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Idrissa Thiaw Laye, chargé de l’organisation des mariages collectifs des «Layène» : «l’aval des parents et la dot de 10.000 F Cfa sont les seules conditions fixées pour le mariage de musulmans»

LAYENEA quelques jours des mariages collectifs chez les “layènes“, Actusen.com a décroché un entretien exclusif avec Serigne Idrissa Thiaw Laye, le chargé d’organisation de cette cérémonie depuis plus de quinze ans.


Rédigé par leral.net le Mercredi 9 Décembre 2015 à 20:01 | | 2 commentaire(s)|

Dans cet entretien accordé à Actusen.com, le marabout est non seulement revenu sur l’historique, l’importance, mais aussi sur la différence entre ces mariages et ceux célébrés, tous les jours, dans les mosquées. Non sans critiquer ceux qui dépensent beaucoup d’argent, lors de la célébration de certaines unions. Entretien !

Actusen.com : Pouvez-vous nous faire l’historique de ces mariages collectifs que les “Layène“ organisent, chaque année ?

Serigne Idrissa Thiaw Laye : Le fait de faciliter le mariage aux personnes qui s’aiment faisait partie de la mission Baye Laye “Alayesalam“, jusqu’à ce que tout le monde le lui reconnaisse. Et c’est dans cette voie que se sont inscrits tous ses khalifes, en faisant des tournées dans les villages “layène“ pour y célébrer des mariages, selon les enseignements de Seydina Limamou Laye (PSL).

Mais c’est Baye Seydi Thiaw (Seydina Issa II, le troisième khalife) qui le révolutionna en 1984, en faisant, lui-même, une tournée dans diverses Communautés Layène, des villes et des villages, comme Cambérène, Yeumbeul, Malika Guédiawaye… pour organiser des mariages collectifs. Plus d’une centaine de mariages de jeunes gens ont été célébrés, lors de cette année.

«Le bon Dieu dit que si on ne facilite pas l’union à ceux qui s’aiment…»

Le mariage est quelque chose de sacré, c’est pourquoi le bon Dieu dit que si on ne facilite pas l’union à ceux qui s’aiment, cela peut engendrer beaucoup de méfaits sur terre. C’est pour cela que le mariage a une place importante dans la religion musulmane.

Actusen.com : Comment se passent exactement ces mariages ?

S. I. T. Laye : Je suis en charge des mariages collectifs, depuis 1999, ces mariages sont comme tous les mariages et depuis que je m’occupe de l’organisation, nous n’avons jamais célébré un mariage, sans qu’il n’y ait auparavant l’aval des deux mariés, ainsi que celui de leurs parents respectifs. Au début, ce sont les jeunes qui venaient me voir, pour me dire qu’ils voulaient faire partie des mariés. Et c’est moi-même qui allais parler avec leurs parents, histoire d’obtenir leur permission ; et à chaque fois, en bons talibés, ils accordaient facilement leur bénédiction aux futurs mariés.

«Les choses sont devenues plus faciles pour moi, car ce sont les parents des deux amoureux qui discutent entre eux»

Actusen.com : Est-ce que c’est pour dire que maintenant cela se passe autrement ?

S. I. T. Laye : Depuis plus de quatre ans, les choses sont devenues plus faciles pour moi, car ce sont les parents des deux amoureux, qui discutent entre eux, avant de venir me voir ensemble pour me faire part de leur volonté de marier leurs enfants. Le jour des mariages collectifs, ils viennent me donner les noms des deux futurs mariés, les noms des quatre témoins ainsi que la dot qui est fixée à 10.000 F. Car ce sont là, les seules obligations fixées par la religion musulmane pour le mariage.

«La plupart des gens qui se marient à cette occasion sont des gens qui sont aisés, mais…»

Actusen.com : Est-ce que ce sont seulement les jeunes qui n’ont pas de moyens qui se marient à cette occasion ?

S. I. T. Laye : C’est vrai que c’est une occasion pour les jeunes, qui n’ont pas beaucoup de moyens pour financer de grands mariages, de le faire, en toute simplicité. Cependant, la plupart des gens, qui se marient à cette occasion, sont des gens, qui sont aisés et qui ont les moyens de financer un mariage, en grande pompe. Mais qui préfèrent attendre cette date, pour ne pas faire du gaspillage.

Si je dis que je suis le fils du khalife et que je dois organiser un grand mariage, celui qui n’a pas de gros moyens aura peur de se marier. C’est pour cela que beaucoup de “layène“, qui ont pourtant de gros moyens, préfèrent attendre cette date, car, en plus d’avoir la bénédiction de ses parents, tu auras aussi celle du khalife.

Actusen.com : Comment vous organisez-vous, pour célébrer tous ces mariages, en une après-midi ?

S. I. T. Laye : La célébration des mariages se fait dans la grande mosquée de Yoff. Où tous les Imams “Layène“ sont réunis, pour célébrer, tour à tour, les mariages, en présence des témoins. Et pour nous faciliter la tâche, nous regroupons les Imams de chaque Collectivité. C’est, ensuite, que nous annonçons le nombre de mariages célébrés pour ensuite distribuer les attestions de mariage aux témoins des mariés.

Actusen.com : Qu’est-ce qui fait que ces mariages soient particuliers pour vous ?

S. I. T. Laye : C’est le khalife lui-même, qui supervise l’événement. En effet, le jour-J, après avoir recensé tous les inscrits, nous allons voir le khalife, pour qu’il nous donne l’autorisation de commencer à célébrer les mariages. Une fois que nous terminons les célébrations, nous retournons voir le Khalife, pour qu’il formule des prières à toutes ces unions mariages.

Actusen.com : Combien de mariages comptez-vous célébrer, cette année ?

S. I. T. Laye : Je préfère attendre le jour-J, pour me prononcer sur le nombre de mariages. Mais je peux vous dire que nous avons célébré plus de 100 mariages, l’année passée, et nous espérons dépasser ce chiffre cette année, car cela évolue, au fil des années.

Propos recueillis par Adama Laye Diène (Actusen.com)






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