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IRAK. Nouvelles frappes américaines sur les djihadistes

le 10 Août 2014 à 13:34 | Lu 264 fois

Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, depuis Bagdad a appelé à l'unité pour "mener la bataille contre le terrorisme". L'avancée des djihadistes de l'EI menace des milliers de civils.


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Le Nouvel Observateur avec AFP
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Publié le 10-08-2014 à 14h55
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Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, depuis Bagdad a appelé à l'unité pour "mener la bataille contre le terrorisme". L'avancée des djihadistes de l'EI menace des milliers de civils.
Des soldats kurdes (Peshmerga) en Irak, le 9 août 2014. (SAFIN HAMED / AFP) Des soldats kurdes (Peshmerga) en Irak, le 9 août 2014. (SAFIN HAMED / AFP)
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Les Etats-Unis ont lancé de nouvelles frappes contre les positions djihadistes dans le nord de l'Irak, où le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a appelé dimanche 10 août à l'unité pour "mener la bataille contre le terrorisme".

Les Etats-Unis, qui se sont retirés d'Irak il y a près de trois ans, ont mené leurs premières frappes vendredi pour enrayer l'avancée des djihadistes de l'Etat islamique (EI) qui menacent le Kurdistan autonome et des milliers de civils.


"Quatre frappes aériennes pour défendre les Yazidis"

Les insurgés sunnites menés par l'EI étaient jusqu'à présent restés à distance du Kurdistan, mais depuis fin juillet ils ont progressé en direction de la province, occupant des positions à une quarantaine de kilomètres de sa capitale Erbil, sans cependant franchir les frontières de la région autonome.

Leur progression a jeté sur les routes des dizaines de milliers de personnes, en particulier des chrétiens et de nombreux membres de la minorité kurdophone des Yazidis, bloqués sur les monts Sinjar sous une chaleur étouffante avec peu d'eau et de nourriture.

Les forces américaines "ont (mené) avec succès quatre frappes aériennes pour défendre les civils yazidis cibles d'attaques aveugles" près de Sinjar, a indiqué l'armée américaine tard samedi.

Parallèlement, les Etats-Unis ont largué dimanche matin de nouvelles cargaisons de vivres - l'équivalent de 52.000 repas - et des conteneurs d'eau après avoir déjà mené des opérations similaires jeudi et vendredi à destination des "milliers de citoyens" menacés sur les monts Sinjar, entre Mossoul et la frontière syrienne, a annoncé le Pentagone.

La prise par l'EI il y a une semaine de Sinjar, bastion des Yazidis, une minorité non-musulmane, a poussé à la fuite jusqu'à 200.000 civils selon l'ONU. Nombre d'entre eux sont piégés dans les arides montagnes environnantes, menacés autant par la faim et la soif que par les jihadistes.

Une députée yazidie, Vian Dakhil, devenue le visage de sa communauté après avoir lancé un appel poignant mardi pendant une session parlementaire, a assuré samedi qu'il ne restait plus qu'"un ou deux jours pour aider ces personnes. Après, ils vont commencer à mourir en masse".

Elle a fait état dimanche de la fuite des monts Sinjar de 20.000 à 30.000 déplacés qui se trouvent désormais dans la région autonome du Kurdistan irakien, soulignant que "plusieurs milliers" d'autres se trouvaient encore dans les montagnes.

David Swanson, porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), a lui a indiqué avoir été informé par les autorités locales que "15.000 à 20.000" personnes avaient fui le sud des monts Sinjar, via la Syrie, avant de repasser la frontière pour revenir en Irak.

Les forces kurdes en Irak, Syrie et Turquie travaillent ensemble pour briser le siège autour des monts Sinjar et secourir les déplacés.
L'exode de 100.000 chrétiens

Outre les Yazidis, près de 100.000 chrétiens ont été chassés des plaines de la province de Ninive, à l'ouest de Mossoul, par les jihadistes qui se sont emparés de cette deuxième ville d'Irak et de pans entiers du territoire depuis le début de leur offensive fulgurante le 9 juin.

Au Vatican, le pape s'est dit "effaré et incrédule" face aux informations relatant les "violences de tout type" en Irak, et a appelé dimanche à "une solution politique efficace au niveau international et local" pour les stopper.

Le président américain Barack Obama s'est dit confiant samedi "dans le fait que nous pourrons empêcher l'Etat islamique d'aller dans les montagnes et de massacrer les gens qui se sont réfugiés là-bas", même si mettre ensuite ces dizaines de milliers de personnes dans un endroit sûr sera compliqué d'un point de vue logistique.

Barack Obama a déclaré avoir reçu le soutien du Royaume-Uni et de la France.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius est arrivé dimanche à Badgad pour des entretiens avec des responsables du ministère des Affaires étrangères et doit ensuite se rendre à Erbil pour superviser la première livraison d'aide humanitaire française aux déplacés de Sinjar.

La Grande-Bretagne a pour sa part commencé à larguer dimanche de l'aide humanitaire, a annoncé un porte-parole.
"Mener la bataille contre le terrorisme"

A son arrivée à Bagdad, le chef de la diplomatie française a appelé à la mise en place d'un gouvernement d'union "pour mener la bataille contre le terrorisme".

"Il faut que tous les Irakiens se sentent représentés et puissent ensemble mener la bataille contre le terrorisme", a-t-il déclaré après une brève rencontre avec le ministre irakien des Affaires étrangères par intérim, Hussein Chahristani.

La veille, le président américain avait également de nouveau appelé à la formation d'un gouvernement d'union pour faire face aux insurgés sunnites, alors que les institutions politiques irakiennes sont quasiment paralysées par de profondes divisions.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a également appelé à "respecter le calendrier constitutionnel qui régit la nomination du Premier ministre" et à "former un gouvernement élargi acceptable par toutes les composantes de la société irakienne".

Le Premier ministre Nouri al-Maliki, un chiite, a remporté les élections législatives du 30 avril et vise un 3e mandat. Mais il est vivement critiqué pour son autoritarisme et son choix de marginaliser la minorité sunnite. Plus de trois mois après le scrutin, le pays n'est toujours pas doté d'un nouveau gouvernement.

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