leral.net | S'informer en temps réel

Halte à la politisation et à la banalisation du Hajj par le gouvernement !


Rédigé par leral.net le Samedi 28 Novembre 2015 à 18:40 | | 5 commentaire(s)|

Faisons attention, le gouvernement tente de jouer à banaliser le hajj des Sénégalais en voulant limiter le nombre de fois qu’un pèlerin sénégalais devrait désormais effectuer cette dévotion. Si certains pays asiatiques limitent le nombre de fois que leurs citoyens doivent effectuer le Hajj, c’est parce que ces pays ont un problème de places dans leurs quotas respectifs, des difficultés à pourvoir à leurs candidats au pèlerinage à la Mecque alors que le Sénégal n’a point ce problème de places. D’ailleurs notre pays n’a presque jamais pu remplir le quota des 10.500 pèlerins que l’Arabie saoudite et l’Oci lui ont octroyé par rapport à sa population (10 millions d’habitants à l’époque). Si pendant certaines années notre pays a pu remplir ce quota, c’était grâce aux nombreux billets offerts par le président Wade qui donnait à tout bout de champ sinon le quota du Sénégal n’allait jamais être rempli. Donc notre pays ne devrait pas copier sur les autres nations.

D’ailleurs notre population n’est plus de 12 millions d’habitants, nous sommes maintenant 14 millions depuis le dernier recensement officiel de 2012. Au lieu de vouloir réduire le nombre de fois qu’un Sénégalais devrait effectuer le Hajj, l’Etat a l’obligation de réclamer un nouveau quota de 14.000 pèlerins. Si les musulmans et les convoyeurs privés laissent faire, ces derniers courent le risque d’avoir des problèmes de remplissage de leurs quotas. Pour la bonne et simple raison que les candidats au pèlerinage on les retrouve surtout parmi les habitués de la Mecque, notamment les commerçantes qui exportent d’ailleurs beaucoup de produits artisanaux et les tailleurs des marchés Sandaga et Hlm ne me démentiront pas. Avec ce commerce d’habits made in Sénégal, la Mecque est devenue la vitrine de la couture sénégalaise.

D’autre part le gouvernement parle de longue durée tels que les 30 jours de séjour très prisés par beaucoup de pèlerins. Il oublie qu’il s’agit là d’une question de choix car il y a des pèlerins qui optent pour 15 ou 21 jours et ce problème de séjour a été réglé depuis très longtemps par les privés qui proposent à leurs candidats au pèlerinage plusieurs formules : soit en charter avec Sénégal Airlines, ou ces privés voyagent en vols réguliers avec des compagnies étrangères qui font des séjours courts. Et avec ces différentes formules aucun pèlerin ne meurt plus de faim car la restauration complète est prise en charge dans le package proposé par le convoyeur. Compte tenu de toutes ces innovations et améliorations par les privés, certains milieux se posent la question de savoir pourquoi l’Etat laïc voudrait s’immiscer ou s’ingérer dans le Hajj ?

Certains milieux musulmans reprochent au gouvernement de vouloir réduire le nombre de pèlerins qui vont à la Mecque, car certains conseillers de l’Etat tapis dans l’ombre prétextent que le Hajj occasionne trop de sorties de devises, source du déficit de notre balance commerciale, ce qui est faux. Si les craintes de ces milieux musulmans s’avèrent fondées, l’Etat violerait alors la Constitution qui garantit la liberté religieuse du culte. Le préambule et l’article 24 de la Constitution proclament : «Les communautés religieuses sont dégagées de la tutelle de l’Etat, elles règlent et administrent leurs affaires d’une manière autonome».

Et pour faire baisser le nombre de pèlerins l’Etat est en train d’utiliser toutes sortes d’astuces et arguments fallacieux. Le ministre des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye et les députés de Benoo bokk yaakaar portent présentement le combat, perdu d’avance. Le gouvernement devrait laisser les pèlerins jouir de toutes leurs libertés que leur confère la Constitution, à savoir liberté de choisir, liberté d’exercer leur culte, et liberté de circuler, de voyager partout dans le monde y compris la Mecque. Il y a des Sénégalais qui prennent la Mecque comme destination de vacances religieuses chaque année. Pourquoi veut-on leur priver ce droit constitutionnel ? D’autant que l’Islam n’a jamais limité le nombre de fois qu’un musulman devrait effectuer le Hajj.

L’Islam a simplement imposé au moins une seule fois dans la vie et cela peut se comprendre parce que la Mecque c’est loin et c’est une épreuve très dure. Mais ceux qui en ont les moyens rien ne les empêche d’effectuer plusieurs fois le Hajj jusqu’à la fin de leur vie. L’Islam ne l’interdit point. D’autant que le Sénégal ne parvient pas à remplir son quota. Donc il n’y a pas de problème de places pour la Mecque au Sénégal. Dans cette entreprise, l’Etat fait comme le voleur qui crie au voleur. Car en dehors de ce que gagne sa compagnie Sénégal Airlines dans laquelle il est majoritaire, l’Etat vend aussi des timbres quittances pour le passeport à tous les pèlerins à raison de 20.000 Francs par pèlerin. D’ailleurs le Hajj mérite d’être subventionné comme cela se fait dans les autres pays tel que la Gambie, le Burkina et la Côte d’Ivoire.

Dans ces pays le prix du pèlerinage est très abordable. Une telle subvention est logique parce que tout simplement le budget national est alimenté en recettes à hauteur de 95% par les musulmans qui sont majoritaires à… 95%. D’ailleurs c’est grâce au Hajj considéré comme une vache laitière par Sénégal Airlines ; grâce au monopole du transport aérien charter que l’Etat lui octroie sans appel d’offres que cette compagnie parvient à redresser ses finances et à remplir ses caisses. Certains lobbies économiques et financiers hostiles à l’Islam et qui tournent autour du pouvoir accusent le Hajj comme étant l’une des sources du déficit de la balance commerciale du pays. Ils occultent le fait que le pèlerinage est surtout un facteur de développement social pour Sénégal Airlines et pour la Banque islamique du Sénégal, partenaire officiel du Hajj.

Cette année 2015, rien que le billet d’avion de Sénégal Airlines coûtait 1.105.000 F Cfa. Même en 2011, sous le magistère d’Abdoul Mbaye comme Premier ministre, Sénégal Airlines avait vendu son billet à 1.235.000 F Cfa sur un package de 2.450.000 F Cfa soit plus de la moitié du coût total du package (billet d’avion, hôtels et restauration et transport à l’intérieur de l’Arabie saoudite). Si on fait un petit calcul on peut se rendre compte que Sénégal Airlines récolte facilement près de 10 milliards de F Cfa pour chaque Hajj. Ce qui démontre donc que le Hajj ne constitue pas une source de sortie de devises qui peut rendre déficitaire la balance commerciale, car le gros de l’enveloppe du package reste au Sénégal dans les caisses de Sénégal Airlines.

La politique de l’état consiste à vouloir réduire le nombre de fois qu’un pèlerin sénégalais doit effectuer le Hajj et, par ce biais le nombre de pèlerins va diminuer et si ce nombre est réduit les sorties de devises occasionnées par le Hajj seront amoindries. Ainsi l’Etat parviendrait à son objectif sans avoir l’air d’y toucher.

Par Cheikh Oumar Tall,
Directeur du Mensuel «Le Jour Al Yawmou»
Tel : 77.519.40.26






Hebergeur d'image





Hebergeur d'image