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"Impeachment": la Maison-Blanche en état de siège

Rédigé par la rédaction le 20 Mai 2017 à 09:36 | Lu 3174 fois

Le limogeage du directeur du FBI, James Comey, par le Président Donald Trump, n’en finit pas de faire des vagues aux États-Unis. Depuis l’annonce de cette décision le 9 mai, la presse et les démocrates mènent un assaut frontal contre le Président Trump, avec l’objectif avoué de parvenir à sa destitution. Tout devient prétexte à affaire d’État et la Maison-Blanche semble en état de siège.


"Impeachment": la Maison-Blanche en état de siège

D'un point de vue strictement constitutionnel, la décision du président Donald Trump de limoger le directeur du FBI, James Comey, est parfaitement légale. Mais elle est intervenue dans un contexte particulier, puisque le FBI mène depuis plusieurs mois, une enquête visant le président et son équipe. De là à affirmer que Trump a agi pour faire cesser cette enquête, il n’y a qu’un pas,  que de nombreux commentateurs ont allègrement franchi. A leurs yeux, cette décision justifie l’enclenchement d’une procédure de destitution contre le président Trump.

 

Nous n’en sommes pas encore là, mais nombreux sont les journalistes et les élus démocrates à rêver de faire à Trump ce qu’ils avaient réussi contre Nixon avec le Watergate en 1974.

Rappel des faits et explications

 

Le 9 mai le président Trump a annoncé avoir renvoyé le directeur du FBI, James Comey. Le FBI est une branche du département de la Justice, créée en 1908, dont la mission est de lutter contre toutes les menaces sur la sécurité intérieure des Etats-Unis.

Le FBI est la principale institution de lutte contre la criminalité, un outil de collecte de renseignements, et, aujourd’hui, un bras du combat anti-terroriste. Il emploie quarante mille personnes environ, et dispose d’un budget de dix milliards de dollars. Son directeur est nommé par lePprésident des Etats-Unis et confirmé par le Sénat, officiellement pour un mandat unique de dix ans.  Désigné par Barack Obama, Comey était en poste depuis septembre 2013.

Il est rare qu’un président limoge le directeur du FBI. Mais pas inédit. Bill Clinton en 1993 avait renvoyé William Sessions, (sans lien de parenté avec Jeff Sessions, actuel ministre de la Justice) directeur nommé par Ronald Reagan six ans plus tôt,  pour des soupçons de corruption et de détournement de fonds.

Avant lui, le président John Kennedy, et le président Harry Truman avaient tenté de se débarrasser de J. Edgar Hoover, nommé directeur en 1935 et qui restera en poste jusqu’à sa mort en 1972. Hoover a marqué le FBI de sa personnalité. Sa légende veut qu’il ait eu en sa possession des « dossiers » sur tous les hommes politiques ou presque, plein de petits et grands secrets inavouables, ce qui le rendait inattaquable et donc inamovible…

Pour justifier sa décision, Trump a indiqué que Comey avait « perdu la confiance du public américain » et ne pouvait plus « assurer sa mission ». Il a assuré avoir agi sur la recommandation de son ministre de la Justice (Attorney General), Jeff Sessions. En cause, plus précisément un témoignage, sous serment, fait devant le Congrès, quelques jours plus tôt, concernant l’enquête sur les emails d’Hillary Clinton.

A cette occasion Comey s’était trompé dans ses chiffres, assurant que le FBI avait retrouvé « des centaines et des milliers d’emails » sur un ordinateur privé, alors qu’il ne s’agissait en fait que de quelques emails « parmi des centaines et des milliers». La distinction est de taille et avait suscité une correction écrite du FBI. Le directeur se trouvant ainsi corrigé par ses propres administrés. Cette faute avait servi de prétexte à son licenciement.

source:atlantico.fr