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Ils ne portent pas les escrocs dans leur coeur


Rédigé par leral.net le Samedi 26 Septembre 2015 à 14:25 | | 1 commentaire(s)|

Les Sénégalais sont unanimes, ils détestent les escrocs. Et pour cause, ils sont aussi touchés que les Suisses par le problème.

Depuis des semaines, Arouna discute avec Line, une jolie blonde. Chaque jour, il se connecte dans un cybercafé pour échanger via Facebook avec cette Canadienne qu’il n’a jamais vue. Non, Arouna n’est pas un escroc. Il a même failli devenir une victime. «Elle dit qu’elle veut m’épouser, qu’elle veut que je vienne au Canada. Mais son profil est incomplet, je me suis douté que c’était une arnaque», raconte-t-il.

Surtout que la Canadienne l’invite à verser de jolies sommes à une prétendue ambassade afin d’obtenir les documents administratifs nécessaires à leur mariage. «Elle m’écrit des tonnes de messages, des trucs gentils et moi je lui réponds, cela m’amuse», explique le jeune homme.

En réalité, cela va un peu plus loin que ça. «J’ai un ami qui s’est fait avoir, alors j’essaie de regarder comment fonctionne l’arnaque pour pouvoir sensibiliser mes proches après», reconnaît Arouna.

Il rappelle que les Africains sont également victimes des cyberescrocs. «Alors moi, cela me fait rire de lui faire perdre son temps, c’est tout ça de moins qu’il aura pour s’en prendre à quelqu’un d’autre», sourit-il.

D’autres utilisateurs du cybercafé racontent eux aussi leurs mésaventures. L’un d’eux a bien cru avoir gagné un concours. «Ils me harcelaient par téléphone pour m’envoyer mon lot, mais je devais payer les frais de port», se souvient-il. Pour s’en débarrasser, il a été obligé de les menacer d’appeler la police.

«Des Européens mieux formés»

A côté de lui, son ami explique que sa mère a failli verser une grosse somme au nom de son entreprise. «Ils lui ont fait croire qu’il y avait un conteneur de marchandises bloqué dans le port, heureusement, son supérieur l’a mise en garde juste à temps», explique-t-il.

Daouda Mine, rédacteur en chef du site d’informations Seneweb, confirme la tendance. «Les Européens ne le savent peut-être pas, mais beaucoup d’Africains se font avoir par ces arnaques. Ils sont sans doute plus nombreux à en être victimes», souligne-t-il. Car pour lui, la fracture numérique est encore très importante entre les deux continents. «Les Européens sont mieux formés à l’usage d’Internet et plus sensibilisés à la problématique», détaille le rédacteur en chef.

C’est pour cette raison que le Sénégal est unanime dans sa volonté de lutter contre les escrocs, selon Daouda Mine. «Ils exploitent la misère africaine. Ici aussi, tout le monde en a marre. Politiques et population confondus», assure-t-il.

Fabien Feissli avec Le Matin






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