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Hôpital Aristide Le Dantec : le paradoxe sénégalais en matière de santé

ASI24 – (Dakar) L’hôpital Aristide Le Dantec, construit sous la colonisation, en 1913, et affecté à l’époque aux « indigènes » manque de tout, rapporte le quotidien Kotch dans un reportage publié samedi, un paradoxe pour un pays leader dans l’enseignement de la médecine en Afrique subsaharienne, voire sur tout le continent.


Rédigé par leral.net le Lundi 15 Février 2010 à 10:43 | | 0 commentaire(s)|

Hôpital Aristide Le Dantec : le paradoxe sénégalais en matière de santé
Alors que le président de la République était vendredi à Rufisque pour lancer, avec faste la seconde phase de l’autoroute à péage, le plus ambitieux projet infrastructurel du Sénégal, et samedi au stade Léopold Sedar Senghor, pour l’ouverture des festivités du cinquantenaire du pays, les Sénégalais apprennent « comment les pauvres payent pour mourir » à l’hôpital Dantec.

Ces « pauvres » ne vivent pas le Sénégal de l’autoroute à péage et le Sénégal cinquantenaire. Leurs réalités sont tout autres, comprend ASI24, a travers les écrits de l’auteur du reportage, la journaliste Ngoudji Dieng, qui indique que l’établissement est fréquenté par 17 000 personnes par jour, avec des recettes journalières de 10 millions de francs Cfa, avec des tickets de consultation ou de soins allant de 3000 à plus du million de francs Fcfa.

La qualité des soins est décriée aussi bien par les malades que le personnel soignant, dans les 26 services que compte l’hôpital, renseigne la journaliste. Sur 200 personnes à opérer dans le service Urologie, 31 lits sont disponibles. En radiologie, quatre machines sur sept sont en panne.

La journaliste égrène la liste des insuffisances et le désarroi des malades, en particulier le troisième âge, et du personnel.

Pourtant cet établissement a fait la fierté des Sénégalais, fait remarquer le reportage. Selon des sources de ASI24, Le Dantec était leader en Afrique « pendant des décennies et bien après les années d’indépendance ».

Des centaines de médecins d’Afrique subsaharienne et du Nord ont été formés à l’Université cheikh Anta Diop de Dakar et ont fait leur premier « touché » et autre expérience dans cet hôpital.

Cet établissement, comme bien d’autres n’aurait jamais connu une telle détresse, si l’Etat du Sénégal avait investi dans la santé. « On parle beaucoup de hub, de faire de Dakar un hub, mais qui va venir dans un hub où il n’y a pas de plateau médical de dernière génération et des soins à des tarifs compétitifs. Des médecins tunisiens, marocains ont été formés au Sénégal, aujourd’hui quand on est malade, on va chez eux. Leurs gouvernements ont eu l’intelligence d’envoyer leurs étudiants au Sénégal et d’investir dans le secteur ».

« Aujourd’hui, le Maroc et la Tunisie sont de véritables plateaux médicaux. Les richissimes Mauritaniens, Guinéens, Maliens etc. qui venaient se faire soigner au Sénégal, vont maintenant là-bas. Mieux, les professeurs qui ont formé ces médecins se rendent chez eux. Le Sénégal aurait pu faire la même chose. Il aurait eu plusieurs plateaux médicaux de qualité, il ne faut oublier que la première opération à cœur ouvert en Afrique s’est faite ici au Sénégal par l’un des premiers et plus grand cardiologues sénégalais », regrette un médecin à la retraite.

Pour lui, le Sénégal a raté des rendez-vous historiques et l’occasion de devenir la Mecque de la médecine sur le continent.






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