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Israël : les détenus palestiniens en grève de la faim

le 18 Avril 2012 à 11:57 | Lu 460 fois

Un régime d'exception permet de garder des détenus sans procès et sans limitation de durée.


Israël : les détenus palestiniens en grève de la faim
Des centaines de Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes ont commencé mardi une grève de la faim, pour protester contre le régime de détention administrative et leurs conditions de détention.

À l'occasion de la Journée des prisonniers, 3500 détenus ont refusé leur repas et 1200 d'entre eux auraient décidé d'entamer une grève de la faim illimitée. Dix prisonniers palestiniens avaient déjà refusé de s'alimenter depuis plusieurs semaines, et deux d'entre eux ont été hospitalisés après plus de quarante jours de jeûne.

Conditions «humiliantes»
L'exemple de Khader Adnan, un détenu palestinien qui devait être libéré mardi après soixante-six jours de grève de la faim, pourrait avoir inspiré ce mouvement, le premier d'une telle ampleur. Les grévistes protestent contre les conditions, selon eux «humiliantes», de leur détention et notamment les fouilles nocturnes des cellules et les fouilles au corps de leurs familles pendant les visites. Les prisonniers demandent aussi que les familles des détenus originaires de Gaza soient autorisées à entrer en Israël pour les visites.

Quelque 4700 Palestiniens sont actuellement détenus dans les prisons israéliennes. Environ trois cents le sont selon le régime de la détention administrative, système hérité du mandat britannique, qui permet aux autorités militaires israéliennes, responsables des Territoires palestiniens, de maintenir en détention des suspects sans procès ni procédure judiciaire.

Les autorités israéliennes arguent du fait que certains individus dangereux ne peuvent être jugés sans dévoiler l'identité des informateurs ayant permis leur arrestation. Prévue pour une durée de six mois, la détention administrative peut être renouvelée sans limitation sur simple décision d'un juge militaire.

La question des prisonniers reste un thème très sensible dans la société palestinienne, où près d'un homme sur trois aurait séjourné dans les prisons israéliennes et où les détenus sont généralement considérés comme des héros, même si un certain nombre d'entre eux sont incarcérés pour avoir participé à des attentats terroristes contre des civils israéliens. Le Hamas, qui avait réussi à obtenir la libération de plus d'un millier de prisonniers à la fin de 2011 en échange du soldat Gilad Shalit, avait tiré un prestige considérable de l'opération.