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Hélène Tine, députée: "Sans justice, nous n'avons plus de République"


Rédigé par leral.net le Samedi 14 Février 2015 à 18:27 | | 4 commentaire(s)|

Hélène Tine, députée: "Sans justice, nous n'avons plus de République"
Des militants de l’Alliance des forces du progrès (Afp) réclament votre retour au sein de leur formation politique. Que leur répondez-vous ?

J’ai entendu l’appel de mes frères et sœurs de Kaolack. Je voudrais les remercier et leur dire que nous partageons les mêmes valeurs. Mais aussi surtout regretter ce qui s’est passé à l’Afp. Je ne veux pas m’immiscer dans les affaires de l’Afp mais je pense que l’Afp ne mérite pas cette situation et même le secrétaire général de l’Afp ne mérite pas de vivre cette situation. C’est vraiment regrettable. Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’on constate qu’une œuvre de plus de 15 ans est en train de se dégrader. Je pense que les responsables de l’Afp et les militants prendront de la hauteur pour sortir l’Afp de cette situation. Je voudrais leur dire qu’il faut savoir faire bloc en un moment donné pour éviter de sombrer.

Hélène Tine, va-t-elle retourner à l’Afp ?

Mon retour à l’Afp ne dépend pas de moi. Il dépend de ceux avec qui je suis. Je ne me suis pas embarquée toute seule donc je ne peux pas dire que Hélène va y aller. Je respecte les gens avec qui je suis. Je suis dans un mouvement qui s’appelle mouvement pour un Sénégal d’équité et de travail (Mset). Maintenant si on fait appel à moi, il faut que le mouvement se prononce. Moi je n’ai pas d’avis. Je dirais tout simplement que j’ai entendu l’appel, mes camarades aussi l’ont entendu. Dieu Seul Sait ce qui peut arriver demain. Personne ne peut dire ‘Fontaine je ne boirai plus de ton eau’ mais pour l’instant, je suis dans le mouvement Mset que nous avons mis en place.

Quelle analyse faites-vous des sorties au vitriol de l’ancien président Abdoulaye Wade contre son successeur ?

Je regrette ce qui se passe au Sénégal. C’est comme si c’était un éternel recommencement pour la démocratie sénégalaise. C’est ceux-là mêmes qui nous lançaient des grenades lacrymogènes hier, avec comme conséquence la mort de jeunes Sénégalais, qui descendent aujourd’hui dans la rue. Cela va durer jusqu'à quand. C’est un cycle infernal. Cela ne peut pas continuer. C’est un temps qui est perdu. Ce sont des forces qu’on aurait pu mettre ensemble pour faire avancer le Sénégal. C’est regrettable. Il nous faut préserver cette démocratie que le monde entier nous envie. Il faut œuvrer pour que cette démocratie puisse aussi grandir. Grandir, c'est-à-dire que nous puissions en un moment donné trouver des consensus forts pour faire avancer notre pays. Mais je me rends compte que parce qu’il y a aujourd’hui quelqu’un en prison, on est prêt à mettre le pays à feu et à sang. Aucun citoyen ne peut être au-dessus des autres. Ce citoyen, on lui a donné beaucoup de responsabilités. Au moment de rendre compte, on dit : non, c’est le fils d’un tel, la justice ne doit pas poursuivre son travail. Nous devons nous ressaisir. Je suis pour un dialogue constructif qui ne débouche pas sur un Bara Yeggo. Le peuple ne l’acceptera pas parce que c’est la justice de notre pays qui va sombrer pour de bon et sans justice, nous n’avons plus de République. Nous appelons le président Wade à mériter son statut d’ancien président de la République, son statut de patriarche. Je pense que ce sera tout à son honneur que de laisser la justice sénégalaise faire son travail.

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