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Israël s'inquiète de l'anarchie qui règne dans le Sinaï

le 19 Juin 2012 à 11:50 | Lu 464 fois

Des terroristes ont tiré lundi sur des ouvriers travaillant à la clôture qu'Israël édifie sur sa frontière avec l'Égypte.


Israël s'inquiète de l'anarchie qui règne dans le Sinaï
Pour Israël, les élections égyptiennes n'augurent rien d'encourageant. Au lendemain de la présidentielle, qui pourrait voir la victoire des Frères musulmans qui affichent leur hostilité à l'État hébreu, des membres d'un commando partis de la péninsule du Sinaï, en Égypte, se sont infiltrés, lundi, dans le sud d'Israël. Ils ont tiré vers un véhicule transportant des Israéliens, qui construisent une clôture de sécurité le long des 240 km de la frontière entre Israël et de l'Égypte. Deux des infiltrés ont été abattus, tandis qu'un des ouvriers israéliens était tué.

Aussitôt, les responsables israéliens ont appelé les autorités égyptiennes à mettre fin à «l'anarchie» qui règne dans le Sinaï depuis la chute d'Hosni Moubarak en février 2011. Cette région quasi désertique est présentée comme un «sanctuaire terroriste» d'où partent des attaques contre le sud d'Israël, et un centre nerveux du trafic d'armes. Les extrémistes islamistes palestiniens préfèrent souvent passer par le Sinaï, où ils savent que l'armée israélienne ne pourra pas lancer de raids de représailles sans risquer de provoquer une crise avec Le Caire, plutôt que d'attaquer à partir de la bande de Gaza, où l'État hébreu n'hésite pas à intervenir.

Course contre la montre
Cette situation explique la prudence des responsables israéliens, qui se contentent d'émettre des vœux. «Quel que soit celui qui gagnera l'élection au Caire, nous attendons de lui qu'il assume les engagements internationaux pris par l'Égypte, notamment le traité de paix entre les deux pays et les arrangements de sécurité dans le Sinaï, afin de mettre rapidement fin à ces attaques», a affirmé Ehoud Barak, le ministre de la Défense.

En attendant, Israël est engagé dans une course contre la montre pour achever la clôture de sécurité avant la fin de l'année. «Ce projet est d'une importance nationale suprême pour empêcher l'infiltration de terroristes et d'immigrés illégaux, les attentats ne nous empêcheront pas de l'achever», a proclamé Benyamin Nétanyahou, le premier ministre, en faisant aussi allusion aux quelque 60 000 Africains entrés illégalement en Israël via le Sinaï. Pour plus de précaution, l'armée israélienne, selon des médias, a également déployé lundi des renforts de blindés le long de la frontière égyptienne.

Moins tenu par le devoir de réserve diplomatique, Benyamin Ben Eliezer, un ancien ministre de la Défense, a résumé le dilemme des Israéliens: «Avec ces élections, c'est un nouveau Moyen-Orient qui émerge, une Égypte plus religieuse, plus musulmane, plus haineuse envers Israël. Mais nous n'avons pas le choix, nous devons tenter d'établir un dialogue avec ceux qui gouverneront au Caire.»


Par Marc Henry