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Hommage à Sokhna Diarra Bousso (1833-1866) : Un modèle de vertus à méditer et à suivre

Il y’a quelques jours encore, le Sénégal et le monde entier se souvenaient des femmes à travers la journée mondiale du 8 mars qui leur a été dédiée. Convaincu de l’éminence accordée par l’Islam à la femme, il nous parait immérité que, sur une année, on ne compte qu'une seule journée d'hommage à leur égard. Ainsi, pour parodier un savant contemporain : "En Islam, chaque journée est une journée de la femme, notre vie entière est hommage aux grandes figures féminines qui ont fondé notre existence !". À ce titre, force est de constater l’existence d’une femme dont la vie si courte (33 ans) mais remplie d’une œuvre utile et immense. En l’occurrence la vertueuse Sokhna Diarra Bousso, la Sainte Mère du Vénéré Khadimou Rassoul, dont la communauté mouride s’apprête quelques jours à lui rendre hommage le 7 mai prochain dans la cité bénie de Porokhane*.


Rédigé par leral.net le Vendredi 1 Mai 2009 à 15:45 | | 0 commentaire(s)|

Hommage à Sokhna Diarra Bousso (1833-1866) : Un modèle de vertus à méditer et à suivre
Sokhna Diarra vit le jour en 1833 à Golléré, petite localité du Fouta. Issue d’une lignée chérifienne, elle est aussi originaire de la famille des "Mboussobé" d'illustres et d’éminents lettrés mourides imbus de valeurs cardinales islamiques incontestées. Son ascendance aussi maternelle que paternelle lui permit d’hériter d’une forte tradition d’érudition en sciences coraniques, et d’une piété incommensurable. Très tôt, à l’âge de 14 ans, elle mémorisa et rédigea le Saint Coran, tâche qu’elle ne cessa de s’acquitter jusqu’au jour où elle rejoignit son Seigneur dans la demeure éternelle. Ainsi l’histoire nous apprend, durant les trente trois ans (33ans) qu’elle vécut, elle a écrit quarante (40) fois d'autres diront soixante (60) fois le Saint-Coran sous l’encadrement de sa vénérée mère Sokhna Asta Walo Mbacké, car réputée pour son don dans l’art de la calligraphie.

Sa Foi inébranlable en Dieu, sa Pitié légendaire fécondée par une connaissance incommensurable des sciences religieuses, ses intenses activités pieuses auxquelles elle s'adonnait régulièrement ne restreignaient en rien son devoir de femme dans l'accomplissement des travaux domestiques en tant que serviteur en quête de l'agrément de son SEIGNEUR. À cet égard, il convient de rappeler : dans l’Islam, il est de tradition qu’au moment de rejoindre le domicile conjugal, une jeune mariée se voit prodiguer des conseils et recommandations de bonne conduite méritoire afin de réussir sa vie de ménage, et surtout de bénéficier les faveurs de Dieu par le médium du service rendu à l’époux qu’elle va retrouver. Ainsi donc, lorsque vint son tour de regagner le domicile de Serigne Mor Anta Sally Mbacké (son époux), elle écouta poliment et patiemment tous ces discours qu’elle considérait minimes par rapport à son engagement et à sa conviction. Alors, cherchant, à son habitude, l’inspiration divine dans les Saintes Ecritures, elle ouvrit son Coran qu’elle avait toujours à portée de main. Elle tomba net sur le verset attestant que Mouhamed (PSL) est le dernier des Envoyés.

L’acte noble qu’elle posa ce jour là fut déterminant voire historique. En effet, devant l’assistance, elle affirma ces paroles que l’hagiographie mouride marqua en lettres d’or dans ses annales. Je le cite : «N’eût été cette parole divine qui mettait fin à la liste des Envoyés, j’aurais compté, sans nul doute, l’un d’entre eux parmi ma progéniture». Quelle Détermination !
Sa résolution fut aussitôt prise par ses actes louables auprès de cet époux. Ainsi, elle allia travail et pitié. Pour rappel, il lui est arrivé de passer toute une nuit entière, sous une pluie battante accompagnée d’un violent vent, tenant une palissade alors que son mari qui lui avait ordonné de procéder ainsi était, depuis longtemps, allé exécuter ses adorations nocturnes dans sa chambre en l’oubliant sur place.
Rappelons-nous aussi, un autre fait marquant devenu célèbre : celui du puits de Porokhane. En effet, un jour sur demande de Serigne Mor Anta Sally qui voulut de l'eau pour faire ses ablutions. Elle saisit la bouilloire et accourut au puits où elle ne trouva aucun moyen pour s’en servir, et, pressée de lui rendre service, elle se précipita et se jeta à l'intérieur. Elle s’en sortit non seulement indemne mais avec la bouilloire à main remplie d’eau.
Cet épisode, si retentissant, est demeuré gravé dans l’esprit des croyants de ce pays. Il a été, par la suite, chanté, magnifié par tous les exégètes du mouridisme qui s’en sont servi comme base argumentaire pour instruire nos consœurs sur leurs devoirs vis à vis de leurs époux.

Dans "Minanul Bâqil Qadîm" (Les Bienfaits de l’Eternel) de Serigne Mouhamadou Bassirou Mbacké, illustre et valeureux fils de Serigne Touba qui eut le privilège, parmi les fils du Cheikh, de le côtoyer et de rester avec lui pendant près de 20 ans. Ce qui lui permit de mieux le connaître et par conséquent de dresser sa biographie dans son célèbre et remarquable livre sus cité. Dans cet ouvrage, d’une richesse extraordinaire, l’auteur nous apprend, nonobstant le lourd fardeau des travaux domestiques et le service de son époux, Sokhna Diarra savait trouver le temps de s’occuper de l’éducation et de la formation de ses enfants. Elle aimait leur raconter l’histoire des saints et des grands hommes de l’Islam. Surtout l’on sait, dans la tradition prophétique, évoquer ces Saints, c’est comme les faire revivre. C’est enseigner aux croyants toutes les vertus, toutes les qualités qui les ont élevés aux rangs sublimes qu’ils ont atteints dans le service du Très Haut.

L’histoire a voulu voir en Sokhna Diarra l’engagement et la soumission de Mariama la Vertueuse mère de Seydina Insa (Jésus), la générosité et la pudeur de Khadidja première épouse du Prophète et première femme qui embrassa l’Islam, l’érudition et la pitié incommensurable d’Aicha enfin, l’endurance, la gentillesse et la compassion de Fatima.
A toutes ces nobles qualités, Sokhna Diarra y ajoutera l’exemple de la femme vertueuse et du coup, elle surpassa les femmes de sa communauté dans la Pitié, l’Honneur et l’Élévation. Ainsi donc, par sa Croyance et par sa Constance dans l’Adoration de Dieu, elle acquit, de son mari et devant une assemblée de dignitaires et d’érudits, le titre envié "Jâratulâh" (la voisine de Dieu). Une marque de témoignage digne et sincère que celui-ci rendit à cette créature inégalable qui, vécut et complut, sa vie durant, dans l’entretien des relations conviviales et chaleureuses avec tout son entourage. Sokhna Diarra détenait par-dessus tout une Force Spirituelle rare chez une femme, Force qui lui permit de constater très tôt et de taire les miracles qui se manifestaient en la personne de son fils Cheikh Ahmadou Bamba (le Serviteur Eternel de l’Elu de Dieu). C’est pourquoi Serigne Moussa Kâ (éminent poète mouride en langue wolof et contemporain de Serigne Touba) voyait en elle l’exemple de la femme modèle. Bref, un modèle de vertus !

C’est cette vertueuse femme aux qualités humaines immenses, d’une Foi en Dieu inébranlable, d’une Crainte révérencielle sans faille et d’une Pitié incommensurable que la communauté mouride s’apprête à lui rendre hommage dans la cité sainte de Porokhane le 7 Mai 2009 à travers son Magal annuel initié et perpétué par Serigne Mouhamadou Bassirou Mbacké en 1952 jusqu’à son rappel à Dieu en 1966. Son fils ainé Serigne Moustapha Bassirou porta le flambeau pendant 41 ans (1966–2007). Lui qui vouait à son père et guide spirituel une fidélité et un amour difficilement égalable. Aujourd’hui son frère Serigne Mountakha Bassirou à la tête de la famille de Serigne Mouhamadou Bassirou Mbacké, va diriger ce Magal. En particulier sa fonction de porte-parole du khalife général des mourides l’a fait connaître au grand public mouride. (Puisse Dieu lui accorder une longue vie !).
A cet effet, il convient de rappeler : contrairement à tous les autres Magal commémorant un événement relatif à la vie de la communauté, celui de Porokhane ne correspond à aucune circonstance. Il n’a pour but que de rendre hommage à la Sainte Mère du Maître Vénéré Serigne Touba Khadimou Rassoul. Ainsi, quand tous les autres Magal ont lieu à une date fixe de l’année, déterminée en fonction du calendrier lunaire, celui de Porokhane peut avoir lieu à n’importe quel moment de l’année. La détermination de la date à laquelle il se tient est du ressort de la famille de Serigne Mouhamadou Bassirou Mbacké, assurément avec l’aval du khalife général des Mourides.

Les qualités de Sokhna Diarra doivent nous servir d’exemple et de méditation. En effet, l’emprise de toute volonté humaine ne survit au passage du temps que si dirigée vers une honnête et saine direction. Ces propos de l’écrivain québécois Daniel Desbiens, démontrent à suffisance l’Engagement et la Constance dans la voie de Dieu auxquelles elle s’adonnait quotidiennement.
Certes, son existence sur terre fut brève (33 ans) mais, son œuvre demeure immense et constitue un trésor inépuisable pour la communauté musulmane. Bref, à l'humanité tout court ! Elle est le symbole de la piété et une référence pour tout aspirant désirant mettre son pied sur la voie tracée par le Coran et la Sounah Prophétique dans ce monde marquée par une kyrielle d’idéologies qui pulvérisent les valeurs morales, culturelles et spirituelles.


Puisse DIEU par la grâce de L’Elu le Plus pur, Al Muçtafâ, et par la Bénédiction du Maître Serviteur Cheikh Al Khadim, nous gratifier de Ses Bienfaits, assister toute sa famille, et garder longtemps encore parmi nous, Serigne Touba Cheikh Mouhamadou Bara Mbacké Falilou, khalife général des Mourides.

* Située à quelques encablures de la frontière gambienne, Porokhane n’est séparée du chef lieu départemental Nioro du Rip que de 8 km dans la région de Kaolack (Sénégal).

Par Birame Lothi Dème
Master II en Informatique (NIIT – Dakar)
Parcelles Assainies
Unité 4 N° 307 Dakar
E-mail : bildeme@hotmail.com,bildeme@yahoo.fr
Tel. (+221) 77 419 98 49













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