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Incendie volontaire : un accusé écope de 5 ans de travaux forcés

La Cour d’assises de Ziguinchor (Sud) a condamné, jeudi, l’accusé Ibrahima Gackou à 5 ans de travaux forcés, et a acquitté son complice Dji Diémé, poursuivis tous les deux pour le délit d’incendie volontaire d'une habitation, a constaté l’APS.


Rédigé par leral.net le Jeudi 10 Juillet 2014 à 23:00 | | 0 commentaire(s)|

Incendie volontaire : un accusé écope de 5 ans de travaux forcés
Sur le fond du dossier, la cour n’a pas jugé nécessaire de requalifier les faits en simple incendie de paillote ne servant pas d’habitation. Une demande faite aussi bien par le représentant du ministère public que la défense.

Les faits ont eu lieu le 21 avril 2012 à Bounkiling, dans la région de Sédhiou. Des gendarmes ont procédé en effet à l’interpellation de Dji Diémé et d’Ibrahima Gackou sur les lieux d’un incendie.

Dji Diémé, un auxiliaire gendarme à l’escadron de Saint-Louis au moment des faits, a déclaré aux enquêteurs avoir donné l’ordre à Ibrahima Gackou de mettre le feu à une chambre en banco où habitait un certain Lamine.

Il a soutenu que c’est en guise de représailles contre cet individu qui aurait volé son sac contenant des effets avec la complicité d’Ibrahima Gackou.

Entendu à son tour, son co-accusé a reconnu avoir mis le feu à la chambre de Lamine sous la menace de Dji Diémé.

Lamine, qui est un dealer, a renoncé à l’achat de drogue que les deux accusés voulaient lui proposer quand il a vu une tenue militaire dans le sac de Dji Diémé.

Ibrahima Gackou a réitéré ses aveux au juge d’instruction en déclarant qu’il a agi sous la menace de son co-accusé. Dji Diémé est quant à lui revenu sur ses propos, en contestant les faits qui lui sont reprochés.

A la barre de la Cour d’assises, Ibrahima Gackou, un maçon originaire de Fatick (centre), a servi une autre version des faits, tout en maintenant avoir agi sous la menace de Dji Diémé.

Il a affirmé avoir offert un gite à Dji Diémé, en provenance de Ziguinchor pour Saint-Louis. Il a précisé que son co-accusé l’a trouvé dans un débit de boisson alcoolisé.

Une version battue en brèche par Dji Diémé qui a dit que Ibrahima Gackou l’a trouvé en train de diner et lui a proposé de passer la nuit chez lui.

Au milieu de la nuit, il a dit avoir constaté que son sac contenant les effets personnels a disparu de la chambre. C’est ainsi qu’il a pris la décision de conduire Ibrahima Gackou au cantonnement militaire de Médina Wandifa.

Dans ses réquisitions, l’avocat général a beaucoup insisté sur les variations des accusés à l’enquête préliminaire, à l’instruction et à la barre de la Cour d’assises.

El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla a toutefois estimé que l’infraction d’incendie volontaire de lieu d’habitation et la complicité est bien établie.

Le représentant du ministère public a requis 3 ans d’emprisonnement contre les accusés, après avoir requalifié les faits en simple incendie de paillote ne servant pas d’habitation.

L'avocat de la défense, Me Prosper Djiba, a regretté l’absence criante de Lamine qui a dit avoir subi un préjudice. Selon lui, la détermination de Dji Diémé à retrouver coûte que coûte son sac montre qu’il ne contenait pas de chanvre indien.

Il estime que Dji Diémé n’avait aucune raison sérieuse de donner l’ordre à Ibrahima Gackou de mettre le feu au lieu habité par Lamine. C’est pourquoi, il a demandé à la cour d’acquitter Dji Diémé des accusations dont il est poursuivi.

Me Djiba a aussi plaidé l’acquittement d’Ibrahima Gackou au bénéfice du doute. Dans le cas contraire, il a sollicité la clémence de la cour à l’endroit d’Ibrahima Gackou, un orphelin qui a à sa charge sa mère et ses cinq enfants.

La Cour d'assises a acquitté Dji Diémé, tandis que Ibrahima Gackou a été condamné à 5 ans de travaux forcés pour incendie volontaire d’un lieu servant d’habitation.
APS






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