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Insalubrité à Dakar : Les ordures ménagères submergent le Pont de l'émergence

Les ordures ménagères envahissent le pont de l’émergence, situé entre le quartier de Grand-Médine, commune de la Pattes d’oie et les Parcelles assainies. Malgré les 30 tonnes d’ordures enlevées par jour par l’Entente Cadak-Car, le dépôt sauvage continue à accueillir la saleté déversée par des charretiers. Ce qui fait l’affaire des « boudioumen » qui fouillent les ordures à la recherche de marchandises à recycler.


Rédigé par leral.net le Vendredi 11 Septembre 2015 à 12:46 | | 4 commentaire(s)|

Le pont de l’émergence, érigé sur les ruines du point Sénégal 92, offre un spectacle désolant. Des ordures ménagères jonchent les alentours Sud-est de cet édifice en construction, comme l’attestent les ronflements des engins de la CSE sur le site du chantier. En effet, un grand dépôt d’ordures sauvages, prolongé par un chapelet discontinu de tas d’immondices, le long de l’autoroute vers Yoff, offre un décor navrant qui laisse indifférent le passant le moins attentif. Une dizaine de jeunes récupérateurs s’affairent sur les lieux.

A quelques encablures de là, cinq techniciens de surface (éboueurs) de l’entente Cadak-Car, repérables à leurs gilets orange à l’effigie de l’entreprise, sont assis sur un banc de l’autre côté de l’autoroute. En pleine discussion, ils se sont postés là en qualité de veilleurs, peut-être, pour dissuader les riverains ou les charretiers qui déversent leurs ordures sur le site dont l’accès est barré par de gros blocs de pierre blanchâtres. Les garagistes mécaniciens et marchants ambulants ou tabliers s’occupent de leurs oignons. Qui plus est, le beau temps - car il avait plu sur Dakar le petit matin - est perturbé par la fumée des pots d’échappement des véhicules quasi immobilisés par un embouteillage monstre.

A peine arrivé, on s’est approché des techniciens de surface. Réticents au début, ils acceptent de parler tout en requérant l’anonymat par crainte d’une éventuelle sanction de la hiérarchie. Selon ces derniers, malgré l’enlèvement régulier des ordures, ce dépôt sauvage demeure. A les en croire, chaque jour les services de l’Entente Cadak-Car en évacue 30 tonnes, c’est-à-dire deux (2) camions benne tasseuses de 15 mètres cubes le matin et le soir.

Cette information est confirmée par la hiérarchie en la personne de Samba Guèye, chef du département de Dakar du concessionnaire en charge de la propreté de la région du Cap Vert. Les charretiers sont indexés en premier par la Brigade d’intervention rapide (BIR) constituée aux seules fins d’éradiquer ce dépôt, d’après toujours M. Guèye. Ces charretiers affairistes, en connivence avec les récupérateurs appelés communément « Boudioumen », profitent des heures de descente, c’est à dire au-delà de 17 heures, pour continuer à alimenter le dépôt. Ce qui implique un problème de surveillance que Malamine Sèye, chef de la zone de Grand-yoff d’Entente Cadak-Car, impute à la brigade de l’environnement, un démembrement de la gendarmerie. Cette institution de veille sur l’environnement, qui est pourtant inconnu des populations, se dédouane en prétextant un défaut de moyen, notamment en carburant, toujours selon la même source.

Pourtant, les charretiers et recupérateurs trouvent leur compte dans ce Mbeubeuss Bis. Omar Bâ, ébéniste certifié 5ème catégorie de son état, s’active dans ce business. Il y récupère de la ferraille, des plastiques lourds, des verres et bouteilles dont la commercialisation, à son avis, lui permet de couvrir toutes ses dépenses quotidiennes. Quant à Moussa Camara, qui quitte tous les jours Guédiawaye, il évalue ses revenus quotidiens entre 1000 et 1500 francs Cfa. Toutefois, ils estiment tous deux que ce gagne-pain n’est pas prometteur. Par conséquent, ils attendent des autorités une aide afin de trouver mieux.

Par ailleurs, les charretiers et les récupérateurs appelés « boudioumen » entretiennent des rapports heurtés avec les agents de la structure en charge de la propreté de la région du Cap Vert, confient les riverains. A chaque fois que ces derniers leur interdisent de décharger sur le site, il en résulte des altercations qui peuvent dégénérer, indiquent les mêmes personnes.

En effet, les charretiers portent, par devers eux, des armes blanches, de même que les « boudioumen ». Les techniciens de surface de l’Entente Cadak-Car, trouvés sur les lieux, soutiennent que chaque jour, ils font preuve de dépassement pour éviter tout affrontement avec ces derniers nommés. Pour sûr, ces jeunes « boudioumen » s’adonnent en même temps à l'usage de la drogue. L’un d’entre eux, alors que nous étions en pleine discussion avec deux des leurs, Moustapha Camara et Oumar Bâ, âgés environ de 40 ans, est venu proférer des menaces en wolof, un mouchoir en tissu imbibé de diluant à la main : « Il est formellement interdit de mener des enquêtes ici ». Ces jeunes drogués dictent leur loi sur cette zone pendant la nuit.

Entretien avec les autorités de l’Entente Cadak-Car sur le dépôt

Interrogés sur l’existence du dépôt sauvage, les responsables de la structure en charge de la propreté de la région du cap vert (Entente Cadak-Car) soutiennent que leurs interventions sont régulières sur le terrain. Pour preuve, Malamine Sèye, chef de la zone de grand yoff, soutient mobiliser tous jours 16 camions de 15 mètres cubes, régulièrement dans son périmètre d’intervention, sauf le dimanche où le nombre est revu à 8. Toutefois, il reconnait qu’il y’a un déficit de communication, notamment la sensibilisation des populations, et un manque de synergie des différents acteurs. C’est dans cet optique qu’une rencontre s’était tenue, le mercredi le 02 septembre, regroupant le sous préfet des Parcelles assainies, des communes de Grand-Yoff et Pattes d’oie. Un dispositif de sécurité est plus que nécessaire pour lutter efficacement contre les dépôts sauvages. Selon, M. Sèye, la CSE, qui a en charge le chantier du pont Sénégal émergent, s’implique dans la lutte contre le dépôt sauvage en mettant sa pelle à leur disposition.

Incivisme des chauffeurs
Le chauffeur du véhicule de marque Renault 19, immatriculé Dk 6714 X, a été arrêté par la police, hier , jeudi matin aux environs de 11 heures sur l’autoroute à hauteur du pont de l’émergence. Sommé de céder le passage, par les éléments de la police en civil, le chauffeur, âgé d’une vingtaine d’années, a voulu poignarder avec un tournevis l’un des policiers. Arrêté puis menotté, le jeune a été embarqué dans une voiture 4 X 4 de couleur blanche par les limiers.

Sud Quotidien






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