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Iran: reprise des négociations sur le nucléaire à Genève

le 17 Janvier 2015 à 23:24 | Lu 248 fois

Iran: reprise des négociations sur le nucléaire à Genève
Les négociations sur le nucléaire iranien reprennent ce dimanche 18 janvier à Genève. La République islamique et ses interlocuteurs américain, russe, chinois, français, britannique et allemand se sont donnés jusqu'à la fin du mois de juin pour trouver un accord définitif. Il s'agit toujours de rassurer la communauté internationale sur le caractère pacifique du programme nucléaire iranien. En échange de quoi, Téhéran espère la levée des sanctions qui pèsent sur son économie.

« C'est à eux de bouger », nous confiait ces derniers jours un diplomate européen à propos de ses interlocuteurs iraniens. Le problème, c'est qu'à Téhéran on estime à l'inverse que c'est désormais au groupe des « 5+1 » de faire les gestes qui permettront la signature d'un accord.

Malgré d'intenses discussions depuis près d'un an et demi, les discours ne changent pas : Téhéran exige la levée rapide de la totalité des sanctions internationales. En face, le groupe des six pays impliqués dans la négociation demande une réduction du nombre de centrifugeuses enrichissant de l'uranium dans les installations nucléaires de l'Iran.

Les Six veulent aussi des réponses à leurs questions sur les recherches que les Iraniens auraient mené dans le domaine du nucléaire militaire ces dernières années. Les paramètres d'un accord demeurent.

Aux Etats-Unis, les sénateurs républicains mettent la pression

Mais ce qui évolue, c'est la pression politique interne à Washington comme à Téhéran. En Iran, les durs du système sont en embuscade, prêts à dénoncer des concessions trop importantes à leurs yeux. Aux Etats-Unis, la nouvelle majorité républicaine au Congrès réclame de nouvelles sanctions visant l'Iran. Barack Obama, en présence du Premier ministre britannique David Cameron, a d’ores et déjà annoncé qu’il opposerait son veto en cas de texte de loi en faveur de sanctions.

Barack Obama s'était directement adressé au Congrès américain en fin de semaine, lui demandant de « faire preuve de patience ». Selon le président américain, « de nouvelles sanctions compromettraient la possibilité d'une solution diplomatique à l'une des plus difficiles questions de sécurité nationale que nous ayons à traiter depuis longtemps ».

On assiste donc à l’opposition de deux philosophies. D’une part, les sénateurs qui ont donc pour objectif de durcir immédiatement les sanctions ; d’autre part, ceux qui préféreraient un système cadré sur le rythme des discussions déjà prolongées à deux reprises : de nouvelles sanctions seraient mises en place, si et seulement si l’Iran ne respecte pas un éventuel accord. Un débat sur ce sujet devrait avoir lieu dès le mois prochain au Sénat. La diplomatie américaine est sous pression, c’est sans doute pour cela que le secrétaire d’Etat, John Kerry, multiplie les entretiens avec son homologue iranien, donc le dernier a eu lieu ce samedi, à la veille de la reprise à Genève.

La nouvelle date butoir pour la fin de ces négociations est le 1er juillet. Le président des Etats-Unis a fait d’un accord sur le nucléaire iranien l’une des priorités de sa fin de mandat.