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Impact dévastateur des maladies non-transmissibles sur la croissance économique du SENEGAL (Par Oussou SECK)

Les maladies non-transmissibles (tuberculose, cancer, diabète, Maladies cardio-vasculaires, etc.) constituent la première cause de mortalité dans le monde. Selon la Banque Mondiale, elles engendrent 36 millions de morts par an soit 63% de la mortalité mondiale.


Rédigé par leral.net le Jeudi 22 Septembre 2011 à 16:45 | | 0 commentaire(s)|

Impact dévastateur des maladies non-transmissibles sur la croissance économique du SENEGAL (Par Oussou SECK)
Les données montrent que, les pandémies sont cruellement ressenties dans les pays à revenu intermédiaire ou faible, avec une couverture de 80%.
 
Sachant que, la problématique des maladies non-transmissibles révèle un double enjeu, d’abord humanitaire, ensuite économique. L’OMC par l’entremise de la Banque Mondiale présente des statistiques plus qu’effarantes, en termes de perte de revenu national par an. Ainsi, les chiffres ci-dessous en milliards de dollars illustrent l’ampleur des dégâts :
-          Chine : 500
-          Inde :    230
-          Russie : 300
-          Canada : 10
 
Au moins, ces pays ont pris les précautions idoines pour mesurer l’impact économique des maladies non-transmissibles.
Mais, qu’en est-il pour l’Afrique en particulier le Sénégal, qui nous intéresse en première ligne ?
La réflexion est orientée sur l’incidence financière des maladies non-transmissibles sur l’économie nationale.
 
Selon le Pr Mamadou DIOP, Directeur de l’Institut du Cancer à l’hôpital Aristide Le DANTEC, près de 20 000 cas de personnes souffrant du cancer se présentent chaque année. Le coût du traitement s’élève à 3 000 000 par patient.
Les maladies cardio-vasculaires constituent la deuxième cause de mortalité après le paludisme. Entre 1999 et 2007, on a observé une moyenne annuelle de décès estimée à 19,42%.
Concernant le diabète, 2500 cas sont recensés par an. Le centre Mark SANKHALE de l’hôpital Abass NDAO lui seul gère 35 000 dossiers. Les frais de traitement sont évalués à 1 000 000 par an, qui est totalement insoutenable par la quasi-totalité des malades.
Ensuite, pour la tuberculose, 11732 cas toutes formes confondues ont été répertoriés en 2009. Le coût du traitement est estimé à 6 000 000 par an. Pour le déploiement de la stratégie communautaire et le développement de la radiographie, une enveloppe de 20 millions d’euros permet de couvrir le territoire national.
Enfin, les maladies respiratoires se développent de manière très rapide, 46% et 14% des personnes recensés au Laboratoire de Physiologie de la Faculté de Médecine de l’UCAD, souffrent respectivement de l’asthme et des broncho-pneumothies chroniques obstructives.
 
Les statistiques énoncées ci-haut montrent la gravité de la situation. A ce jour, aucune étude n’est réalisée pour mesurer la conséquence des maladies non-transmissibles sur la croissance économique. Certainement, elle peut être chiffrée à plusieurs milliards de francs. Elles constituent un véritable frein au développement économique. Mais, la situation est d’autant plus cruelle, qu’elle s’ajoute à une constellation de problèmes, qui inhibent et fixent le SENEGAL dans le cercle des pays pauvres très endettés.
 
Les autorités ne manifestent pas une volonté politique capable de mettre sur orbite des programmes et des perspectives  qui peuvent réduire drastiquement, de manière progressive les pandémies.
Les politiques priorisent leurs actions en fonction de leurs intérêts, autrement dit, ils font tout pour correspondre leur programme avec leur agenda politique. Et, généralement, cette méthode de gouvernance ne cadre pas avec les préoccupations des populations.
Les laboratoires de recherche sont insuffisamment équipés et ne disposent pas de budgets suffisants pour produire des résultats scientifiques satisfaisants. S’y ajoute, la fuite progressive de certains chercheurs vers les pays occidentaux.
Les populations sont dans une situation de précarité extrêmement sévère, qui ne permet pas de faire face aux coûts de traitement très élevés. Nous notons que, 80% de la population est exclu de la couverture sociale.
 
La conjugaison des éléments énumérés précédemment, renforcent la manifestation de nos signes d’inquiétudes et notre scepticisme sur la question. Aujourd’hui, les difficultés sont insoutenables et ne trouvent pas des solutions sophistiquées. Demain, les perspectives nous semblent obscures.
 
Mais, nous ne désespérons pas, de voir l’Etat qui propulse  un sursaut d’intérêt sur les maladies non-transmissibles. Cet espoir, minimum qu’il soit, est appuyé par le regain de considération qu’ont accordé les Nations Unis sur la problématique, à travers le sommet du 19 au 20 septembre 2011 consacré aux maladies non-transmissibles. Nous espérons qu’à la sortie du sommet, les Etats vont reconsidérer  leurs politiques de santé par rapport à ces pandémies. Ainsi, des pistes de solutions plus efficaces pourront être élaborées et mises en œuvre, pour le bien être de l’humanité et la croissance économique.
 
 
 
M. Oussou SECK
Logisticien
Email : o.seck@getma-sn.com
 
 
Sources :
Banque Mondiale
OMC
Institut du Cancer de l’hôpital Aristide le DANTEC
Service Cardiologie de l’hôpital le DANTEC
Programme National de lutte contre la tuberculose
Laboratoire de Physiologie de la Faculté de Médecine de l’UCAD
LA GAZETTE
L’OBS
Walf Quotidien






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