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Interdit de bibliothèque, de télévision, de mosquée, Khalifa Sall à l'isolement

Les autorités redoutent-elles un adversaire politique au point de le couper du reste du monde dans la prison en lui interdisant la mosquée, la bibliothèque, les visites de contact, la télévision? Les tentatives pour avoir la version de l'administration pénitentiaire sont restées vaines toute la journée et la soirée d'hier.


Rédigé par leral.net le Mercredi 17 Mai 2017 à 10:29 | | 0 commentaire(s)|

Interdit de bibliothèque, de télévision, de mosquée, Khalifa Sall à l'isolement
L'isolement est total. Incarcéré depuis le 7 mars dernier pour détournement de deniers publics, escroquerie portant sur des deniers publics, faux et usage de faux en écriture administrative et blanchiment de capitaux, dans le cadre de la caisse d'avance de la mairie de Dakar pour un montant d'1,8 milliard de francs CFA, Khalifa Sall est coupé du reste du monde.

Selon des sources, en dehors du fait que ses visites sont réduites de 20 à 10 par semaine et qu'on ne lui autorise plus les visites de contact (il doit se rendre au parloir à l'instar des autres prisonniers), Khalifa Sall est soumis à de nouvelles restrictions. Interdiction lui a été faite d'aller à la bibliothèque, de se rendre à la mosquée, à la salle de télévision, de fréquenter les autres détenus.

Un de ses conseils fustige en ces termes, "pour ce qui est de la réduction du nombre de visiteurs, la mesure relève du juge d'instruction du premier cabinet Samba Fall qui délivre les permis de visite. Mais les conditions d'incarcération relèvent de l'administration pénitentiaire.

Compte tenu de son statut et de la présomption d'innocence, Khalifa Sall ne mérite pas ce traitement, on cherche à l'isoler. Même à Karim Wade, on n'a pas fait subir cela. Maintenant, toute la question est de savoir si l'administration pénitentiaire agit de son propre chef ou si elle a reçu des instructions.


Me Pape Sène, un avocat qui n'est pas partie prenante dans le dossier, porte une appréciation sur cette mesure. "Interdire à un musulman d'aller à la mosquée, je ne crois pas . De toutes les façons, même dans sa chambre, on peut prier . Je me méfie de ce genre d'informations. Je préfère rester sur les principes. A priori, on reçoit dans les parloirs et c'est de façon exceptionnelle qu'on permet les visites de contact. Et ce n'est pas parce que l'on revient sur cela qu'il y a violation de ses droits ou de la loi".

Pour sa part, le directeur exécutif d'Amnesty Sénégal, Seydi Gassama dénonce les restrictions des visites à Khalifa Sall. "C'est un homme politique de premier plan au Sénégal. Le maire d'une capitale, ce n'est pas n'importe qui, donc on ne peut pas imposer des restrictions indues à son droit de recevoir des visites".

Pour lui encore, cette restriction a des soubassements politiques. "Elle a été dictée du plus haut sommet de l'Etat par le Président Macky Sall lui-même pour punir Khalifa Sall, l'empêcher de continuer à entretenir ses réseaux depuis la prison. Et cela est inacceptable".

Il demande ainsi la levée immédiate des restrictions qui sont selon lui, des atteintes graves aux droits de Khalifa Sall.

source: l'AS