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Hommage à Bruno Metsu (Adama Thiam)


Rédigé par leral.net le Lundi 21 Octobre 2013 à 18:31 | | 0 commentaire(s)|

Bruno METSU vient de livrer et de perdre l'ultime match,suscitant partout peine et desolation mais non sans nous avoir rappele ce courage,cette determination et cette inextinguible passion qui l'haitaient,y compris face a la mort.Dans le florilege d'hommages que suscite l'evenement,j'ai pense juste faire republier le texte que j'avais signe dans la presse de notre pays,le 25 avril 2012,alors qu'il s'agissait de choisir l'entraineur national de football entre Pierre LECHANTRE et lui.Bruno de ce moment la,bien portant,bon vivant ,passionne et toujours engage pour tout ce qui touche notre pays,son pays,singulierement son football.Son ultime volonte d'etre enterre au Senegal confirme bien ce que je disais dans l'avant dernier paragraphe du texte'''Au surplus, il est des nôtres et à l’heure du danger, comme tout le monde, il ferait face''. '.Premonition?A peine!

Adama THIAM

Ancien Conseiller Technique du Premier Ministre

Ancien Directeur de cabinet du Ministere des Sports

Ancien Directeur de la Haute Competition (2000/2003)

 

 

Derby METSU/LECHANTRE : j’ai choisi mon camp.

 

Ainsi, dans le cadre du long feuilleton du choix de l’Entraîneur national de football après la Can de Bata, la FSF vient-elle d’annoncer que sur sa short- list restent en pôle position Bruno METSU et Pierre LECHANTRE.

Apparemment, la question de l’expertise locale semble donc évacuée focalisant le débat autour d’un derby à la Marianne.

La question trouve son contexte dans la clôture d’un cycle politique et social qui est parti du 19 Mars 2000 et qui s’est achevé le 25 Mars 2012 et au cours duquel, le sport sénégalais aura oscillé entre grandeur et décadence.

Qui en effet, peut oublier cette période riche et passionnante où un peuple déterminé venait d’ouvrir, avec foi et espérance, un autre chemin possible ? Dans le dynamisme novateur et le sentiment de re-création de soi et de notre volonté de vie commune tournée vers un avenir supposé forcément meilleur, les énergies étaient comme décuplées, la volonté débridée,les ambitions et les rêves mis en perspective.S’il est vrai que depuis lors, nous savons tous à quoi nous en tenir par rapport à nos projets et visées d’hier,pour avoir mis fin à cette séquence le 25 Mars 2012,il n’en demeure pas moins que des pas importants avaient été notés.Car,faut-il le rappeler,bien avant la débâcle de Bata et l’élimination de nos clubs de football par nos modestes voisins gambiens,contre performances symbolisant au plus haut point la décadence,il eut la période de la grandeur marquée par de nombreux et brillants résultats en basket,karaté,athlétisme,lutte,pêche sportive,escrime,judo et autres arts martiaux etc.

Il est remarquable de noter dans ces résultats , les performances de rang mondial comme la médaille d’or de Amy Mbacké THIAM à Edmonton, les nombreuses médaille d’or de karaté, les coupes du monde de pêche sportive face aux grandes nations d’occident (FRANCE USA ITALIE RFA…) d’autres encore dans dans des sports de combat.

Si ces résultats n’ont souvent pas été salués comme il se devait c’est assurément à cause de l’impact différencié de ces sports dans l’opinion.

C’est précisément ici, qu’a fonctionné le coup d’accélérateur qui a le plus incarné la grandeur du sport sous la première alternance parce qu’il a touché la discipline phare qui cristallise le plus, les passions, les exigences et les rêves : le football. C’est connu de tous que, le Sénégal a de fortes traditions de pratique sportive sur un large spectre pluridisciplinaire, mais nous savons cependant combien, le football occupe une place particulière dans notre société et dans le cœur de nos compatriotes.

 

Au demeurant, cette situation n’est pas spécifique au Sénégal. Elle illustre simplement le formidable engouement qui s’est développé autour du football, partout, à l’échelle du monde. En effet, dans et autour du spectacle du football, se sécrète de plus en plus comme une sorte de nouvelle culture partagée, à travers des valeurs, des règles, des comportements qui ont fini de structurer et de symboliser cette discipline de référence dont Henry Kissinger disait « le sport mondial numéro un est le football. La coupe du monde est plus importante que n’importe qu’elle crise internationale ».Fait social de masse, le football exerce un attrait et une influence considérables dans la société moderne.

 

Par l’édiction, l’appropriation et l’application de règles communes internationalisées avant beaucoup d’autres, le football a significativement renforcé et valorisé l’expression d’une culture humaine qui a transcendé les frontières de la nature, des races, des religions et de la couleur.

C’est ici que se situe la formidable aventure des Lions du football qui, entre 2000 et 2002, ont contribué à l’écriture d’une page d’histoire qui a rehaussé la renommée et le prestige de notre pays en même temps qu’elle a donné à nos compatriotes un immense bonheur et la fierté retrouvée de compter parmi les grandes nations sportives.

Pour avoir suivi de très prés le déroulement de ce processus, depuis que, le président El Hadj Malick SY, en prenant les rênes de la FSF, eut le flair de faire venir METSU chez nous, avec le soutien efficace et discret comme toujours, de notre remarquable compatriote Pape DIOUF, je puis avec force, dire ce que fut le rôle essentiel de Bruno METSU dans l’accomplissement de cette grande œuvre.

Sans doute, n’était-il à nos yeux qu’un entraîneur au palmarès modeste, vite classé parmi les chasseurs de primes qui sillonnent le continent, mais pour qui savait observer et déchiffrer, derrière son contact simple, franc et direct, on sentait la tension de la volonté et de l’ambition selon le bon mot d’ALAIN  « Ce sont les passions et non les intérêts qui mènent le monde ».

Passion de la gagne, détermination rageuse dans l’effort, qu’il pleuve, vente ou neige.Confiance et haute appréciation de soi et capacité de gonfler à bloc ses petits gars au point de les pousser à tirer le maximum d’eux-mêmes, j’ai pu mesurer sur divers théâtres d’opération ici, en Afrique et dans le monde son investissement exceptionnel au service de notre football.

Le résultat vint à la rencontre, avec un remarquable parcours de Coupe d’Afrique au Mali, avec une place de finaliste pour la première fois de notre histoire. La suite fut encore plus retentissante à l’occasion de la Coupe du Monde 2002, avec le tremblement de terre face à la France le 31 Mai à Séoul et l’aventure de continuer le 6 Juin à Daegu face au Danemark, le 11 Juin à Suwon face à l’Uruguay et puis le formidable coup de tonnerre face à la Suède le 16 Juin à Oita, avant le brutal ressac, face à la Turquie, le 22 Juin à Osaka.

Il n’est plus nécessaire de revenir sur ce que furent nos émotions, nos joies, notre fierté, nos peines et désillusions, elles sont définitivement gravées dans notre conscience collective pour nous convaincre également que «le football est une bagatelle sérieuse ». A l’heure fatidique du choix, n’ayant sans doute plus voix au chapitre mais n’empêche, comme devant tout spectacle sportif,on ne peut rester neutre, on prend fait et cause pour ou contre sans forcément toujours l’exprimer publiquement. Nous appartenons tous à un grand pays qui, à la croisée des chemins, montre toujours qu’il est un peuple à la hauteur des défis que lui lancent les événements, la nature et les hommes et cela dans la tolérance, l’imagination, la liberté et la démocratie.

C’est pourquoi, en voyant un de nos distingués compatriotes (...........) apprécier : le « retour de METSU, une grosse erreur »moi, qui fais partie de ceux qui ont conduit l’équipée de Riyad, de Fujieda, de Tottori et du Sehan guest House de Daegu, avant les grandes et inoubliables émotions de la Corée et du Japon, je me crois assez modestement bien placé pour dire qu’il peut, à nouveau, relever le défi, avec l’aide de DIEU. Car, comme le note MALRAUX, « l’homme ne se construit qu’en poursuivant ce qui le dépasse » et METSU connaît déjà et la barre et la musique.

Au surplus, il est des nôtres et à l’heure du danger, comme tout le monde, il ferait face.

La FSF dont c’est la responsabilité (au premier niveau) prendra l’entraîneur qui lui paraîtra indiqué.

En ce qui me concerne, j’ai choisi Bruno METSU. /




Dakar, le 25 Février 2012

 

ADAMA THIAM

 

Président de Sport Paix Démocratie et Développement (SP2D)

Ancien Directeur de cabinet du Ministère des Sport

Ancien Directeur de la Haute Compétition

stambabil@yahoo.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







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