Leral.net | S'informer en temps réel



Génocide rwandais: deux anciens bourgmestres face à la justice française

le 10 Mai 2016 à 11:32 | Lu 219 fois

Génocide rwandais: deux anciens bourgmestres face à la justice française
Octavien Ngenzi, 58 ans, et Tito Barahira, 64 ans, deux hommes puissants dans leur commune de Kabarondo, respectivement bourgmestre et ancien bourgmestre, comparaissent à partir de ce mardi devant la cour d’assises de Paris pour des faits remontant à avril 1994. Dans cette localité rurale, les tueries se sont déroulées dans un espace restreint sur la place du marché et l'église et en un temps record. On parle de centaine, voire de milliers de victimes.  
«Les bourgmestres pouvaient soit encouragés les génocidaires, soit calmer les gens et les ramener à la raison, souligne Alain Gauthier, président du collectif des parties civiles pour le Rwanda. Beaucoup ne l’ont pas fait. Beaucoup ont encouragé les gens par exemple à se regrouper dans les églises en leur faisant croire qu’on allait les protéger et en fait ces églises sont devenues des lieux de massacre. Donc les bourgmestres ont des responsabilités tout à fait personnelles dans ce génocide ».  
   
A la différence du procès, il y a deux ans, de Pascal Simbikangwa, premier Rwandais condamné pour génocide en France, les accusés cette fois ne sont pas des maîtres à penser du génocide, mais ils en ont été des acteurs présumés.  
   
Une cinquantaine de témoins sont d'ailleurs attendus à la barre. « Nous aurons des parties civiles, personnes physiques, qui ont été des victimes directes des faits qui sont imputés aux deux accusés, explique Emmanuel Daoud, avocat des parties civiles. Et évidemment, il va y avoir une autre forme de solennité, d’émotion, de dramaturgie, et ce sera aussi l’occasion pour l’opinion publique d’appréhender d’une autre façon, avec d’autres mots, une autre sensibilité, le génocide dont ont été victimes les Tutsis au Rwanda».  
   
   
Les deux accusés, arrêtés et incarcérés en France, n'ont jamais été extradés vers le Rwanda. En leur absence, en 2009, les tribunaux populaires, les « gacaca », les ont déjà condamnés à la prison à vie.  


Rfi.fr