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Il faut ériger une statue de Linguère Ndatté Yalla à NDAR (par Amadou Bakhaw DIAW)


Rédigé par leral.net le Vendredi 22 Septembre 2017 à 10:51 | | 0 commentaire(s)|

La statue du General Faidherbe a été réinstallée ce matin devant la gouvernance de Saint louis mettant fin à une controverse qui dure depuis plusieurs semaines. Les relations entre ma famille et le Général Faidherbe illustre a merveille l’ambivalence des sentiments que beaucoup de sénégalais ont de ce personnage historique .

Du coté maternel le Général Faidherbe est perçu comme un colon conquérant face à la résistante armée de la Linguére Ndaté Yalla MBodj( 1846-1855)

Durant son règne la Linguére Ndaté Yalla eut à faire face aux velléités coloniales expansionnistes du gouverneur Faidherbe .La Linguère adopta une politique d’hostilité et de résistance. A travers toutes ces correspondances adressées à la colonie, elle ne cessait de réaffirmer sa volonté de défendre sa souveraineté sur toute l’étendue du Walo.

En 1847 elle imposa un blocus autour de l’île de Saint Louis et revendiqua ses droits sur les îles de Boyo et de Sor.

« Nous vous prévenons aussi que nous n’avons vendu l’île de Sorr à personne et que nous n’avons pas l’intention de la vendre; on aurait dit que les gens du Sénégal y ont établi des lougans sans nous demander et sans notre consentement,nous vous demandons des explications à cet égard. » ANS 13 G 91 Lettre n °95 parvenue au gouverneur de Saint -Louis le 27 février 1851.

« Le but de cette lettre est pour vous faire connaître que l’île de Boyo m’appartient depuis mon grand père jusqu’ à moi aujourd’hui, il n y a personne qui puisse dire que ce pays lui appartient, il est à moi seule .Je n’ai pas vendu ce terrain à personne, je ne l’ai confié à personne ni à aucun blanc, » ANS 13 G 91 Lettre n° 85 parvenue au gouverneur de Saint -Louis le 23 Mai 1851.

Elle s’opposa aussi au libre passage des « tefankes » Sarakolés qui fournissaient l’île de Saint-Louis en bétail et adressa une lettre au gouverneur exprimant sa volonté de défendre le respect de sa souveraineté sur la vallée en ces termes : « c’est nous qui garantissons le passage des troupeaux dans notre pays ; pour cette raison nous en prenons le dixième et nous n’accepterons jamais autre chose que cela. Saint-t Louis appartient au Gouverneur,le Cayor au Damel et le Waalo au Brack. Chacun de ces chefs gouverne son pays comme bon lui semble » (Boubacar Barry, le royaume du Walo .

Parallèlement aux menaces grandissantes aux frontières du Walo, à l’intérieur du royaume la Linguere Ndaté Yalla était en butte face à l’hostilité des Chefs de province les kangams qui voyaient d’un mauvais œil le pouvoir grandissant de « l’étranger » le mari de la reine le Maarosso.Ce qui fragilisa beaucoup le pouvoir de la Reine.
Le 31 janvier 1855 le Gouverneur Faidherbe partit de Saint-Louis avec une colonne de 1100 hommes pour atteindre le 25 février les environs de Nder ou il battit les troupes de la Linguére Ndaté Yalla.

.La capitale Nder fut prise et brûlée ainsi que plus de 40 villages dont Ndombo Thiago,et Mbilor Plus de 100 résistants walo walo furent tués et près de 150 faits prisonniers. La Reine et ses partisans s’exileront à Ndimb à la frontière du Walo avec la province du Ndiambour.

Du coté paternel la famille Sek ak Baor des Diaw c’est la collaboration avec le General Faidherbe qui a permis de sauver le Walo et de le liberer de la mainmise maure

Ainsi après avoir vaincu la Linguére Ndaté Yalla et exilé le Brack Mambodj Malick le Gouverneur du Sénégal Fiadherbe vient trouver le Diombanakh Yoro Altiné Diaw mon arriere arriere grand pere à Dagana pour lui proposer d’etre le chef du Walo.

IL déclina ce rôle pour lui-même arguant que sa mére Altiné Ardo Mbantou Ba , n’etant pas d’origine walo walao et proposa à sa place son frère Fara-Penda Madyao Khor Diaw , réfugié dans le Cayor.
Avec l’appui des français Yoro Altiné Diaw et son frere Fara Peinda nommé chef ils libérèrent les deux rives du fleuve Sénégal des pillards maures ;

Pour cette famille Diaw Seb Ak Baor Faidherbe est un liberateur qui a aidé le Walo de s’émanciper de l’emprise maure

Récit de la conquête du Oualo 1855 par le Gouverneur Faidherbe

Après une vigoureuse leçon, donnée le 15 janvier 1855, au village de Bokol qui faisait déserter nos soldats noirs, et à la suite de laquelle le Dimar nous accorda une satisfaction complète sur tous les points en litige, le nouveau gouverneur du Sénégal dut procéder à l’exécution des ordres ministériels; il s'occupa d'abord de la question du Oualo, le moment des escales n'étant pas encore venu.

Comme les autres années, les tribus Trarza, nommées El-Guebla (les Méridionales), c'est-à-dire les Takharedjent, les Dagbadji, les Ouled-Akchar et Ouled-Béniouk (Azouna) et les Ouled-bou-Ali, avaient passé sur la rive gauche avec leurs tentes et leurs troupeaux et commençaient, malgré les anciens traités, à exercer leurs ravages ordinaires sur les contrées voisines. Comme ces tribus étaient encore sur les bords mêmes du fleuve, il était facile de les enlever toutes à la fois, au moyen de la garnison de Saint-Louis et des bateaux à vapeur de la
Flottille.

Attendre l'arrivée du roi des Trarza, qui était encore dan^ l'intérieur, et lui demander l'évacuation du Oualo, cela eut été pris pour une plaisanterie par ce chef orgueilleux et tout puissant qui, non seulement était maître du Oualo, mais faisait tout ce qu'il voulait dans le Dimar, dans le Djolof, dans le Cayor et chez les. Brakna.

La reine du Oualo elle-même, quoiqu'elle ne fût que la très humble servante de Mohammed-El- Habib et de son fils Ely (son neveu à elle), avait osé écrire au gouverneur, dans les premiers jours de 1855, pour lui intimer l'ordre d'évacuer les îles de Roup, de Dîombor, de Thionq, etc. , îles qui entourent Saint-Louis à une portée de canon.

C'est pourquoi, décidé à employer les moyens propres à assurer sérieusement l’exécution du programme tracé, le gouverneur voulut aller droit au but en attaquant immédiatement les Maures du Oualo. Ce n'était du reste que faire respecter les traités. Malheureusement, Chems, chef des Aidou- El-Hadj (Darmancours), étant venu à Saint-Louis et s'y étant assuré qu'on voulait enfin sérieusement les réformes dont il était question depuis nombre d'années, jeta l'alarme chez les El-Guebla, fit battre le tam-tam de guerre dans le Oualo et avertit les tribus de se mettre en lieu sûr, parce que, indubitablement, les blancs allaient tomber sur elles, comme ils l'avaient fait sur Bokol. Cela dérangea les combinaisons arrêtées, car les tribus suivirent ses conseils, ^les unes en s'enfonçant un peu dans le Oualo, les autres en repassant promptement sur la rive droite. Une seule ne bougea pas, celle des Azouna. Cette tribu de brigands , dont le nom seul faisait trembler le Oualo, le Cayor et le Djolof, était tellement habituée à inspirer l'effroi, qu'elle ne supposait même pas qu'on osât l'attaquer. Elle resta campée entre Diekten et Tiaggar, on dut donc se contenter de faire une tentative sur les Azouna et on organisa une razzia contre eux.

15 février 1855. Une petite colonne composée de 50 hommes de la garnison de Podor, et des compagnies de débarquement du Galibi, du Grand- Bassarrij du Marabout et du Rubis, commandée par M. Desmarais, lieutenant de vaisseau, descendit de Dagana, sur le Rubis, dans la nuit du 14 au 15 février, et débarqua à deux heures du matin, à deux lieues au-dessus de Tiaggar. 60 spahis partis de Dagana la veille au soir, sous le commandement de M. le capitaine Bilhau, avaient passé la Taouey à minuit, étaient venus reconnaître M. Desmarais au lieu de son débarquement et descendaient avec lui vers Tiaggar.

De son côté, le Gouverneur partit de Saint-Louis avec les troupes de la garnison le 14, à une heure de l'après-midi, sur l’Épervier, l’Anacréon et les deux bateaux écuries. Sous prétexte d'un vol imaginaire, on avait fait bloquer l’île depuis le matin par la police et par les douaniers, pour que les préparatifs du départ ne pussent pas être signalés au dehors.

Le 13, à cinq heures du matin, la colonne débarquait à 200 mètres au-dessous de Diekten, avec un obusier de montagne, et s'avançait dans l’obscurité pour chercher le camp des Azouna. A la pointe du jour, on arrivait sur le camp composé de 130 tentes environ, mais les Maures éveillés par les femmes qui pilaient le mil, et qui nous avaient entendu venir, étaient déjà en pleine fuite devant nous avec leurs troupeaux, abandonnant leurs tentes, tous leurs effets, leurs vivres, leurs marchandises et une centaine de têtes de bétail , de chevaux et d'ânes. Comme cela était prévu, ils tombèrent dans la colonne qui arrivait au même moment par le haut du fleuve, et le capitaine des spahis Bilhau les chargea à fond, leur tua 6 ou 7 hommes et leur enleva 700 bœufs et 69 prisonniers, la plupart femmes et enfants. L'infanterie appuya le mouvement et contribua par tous ses moyens à cette brillante affaire.

Le camp des Azouna fut pillé par les volontaires de Saint-Louis, qui y firent un très riche butin, et les tentes furent livrées aux flammes, de sorte qu'en deux heures il ne restait plus une trace du camp de cette tribu tant redoutée.

Après avoir pris un moment de repos et avoir relâché environ 60 individus du village de Tiaggar qui avaient été pris en même temps que les 69 Azou na, la colonne se mit en route pour Richard-Toll, où elle arriva dans l'après-midi. Les hommes , quoique fatigués, étaient gais et bien portants. Les spahis étaient restés vingt-deux heures à cheval.

Une des grandes inquiétudes de la population de Saint-Louis, c'était de manquer de lait et de beurre pendant la guerre avec les Maures, comme cela était arrivé dans des circonstances analogues. Pour éviter cet inconvénient, en même temps que le Gouverneur partait pour la razzia des Azouna, il envoya M. le lieutenant de vaisseau Butel avec le bateau à vapeur le Serpent et une flottille d'embarcations armées, pour enlever et amener dans l'île de Roup , auprès de Saint-Louis , les troupeaux de la tribu des Tendra, marabouts qui approvisionnent la ville et qui se trouvaient près de Mbéray. M. Butel dirigea parfaitement l'opération qui eut un succès complet, en ce sens qu'il ramena 600 vaches, à la grande satisfaction des habitants de Saint-Louis, assurés de ne pas manquer de sanglé pendant toute la durée de la guerre.

La reine du Oualo, Ndété-Yalla, et ses gens, stupéfaits en apprenant la destruction du camp des Azouna et la razzia faite sur les Tendra, furent bien embarrassés sur le parti qu'ils avaient à prendre. Il paraît même que, dans le premier moment, ils refusèrent d'accueillir quelques Azouna fugitifs ; mais bientôt l’ascendant, l'intimidation exercés de longue date par les Maures, et les mauvaises dispositions à notre égard des captifs de la couronne, l'emportèrent sur les sympathies ou les craintes que nous pouvions inspirer, et ces malheureux
Ouolof prirent la fatale résolution de se mettre avec leurs oppresseurs contre nous qui voulions cette fois sérieusement les en délivrer.

Le gouverneur avait cependant écrit aux chefs du pays qu'il allait prochainement achever d'en chasser les Maures; bonnes paroles, cadeaux, promesses, il n'avait rien négligé pour que Ndété- Yalla et son peuple, comprenant leurs intérêts, se joignissent à nous dans l'œuvre d'affranchissement de la rive gauche. Tout cela fut inutile et le Oualo commença le premier les hostilités contre nous, comme on va le voir, par une insigne trahison.

février 1855. Décidé à marcher directement sur la capitale du Oualo en pénétrant dans ce pays par le pont de Leybar, Lampsar et Ross, le gouverneur voulait rejeter les tribus qu'il s'attendait à y trouver et à voir fuir devant lui, sur une petite colonne auxiliaire partant de Richard-Toll, sous le commandement de M. Desmarais et longeant la Taouey et le lac jusqu'à Nder. A cet effet, le capitaine Bilhau avait reçu l’ordre de se rendre le 23, de Dagana à Richard-Toll, avec un peloton de spahis, pendant que l’aviso à vapeur le Grand-Bassam devait y amener plusieurs compagnies de débarquement. Parti à six heures du matin, M. Bilhau s'étonna de trouver les habitants en armes dans les premiers villages près desquels il passa, mais sur leurs protestations qu'ils ne feraient pas la guerre aux Français, tant que ceux-ci ne leur feraient pas de mal, il continua sa route. Arrivé à la hauteur de Mbilor et de Keurmbay, il reconnut, à n'en plus douter, qu'il était tombé dans un guet-apens et se vit bientôt en présence d'un grand nombre de fantassins et de cavaliers qui , se promettant d'avoir bon marché de la poignée de spahis qu'il commandait, commencèrent à l'entourer de toutes parts. M. Bilhau, dans cette circonstance critique, chercha de quel côté il avait le plus de chance d'opérer sa retraite. Il fit demi-tour, et, retournant rapidement sur ses pas, il parvint à distancer un instant la nuée d'ennemis qui le poursuivaient avec acharnement; mais, un marigot lui barrant le passage, il se vit bientôt acculé dans l'angle de ce marigot sur les bords mêmes du fleuve. Décidé à vendre chèrement sa vie, il fit mettre pied à terre à ses spahis, plaça ses chevaux à l'abri sous la berge, et par un feu de mousqueterie bien nourri, il chercha à retarder le moment fatal et inévitable où, écrasé parle nombre, il serait enlevé ou massacré. Déjà deux spahis étaient blessés et un cheval enlevé, lorsque l'apparition du bateau à vapeur le Grand-Bassam qui avait reçu l’ordre de naviguer de manière à protéger au besoin l’escadron, vint le sauver d'une perte certaine. M. l'enseigne de vaisseau Méron mit à terre les compagnies de débarquement, sous les ordres de M. l'enseigne de vaisseau Fougères ; au moyen de ce renfort et avec l'aide de l’artillerie du bateau, on repoussa vigoureusement l’ennemi en lui faisant éprouver quelques pertes et le bateau transporta les spahis à Richard- Toll.

En présence de ces faits et du soulèvement général du Oualo , la petite colonne de M. Desmarais, sans moyens de transport pour son artillerie , ne put s'engager dans le pays et se borna, après un engagement avec les gens de Ndombo, d'une rive à l'autre de la Taouey , à contenir les populations voisines et à brûler les villages de Khouma et de Mbilor.

Pendant que cela se passait à Richard-Toll , le gouverneur était en route avec la colonne principale composée d'environ 400 hommes de troupes de toutes armes, et d'autant de volontaires avec deux obusiers et un peloton de spahis.

Ces volontaires étaient des gens de Saint-Louis qui avaient l'habitude d'aider les gouverneurs dans les expéditions. Pour la guerre sérieuse qu'on entreprenait alors, on leur fit comprendre qu'ils ne pourraient plus , comme autrefois , marchander leur concours, et qu'on ne leur permettrait plus de discuter, en pleine expédition, s'ils continueraient ou non à marcher. Une fois bien avertis, ils montrèrent toute l’obéissance qui convient à des troupes, firent preuve de courage et de dévouement dans bien des circonstances et rendirent de très bons services, surtout dans les razzias.

Partie de Bouëtville le 21, la colonne avait passé le pont de Leybar nouvellement construit , et bivouaqué près de ce village. Nos moyens de transport organisés avec des ânes et des bœufs porteurs auxquels on avait eu le tort de mettre des croupières dont ils n’avaient pas l'habitude, nous avaient déjà beaucoup retardés et nous avaient causé mille désagréments.

Le second jour, on se rendit à Lampsar, en passant le marigot des fours à chaux, en face de Diaoudoun, point important où il a été construit depuis un pont qui nous donne accès de plain-pied dans le Oualo , comme celui de Leybar nous donne accès dans le Cayor. Dans cette seconde journée de marche, nos transports nous avaient donné tant de mal qu'il n'y avait pas moyen de continuer à s'en servir pour s'engager dans le cœur du pays. Cependant, renoncer à l'expédition après avoir annoncé au Oualo une marche sur Nder, cela eut produit un effet désastreux : il fallut donc prendre un parti extrême.

On décida qu'on laisserait là tous les bagages, les sacs et couvertures des soldats, qui les chargeaient trop. C'étaient des couvertures très lourdes, des couvertures d'hôpital, la colonie n'ayant pas alors de petites couvertures de campement. On distribua à chacun douze biscuits pour six jours.
Les hommes mirent leurs cartouches et leurs bis- cuits dans leurs sacs de campement, et la colonne ainsi allégée se mit en marche avec un troupeau de bœufs à abattre.

On trouva les villages de Tillen et de Ross abandonnés, malgré les lettres rassurantes que le gouverneur avait envoyées à Béquio, chef de cette province. On respecta ces villages. La colonne eut à traverser de nombreux marigots, où les hommes avaient de l’eau au-dessus de la ceinture, et où les obusiers de montagne traînés disparaissaient complètement sous l’eau; on se tira gaiement de ces difficultés qui avaient étonné les troupes au premier abord.

25 février 1855 au matin, dans les environs de Dioubouldou, on se trouva en présence de l'armée des Maures et du Oualo réunies elle nous présentait le combat à l’entrée d'un bois qu'il faut traverser pour aller à Nder. L'ennemi était sur la lisière et en dehors du bois, la cavalerie au centre et deux corps de fantassins aux ailes. Entre ces groupes et nous, se trouvait une plaine couverte d'herbes touffues et hautes de six pieds. Un grand nombre d'hommes y étaient embusqués. Un autre corps composé de cavalerie et d'infanterie maure, principalement des Dakhalifa, cherchait à nous tourner par notre gauche pour nous envelopper.

On déploya en avant une ligne de tirailleurs composée de la compagnie des carabiniers du capitaine Benoît et de volontaires; les spahis furent avertis de se préparer à charger ; on lira deux coups d'obusiers ; les tirailleurs prirent le pas de course, débusquèrent presqu'à bout portant les noirs cachés dans l’herbe ou dans les buissons et les spahis s' élançant alors au galop sous le commandement de M. le capitaine de Latouloubre, complétèrent la déroute de l’ennemi à grands coups de sabre sur la tête des fuyards.

Une trentaine de cadavres restèrent sur le champ de bataille et les fuyards firent quatre lieues sans se retourner avec leurs nombreux blessés. Pendant que cela se passait, notre arrière-garde renforcée d'une compagnie et commandée par M. le capitaine Bruyas, repoussait vigoureusement les Maures et les forçait à la retraite.

Nous n'eûmes dans cette brillante affaire que trois hommes tués : un sergent d'infanterie, un spahi et un volontaire, et trois hommes blessés 'deux volontaires et le canonnier Couderc, qui reçut une balle dans l'œil en pointant son obusier à portée de pistolet de l'ennemi.
La colonne, sans s'arrêter sur le champ de bataille, continua sa marche et arriva à Nder, après avoir brûlé les villages de Dakhalifa et de Naéré, que nous trouvâmes abandonnés.

Cette marche sur Nder fut excessivement pénible. Le manque d'eau fit beaucoup souffrir les hommes. Nder fut pillé et brûlé par les volontaires, ainsi que le village de Témey où l’on avait dit que l'ennemi nous attendrait, ce qu'il n'osa pas faire.

Les guerriers du Oualo, qui étaient partis le matin de Nder pleins de confiance et emportant des cordes pour attacher les nombreux captifs qu'ils devaient faire dans la bataille, étaient revenus, après leur défaite, abrutis par la peur, prendre la Reine et les femmes qui étaient restées dans le village. Ils disaient : « Ce ne sont pas des hommes que nous venons de combattre, mais des démons. » Ils se dispersèrent de tous côtés dans les bois.

Les volontaires de Saint-Louis s'étaient bravement conduits pendant le combat. Amadou-Sar porte-drapeau des volontaires du Sud, les avait guidés au feu avec beaucoup d'entrain.

Le Sérigne de Nder et son taliba, qui étaient venus rôder le soir autour de notre bivouac, furent tués par une patrouille qu'ils avaient provoquée les premiers.

Le 26 février, la colonne se dirigea de Nder sur Diekten ; dans la route et au moment de la grand ‘halte, on enleva un troupeau de bœufs et les spahis eurent un engagement avec un parti 'de cavalerie qu'ils surprirent dans un bois et qui accompagnait Marosso, le mari de la reine, et quelques chefs du Oualo. Cinq de ces cavaliers furent tués, et leurs chevaux, parmi lesquels celui de Marosso lui-même, restèrent entre nos mains. Le volontaire Alioun-Sal se distingua dans cette journée ou l’on fit encore une vingtaine de prisonniers de la tribu maure des Ouled-Dahman.

De Diekten, on alla le 27 février à Richard-Toll, l’on passa la Taouey.

Le 05 mars, pour tirer vengeance de la trahison dont s'étaient rendus coupables les riverains de la Taouey, nous brûlâmes les grands villages de Ndombo, Ntiago, Keur mbay, etc. Nous faillîmes prendre en bloc la population fugitive de ces villages; malheureusement, le hasard nous fit suivre un sentier qu'elle venait de quitter pour se jeter dans les broussailles et nous ne fîmes qu'une quinzaine de prisonniers; mais, rien ne peut donner une idée de la terreur que notre poursuite inspira à ces malheureuses populations, entraînées dans cette guerre par quelques chefs vendus aux Maures.

En somme, en dix jours, on avait pris 2,000 bœufs, 30 chevaux, 50 ânes, un très grand nombre de mou- tons, 150 prisonniers, on avait tué environ 100 hommes à l’ennemi, fait un butin considérable et brûlé 25 villages. Tout cela ne nous avait coûté que 3 hommes tués, 8 blessés et 3 chevaux perdus. La reine du Oualo se réfugia dans le Cayor avec ses gens et quelques Maures.
Un parti du Oualo, celui des Djios, qui peuple les villages du bord du fleuve, vint faire sa soumission. On s'empara définitivement du village de Dagana, et les habitants qui l'avaient abandonné pour se joindre à nos ennemis, n'y rentrèrent qu'en jurant de ne reconnaître, à l'avenir, d'autres maîtres que les Français.

Pendant ces opérations, tous les bâtiments de la flottille surveillaient les deux rives du fleuve, de Saint-Louis à Podor, et M. Rebell, enseigne de vaisseau, commandant de l’Anacréon faisait une razzia de bœufs.

Quelques semaines après, le 13 mars, une petite colonne d'observation laissée à Richard-Toll, sous les ordres de M. le capitaine d'infanterie Chirat, s'étant rendue à Ntiago pour détruire les barrages qui interceptaient la navigation de la Taouey, trouva des gens du Oualo qui étaient revenus dans ce village pour prendre du mil. Ces gens ayant fait feu sur nous, le capitaine Chirat les fit attaquer par les spahis qui en tuèrent 8 et en prirent 4, parmi lesquels se trouvaient deux personnages assez importants. Un spahi fut blessé d'un coup de lance.

La reine étant toujours réfugiée dans le Cayor, les débris de l’armée du Oualo s'étaient réunies à Diagan, village de l'intérieur, situé à quelques lieues de Mérinaghen. Les chefs annonçaient qu'ils étaient décidés cette fois à se faire tous tuer plutôt que d'abandonner ce dernier refuge. Ils l'avaient juré par le nez de leurs mères, serment le plus respecté des Oualof. Il était donc nécessaire d'aller les attaquer.

A cet effet, le gouverneur réunit une colonne qui s'embarqua le 14 mars, sur l’Épervier, remorquant les deux bateaux écuries. Le 15, nous débarquâmes à Richard-Toll; le 17, après avoir passé par Nder, nous allâmes brûler Saneint, ou l’on avait assassiné un traitant de Saint-Louis, le lendemain de la razzia des Azouna. Le 18, après avoir brûlé les villages de Ngnit et de Foss qui avaient trempé dans cette affaire, nous arrivâmes à Diagan. L'armée ennemie s'était approchée et était en pleine fuite dans le Cayor.

Nous continuâmes notre marche en brûlant Binier-Ndiack-Aram , Diaran, Ndiadier et quelques autres petits villages, nous respectâmes le village tolba, habité par des gens inoffensifs et campâmes à Mbraar, sur les bords du lac de Guiers. Le 19, nous arrivâmes à Mérinaghen. Le village de Lambay qui s'était mal conduit envers le poste, fut saccagé. On ménagea, au contraire, les villages
de Diokoul, Moui et Mérina, qui n'avaient encore donné aucun sujet de plaintes.

Le 20, la colonne partit de Mérinaghen pour effectuer son retour, et le 22, à sept heures du matin, elle arrivait à Richard-Toll, ayant fait dix- huit lieues en deux jours et deux heures, sans avoir un traînard et sans avoir un seul homme aux cacolets, résultat dû , en grande partie , au chef de bataillon Colomb, commandant de l'infanterie et à l’excellent esprit des troupes et des officiers de
toutes armes.

Une 'petite flottille d'embarcations, commandée par M. Fougère, enseigne de vaisseau, avait suivi dans le lac de Guier les mouvements de la colonne pour laquelle elle portait des approvisionnements.

En vingt jours, nous avions donc parcouru deux fois le Oualo, passé trois fois par la capitale de cet État et fait cent lieues de marche à terre; l'état sanitaire était excellent: les noirs déclaraient qu'ils ne reconnaissaient plus les toubabs (blancs) et qu'ils pouvaient à peine les suivre.

C'est pendant cette expédition que le gouverneur, voulant chercher à reconstituer le malheureux Oualo, offrit à Yoro Altiné Diao, homme de bonne famille, qui s'était déclaré pour nous et nous avait servi de guide, de l’en nommer chef. Yoro-Diao déclina ce rôle pour lui-même, et proposa à sa place son frère Fara-Penda Madyao Khor, réfugié dans le Cayor, et qui, du temps de M. Kernel , Gouverneur du Sénégal , en 1833, avait déjà combattu dans nos rangs avec beaucoup de dévouement. Fara-Penda Madyao Khor accepta, et, à partir de ce moment, il nous rendit les plus grands services en ralliant petit à petit les gens du Oualo et rétablissant les villages, tout en soutenant une lutte acharnée contre les Maures.

Le Oualo, dont la reine était toujours réfugiée dans le Cayor, se trouvait donc conquis de fait ; les guerriers de ce pays , naguère si fiers et si méprisants envers les blancs et les gens de Saint-Louis, ne nous avaient pas opposé une bien grande résistance : les Diambours (hommes libres), désignés sous le nom de Sib et Baor, servaient à contre cœur un gouvernement qui les avait écartés de toutes les places; les Badolo (simples particuliers) pillés continuellement par les Maures et par les chefs du pays , étaient découragés depuis longtemps et avaient perdu toute espèce d'énergie; les Diam- Gallo (captifs de la couronne) seuls intéressés avec les Maures à défendre le gouvernement de Ndété- Yalla, n'étaient que de grands bandits abrutis par une ivresse continuelle à laquelle ils se livraient en compagnie de la reine ; habitués au brigandage à main armée, ils étaient susceptibles de montrer du courage dans certaines circonstances, surtout après boire ; mais l’élan de nos tirailleurs et la charge des Spahis à Dioubouldou les avaient démoralisés pour toujours. Quant à leur manière de combattre, elle n'avait présenté rien de particulier ; à Dioubouldou, ils avaient parfaitement choisi leur terrain, nous ayant laissé passer un large marigot pour nous attaquer entre ce marigot et un bois qu'ils occupaient, et nous faisant en même temps tourner pour nous interdire le passage du marigot en cas de retraite; mais les cavaliers n'avaient pas tenu un seul instant, les fantassins seuls , embusqués dans
l’herbe, nous avaient attendus presqu'à bout portant.


Leurs armes étaient des fusils de six pieds, et d'un très fort calibre, chargés outre mesure avec un grand nombre de balles, et leurs grands corps étaient ridiculement couverts et même chargés de gris-gris, ou amulettes enveloppées dans des sachets de cuir de toute forme.

PS : notons que Seydina El Hadji Malick SY naquit le jour de la prise de la capitale du Walo le 25 février 1855



Diawdine Amadou Bakhaw DIAW
Grande Notabilité coutumiere du Walo








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