

«Cette commission a pour mandat d'examiner la gestion de certaines entreprises publiques, ainsi que les biens et les transactions financières de l'ancien président Jammeh et de certains de ses associés», a déclaré Adama Barrow lors de la cérémonie de présentation des membres de la commission.
 

Le chef de l'Etat a rappelé aux membres de la commission de garder à l'esprit, tout a long des phases de l'enquête, le principe d'impartialité. «Je vous fais confiance pour mener des délibérations impartiales et faire la lumière sur les allégations contre l'ancien président», a-t-il ajouté. La commission désignée par Barrow est présidée par le juriste Surahata Semega Janneh, doyen de l'Ordre des avocats.
 

Yahya Jammeh, chassé du pouvoir et contraint à l'exil, après 22 longues années de règne, est aujourd'hui soupçonné par le nouveau pouvoir, d'avoir détourné plus de 50 millions de dollars. Il contrôlait toutes les activités financières de son pays et avait surtout mainmise sur les secteurs les plus florissants.

Il y a quelques mois, des fiches bancaires découvertes à Banjul avaient conduit à établir qu'il se serait servi de la fondation qui porte son nom, pour détourner massivement de l'argent des caisses de l'Etat. L'homme a alors été autorisé à quitter le pays avec ses biens, y compris une collection de voitures de luxe.

Une chasse aux sorcières

L'enquête menée contre l'ancien président, ne fait pas l'unanimité dans le pays. Pour les membres de l'Alliance patriotique pour la réorientation et la reconstruction (APRC), le parti de Yahya Jammeh, qui se préparent à fêter, ce 22 juillet, les 23 ans de son arrivée au pouvoir, cette décision n'est rien d'autre qu'une chasse aux sorcières.

Un argument contre lequel les autorités du pays s'inscrivent en faux. «Ce n'est pas une chasse aux sorcières», a tempêté le ministre de la justice, avant d'assurer devant les membres désignés pour l'enquête :

«C'est une commission indépendante et votre indépendance sera garantie. Il n'y aura aucune tentative de la part du gouvernement pour influencer votre décision».

Pour rappel, en mai 2017, alors que des soupçons planaient déjà sur la fortune de Yahya Jammeh, la justice avait décidé le gel d'une centaine de comptes bancaires ouverts en son nom ou ceux de ses associés. Abubacarr Tambadou avait alors expliqué, qu'il s'agissait d'une procédure dont le but était d'empêcher «une liquidation ou une disparition des biens» de Yahya Jammeh en Gambie.


Par Emmanuel Atcha (Tribuneafrique)
 



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