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Hollande rencontre le «Mandela de l'Amazonie»

le 21 Juin 2012 à 12:30 | Lu 771 fois

Par l'entremise de Nicolas Hulot, le président de la République doit s'entretenir mercredi soir à Rio avec le chef Raoni, qui lutte depuis trente ans pour la survie au Brésil de son peuple, les Kayapos, aujourd'hui menacée par un projet de barrage géant.


Hollande rencontre le «Mandela de l'Amazonie»
L'image, pittoresque, ne manquera pas d'être largement relayée dans les médias. À Rio, où il est présent pour la Conférence des Nations unies sur le développement durable, le chef de l'État français doit rencontrer mercredi soir Raoni Metuktire, chef des Kayapos, un des peuples autochtones de l'Amazonie brésilienne. «Raoni, c'est un Mandela d'aujourd'hui», affirme Nicolas Hulot, qui a œuvré pour ce rendez-vous. Une prestigieuse comparaison, comme pour tenter de dépasser l'image exotique de Raoni et souligner l'importance de sa lutte pour la survie des siens.

Le soutien de Nicolas Hulot au chef Raoni:


Dans un monde idéal, le combat du chef Raoni (comme celui, parallèle, du «dalaï-lama de l'Amazonie») ne devrait pas nécessiter de telles références pour être reconnu à sa juste valeur. Voilà une génération que le cacique défend la cause des Kayapos, qui vivent dans la région du Mato Grosso. En 1978, un film de Jean-Pierre Dutilleux, présenté à Cannes et nommé aux Oscars, jette la lumière sur ce peuple menacé par les effets de la déforestation. Une tournée mondiale au côté de Sting, dix ans plus tard, fait porter plus loin la voix de Raoni. Outre l'«effet Sting», l'allure photogénique du chef, qui arbore sous la lèvre inférieure une très impressionnante ornementation traditionnelle, le labret, contribue à son succès médiatique.

Reçu par Mitterrand puis Chirac

Hollande rencontre le «Mandela de l'Amazonie»
Ces années de lutte n'ont pas été vaines. Avec quelques autres, Raoni devient une des figures internationales de l'autochtonie. Il sera reçu en France par les présidents Mitterrand puis Chirac (les fondations de Danielle Mitterrand et de Jacques Chirac soutiennent d'ailleurs toujours cette cause). Au Brésil, dont la Constitution reconnaît des droits aux peuples autochtones sur les terres qu'ils occupent historiquement, des zones protégées ont été mises en place. Mais, en Amazonie, ils sont toujours en butte aux exploiteurs clandestins de la forêt (bûcherons, orpailleurs, éleveurs…).

Les Kayapos, aujourd'hui estimés à environ 8000 âmes, luttent en outre contre une nouvelle menace. Semi-nomades à l'origine, ils sont aujourd'hui largement sédentarisés autour du Xingu, un affluent de l'Amazone qui leur fournit des ressources issues de la pêche. Or voilà que le gouvernement brésilien projette d'élever sur ce cours d'eau le Belo Monte, futur troisième barrage hydroélectrique du monde par sa taille, qui doit assurer plus de 10% de la production électrique du pays.

Le chef Raoni, aujourd'hui âgé d'au moins 80 ans (sa date de naissance exacte n'est pas connue mais se situe autour de 1930), a donc repris le chemin de la résistance. En 2010, il se disait même «prêt à la guerre». À Rio, fort d'une pétition réunissant 350.000 signatures, il est venu «demander au monde entier qu'il respecte les peuples autochtones. Que le monde respecte nos terres (…) et qu'il nous laisse vivre en paix». Pour cela, il compte sur l'appui de la France et de «ses valeurs humanistes».

En mai dernier, François Hollande évoquait le sort des autochtones d'Amazonie: