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«J’ai pleuré en 1978 quand la Hollande a été battue par l’Argentine»

L’OBS – Ce n’est pas sur le terrain de la diplomatie qu’on retrouve l’ambassadeur des Pays-Bas au Sénégal, mais sur celui de sa passion de toujours : le foot. Pieter Jan Kleiweg de Zwaan respire football, vit le foot sans retenue. Ce jour-là, son pays n’a fait qu’une bouchée de l’Espagne (5-1). L’ambassadeur a rouvert pour L’Observateur son album Panini, il raconte sa passion et parle des instants foot qui ont jalonné son existence.


Rédigé par leral.net le Jeudi 19 Juin 2014 à 13:06 | | 0 commentaire(s)|

«J’ai pleuré en 1978 quand la Hollande a été battue par l’Argentine»
A l’occasion du match Hollande-Espagne 5-1, on vous a vu très tendu au début, joyeux à la fin, avez-vous toujours eu un rapport passionné avec le foot ?

Je n’ai pas été diplomate sur ce coup-là, mais Hollandais de cœur, toute la journée précédant ce match, j’avais une petite excitation au cœur. J’ai envoyé des tweets, parce que je suis actif sur Twitter et j’ai posté une image de la flotte hollandaise qui battait la flotte espagnole au 17e siècle pour montrer qu’on pouvait le faire. A la fin, on a battu l’Espagne, on a eu un foot de mouvements, on a eu de la chance. Parce qu’on a mis au fond toutes nos opportunités. Déjà, gagner 5 buts à 1 face à l’Espagne, je pense que c’est un signal fort lancé aux autres équipes. C’est dire que les Pays-Bas sont là. On est un petit pays, mais une grande nation de foot. Et puis, on a une équipe multiraciale, Martins Indi qui est de la Guinée-Bissau, Jonathan de Guzmàn d’origine canadienne, c’est ça les Pays-Bas.

Avez-vous toujours vécu avec passion au rythme de la Coupe du Monde ?

J’ai toujours vécu avec passion au rythme de la Coupe du monde. Je peux même aller plus loin en disant que les rythmes de quatre ans de la Coupe du monde sont des rythmes de ma vie. Je sais exactement où j’étais en 1978, en 1982. J’ai vu par exemple le match de 1974, la finale de la Coupe du monde, quand les Pays-Bas ont perdu contre l’Allemagne, j’avais six ans, c’est l’un de mes premiers souvenirs. En 1978 aussi face à l’Argentine quand on a perdu 3-1. C’était 1-0 pour l’Argentine, on a marqué cinq minutes avant la fin, mais on a perdu 3 à 1 dans le temps additionnel. Il y a quatre ans encore, je me rappelle, quand on a perdu contre l’Espagne. On a perdu trois finales, il n y a pas un pays au monde qui a perdu autant de finales en Coupe du monde que les Pays-Bas.

Avez-vous été traumatisé par toutes ces finales perdues ?

C’est un traumatisme national au Pays-Bas et sur le plan personnel aussi. Surtout qu’on a de très bonnes équipes. Il faut être très fort pour jouer trois finales de Coupe du monde. Et on est un petit pays de 17 millions d’habitants. On n’a pas les 200 millions d’habitants du Brésil. On est un petit pays relativement, mais on joue très bien au foot. On a un football qui est joli à voir. Le but de Robin van Persie contre l’Espagne est l’un des plus beaux pour le moment de cette Coupe du monde. C’est pourquoi, j’ai une fierté quand les Pays-Bas gagnent, parce que je trouve que c’est la beauté du jeu. Sur ce plan-là, le Sénégal est assez similaire des Pays-Bas. Le pays de la Teranga a un joli foot.

Quel a été votre souvenir le plus marquant en Coupe du monde ?

C’est en 1998, lors du quart de finale Argentine- Pays Bas 1-1. Cinq (5) minutes avant la fin, Frank de Boer fait une passe de 60 mètres sur Denis Bergkamp, qui prend la balle avec un pied se retourne sur l’autre et bat le gardien 2-1. Les Pays-Bas passent. Malheureusement, on est éliminés par le Brésil en demi. En Hollande, il y a un artiste qui a dit ceci : «Voir ce but de Bergkamp, c’est mieux que faire l’amour.»

Quel est le jour où vous avez pleuré pour la Hollande en Coupe du monde ?

Garçon de dix ans, j’ai pleuré quand on a perdu contre l’Argentine en 1978. Je me rappelle que mes parents me consolaient en me disant que ce n’était que du foot. Pour moi, c’était plus que ça. Je ne comprenais pas pourquoi on devait perdre. En 1998, j’ai pleuré aussi quand on a perdu contre le Brésil. En 2010, je n’ai pas pleuré contre l’Espagne. Parce que les Espagnols étaient meilleurs. Mais je crois qu’en 1978 et en 1998, on était meilleurs. C’est ça le foot. C’est émotionnel, c’est historique.

Quelle est votre équipe de rêve de la Hollande ?

Quand j’étais tout petit, j’ai vu évoluer la meilleure génération de la Hollande. C’était le football total de Cruijff (Joueur international de football néerlandais, des années 70-80 qui évoluait au poste de milieu offensif, Ndlr), Rep, Krol, au milieu de terrain il y avait des gars comme Neeskens, les frères Van de Kerkhov (les jumeaux Willy et René). Les Brésiliens appelaient ça la Naranja Mecanica (la mécanique orange). Tout le monde attaquait et tout le monde défendait. L’autre génération qui s’est distinguée, c’est celle des Van Basten, Ruud Gullit lors du Championnat d’Europe 1988. Van Basten, personne ne savait si c’était un joueur de foot ou un danseur de ballet. C’était un génie. Les gens ne voient plus ce type de joueur. Je trouve que Messi est trop fort, mais c’est plus un dribbleur, Ronaldo il est très fort physiquement, mais Van Basten il avait quelque chose de plus. Vous vous rappelez du but qu’il a marqué contre Rinat Dasaev, le gardien russe. Des professeurs de physique ont dit aux Pays-Bas que c’était physiquement impossible ce qu’il a fait. Malheureusement, il a arrêté sa carrière en 31 ans, car il a eu un problème au genou.

MOR TALLA GAYE gfm.sn






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