Leral.net | S'informer en temps réel



Homosexualité, la face cachée du Pakistan

le 19 Décembre 2014 à 19:21 | Lu 987 fois

Le pays punit l'homosexualité de la peine de mort. Pourtant, les rapports entre hommes n'ont rien d'exceptionnel. Explications.


Homosexualité, la face cachée du Pakistan
Plus de 87 % de la population pakistanaise serait homophobe, selon un sondage du Pew Institute. Pourtant, selon les Google trends (tendances), le Pakistan serait le plus gros consommateur de porno gay au monde. Un paradoxe que l'on retrouve aussi bien dans les moeurs que dans la culture pakistanaise.
Akbar*, un musulman pieux à la longue barbe noire, vit à Lahore, deuxième plus grande ville du pays. Aujourd'hui, il ne va pas au travail. Sa femme n'étant pas là, il a accepté de nous parler de son passe-temps favori : se travestir devant un miroir. "Je fais mes prières et j'honore Allah tous les jours, confesse-t-il, en se mettant du rouge à lèvres. J'ai même une femme, pour faire plaisir à Dieu. Mais pour mon coeur, je vois des hommes." Comme beaucoup d'autres, Akbar doit cacher son homosexualité. Au Pakistan, les rapports entre personnes du même sexe sont en effet passibles de la peine de mort.
La situation singulière des travestis
Pourtant, selon nos interlocuteurs, rien n'est plus facile que de coucher avec un homme. "Ici, les hommes sont tellement frustrés qu'ils pourraient coucher avec un chien, s'amuse Nili, un homme devenu femme. Moi, ce sont des hétéros qui viennent me draguer." Selon elle, la culture travestie et transsexuelle incarnée par ceux que l'on appelle "Hijras" est un vieil héritage indo-pakistanais. "Parce qu'ils portent les deux sexes en eux, ils ont toujours été à la fois respectés et persécutés. On se moque d'eux et ce sont les premiers que l'on viole, mais on leur demande aussi de bénir les bébés", continue Nili.
À Islamabad et d'une façon générale, il n'est pas rare de croiser leurs silhouettes efféminées tandis qu'ils mendient aux feux rouges. Bien plus visibles au Pakistan qu'en France, les (...)


Lire la suite sur LePoint.fr