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Globus ou le réseau Interafricain des assureurs.

Rédigé par leral .net le 15 Février 2009 à 21:32 | Lu 1649 fois

Christian Hapi est Directeur Technique et Développement, chez l’assureur camerounais Activa. A 31 ans et avec un Bac à 16 ans, il est entré à l’Ecole de commerce à Paris et après un premier poste chez BMW comme Area Manager aux Emirats Arabes Unis, notamment le marché de Dubaï et du Qatar, il décide de reprendre les études à l’Ecole Nationale des Assurances de Paris. A sa sortie, il est d’abord chargé de clientèle, directeur régional, directeur clientèle international, puis directeur commercial international au Luxembourg, où il a travaillé jusqu’à l’année dernière. Rentré en Afrique, l’enfant prodige, après 20 ans à l’étranger, est actuellement le numéro 3 de d’Activa Assurance au Cameroun, où il occupe le poste de directeur central et se retrouve à la tête du réseau Globus. Un réseau où se trouve aussi une entreprise tunisienne. Il nous en parle.


ourriez-vous nous parler de votre réseau «Globus», quels sont ses objectifs et qu’est - ce que vous faites ?

Le réseau « Globus » a pour objectif de répondre à la clientèle internationale en matière d’assurance. Vous prenez l’exemple d’Air France, un groupe qui a des intérêts dans 17, 20 ou 30 pays africains, il lui est plus facile d’avoir un seul interlocuteur qui lui dit : je m’occupe de tous les risques dans ces pays- là, je récupère tous les dossiers et je vous les envoie, c’est un peu ça le réseau Globus. C’est un réseau indépendant de compagnies d’assurance qui mettent en commun leurs intérêts techniques pour pouvoir répondre à une grande clientèle. Nous sommes vraiment emballés sur l’ensemble de groupes internationaux, mais aussi sur des groupes africains qui peuvent voir des affaires ailleurs.

Et ce réseau a eu même l’occasion de faire des affaires avec des groupes d’assurance tunisiens. Parlez- nous en avec plus de détails !

Tout à fait, le directeur technique de la Comar pourra vous le dire. La Comar a accepté de faire partie du réseau depuis sa phase de formation, c'est-à-dire que lorsque la Comar a des clients importants qui travaillent en dehors de la Tunisie, au Maroc par exemple où on travaille avec Wataniya, ou en dehors de la Tunisie au Maroc ou au Sénégal, la Comar nous appelle, et on fait le placement pour son client. Et nous de même ; si demain, j’aurais un client par exemple de la République Démocratique du Congo et qui compte investir en Tunisie, on lui fait le placement avec la Comar, on lui règle ses affaires et on lui remet par la suite la consultation technique. Donc, c’est international et à la fois interafricain. C’est vraiment pour montrer que, nous aussi, africains nous pouvons réunir nos compétences et répondre à ce dont les grands groupes ont besoin afin de sécuriser leurs intérêts.

Mais ce n’est quand même pas un réseau bénévole ?

Bien entendu, ce n’est pas un réseau bénévole, car pour croître, nous devons allier nos forces. Sans entrer dans les détails techniques, vous savez que, nous aussi compagnies d’assurances, nous avons besoin de nous réassurer pour pouvoir être forts. Avec le réseau « Globus », on a la chance de pouvoir se dire « on réunit toutes les capacités d’assurances de différents pays, on en forme un seul en matière de réassurance », et tous ensemble, on pourrait négocier avec les réassureurs pour avoir des tarifs de réassurances beaucoup plus intéressants. Nous « Activa » au Cameroun, on fait un chiffre d’affaire d’entre 15 et 20 milliards, il nous est plus facile de nous réunir avec la Comar qui fait un chiffre d’affaire de prés de 100 milliards, avec notre partenaire au Sénégal « Salama » qui fait lui aussi un chiffre d’affaire de quelque dizaines de milliards, avec tous ces partenaires qui font un peu plus de mille milliards de Franc CFA, on peut discuter avec les réassureurs et leur demander qu’est-ce que vous pouvez nous offrir pour sécuriser nos risques, nous assureurs. Voilà en fait l’ambition de Globus, c’est de pouvoir répondre aux normes internationales avec des techniques internationales, mais en Afrique.

Combien d’entreprises africaines d’assurances compte le réseau Globus ?

Globus a pour principe d’avoir une entreprise dans chaque pays. Aujourd’hui, dans Globus on trouve 30 pays, ça part de la Tunisie en Afrique du Nord jusqu’à l’Afrique du Sud, en balayant tous les autres pays, la Mauritanie, le Sénégal, le Tchad, le Cameroun, le Nigéria, le Zimbabwe, la Tanzanie, le Rwanda, tous ces pays-là sont réunis dans Globus. C’est ça la force de ce réseau.

Actuellement, elle compte tous les pays africains ?

Non pas totalement tous, mais à 90%, il n’y a pas la Libye par exemple, mais ce sont des partenariats à discuter et ça se construit petit à petit. On a essayé d’envisager des discussions avec les Libyens, mais ce qu’ils voulaient, eux, c’était de venir avec les pétrodollars et acheter toutes les entreprises, nous leur avons répondu que ce n’était pas ce nous attendions. Ce que nous attendions, c’était de s’unir techniquement et s’entraider chacun dans son pays afin de pouvoir grandir ensemble.

On a appris qu’une entreprise camerounaise a acheté une autre entreprise. C’est une première, est-ce que vous pourriez nous en parler ?

L’autre ambition de Globus est aussi de rechercher des affaires intéressantes et de les acquérir, là où elles se trouvent et pas seulement dans les assurances. Il n’y pas aussi longtemps, on a failli entrer dans le capital de Air Ivoire, à un point fort, mais ça ne s’est pas réalisé pour des raisons diverses. Aujourd’hui, l’objectif de Globus c’est ça, lorsqu’il y a des opportunités. Activa a racheté, à 70%, donc pas toute seule, avec notre partenaire ivoirien une compagnie au Ghana, qui fait un peu plus de 4 milliards de CA dans un marché intéressant et en pleine croissance, on s’est réuni et on a racheté cette compagnie.