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Jammeh menace de se "débarrasser jusqu'au dernier" des meneurs de l'attaque contre son palais

le 7 Janvier 2015 à 20:55 | Lu 1634 fois

Le chef de l'Etat gambien Yahya Jammeh a déclaré vouloir "faire un exemple" après l'attaque le 30 décembre contre son palais présidentiel à Banjul, promettant de se "débarrasser" des meneurs "un par un, jusqu'au dernier".


Jammeh menace de se "débarrasser jusqu'au dernier" des meneurs de l'attaque contre son palais
De son côté, un dirigeant de l'opposition, Halifa Salla, candidat à l'élection présidentielle de 2006, a ,dans une première réaction, appelé le pouvoir à faire preuve de "magnanimité plutôt que de vengeance", en particulier envers les membres des familles des assaillants, dont plusieurs ont été arrêtés, selon lui.

Au cours de précédentes tentatives de coup d'Etat, notamment en 2006 et 2009, "on m'a demandé de faire preuve de clémence. Cette fois, c'est œil pour œil", a déclaré M. Jammeh devant ses partisans rassemblés près du palais dans la nuit de lundi à mardi, indiquant qu'il ne laisserait plus des putschistes condamnés à mort saisir la Cour suprême.

"Et je vais me débarrasser de ces éléments un par un, jusqu'au dernier", a-t-il ajouté, précisant avoir demandé en apprenant l'attaque pendant un séjour privé à Dubai, de "prendre les leaders vivants".

"J'ai été indulgent. J'ai toujours été miséricordieux, malgré des informations disant le contraire", a assuré M. Jammeh, qui dirige la Gambie d'une main de fer depuis le coup d'Etat de 1994 qui l'a porté au pouvoir.

"Mais j'ai constaté que les moins de 0,1 % (de Gambiens) à l'extérieur du pays voulaient détruire les 99,9 % à l'intérieur, cela n'arrivera pas sous mon autorité", a déclaré le chef de l'Etat, régulièrement accusé d'atteinte aux droits de l'Homme et à la liberté d'expression.

Dans un communiqué, M. Salla, secrétaire général et porte-parole de l'Organisation démocratique du peuple pour l'indépendance et le socialisme (PDOIS) a demandé que les corps des assaillants tués soient rendus à leurs familles.

"Les membres des familles arrêtés doivent être relâchés par l'Etat", a-t-il dit, estimant que la meilleure protection du chef de l'Etat résidait dans une gouvernance soutenue par la population.

"Le moyen de réduire les risques liés à la fonction présidentielle est de tirer son autorité de la volonté du peuple et de l'exercer au service du bien-être du peuple et de garantir que l'appareil militaire et de sécurité soit protecteur de la population", a-t-il affirmé.

Deux suspects poursuivis aux Etats-Unis

M. Jammeh avait démenti dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier une tentative de putsch, évoquant une attaque de "terroristes soutenus par des puissances" étrangères et mentionnant "des dissidents basés aux Etats-Unis, en Allemagne et au Royaume-Uni".

Deux Américains d'origine gambienne placés en détention à leur retour de Banjul pour participation présumée à l'attaque du palais présidentiel ont été inculpés lundi par la Justice américaine, a annoncé lundi le ministère de la Justice des Etats-Unis.

Cherno Njie, 57 ans, et Papa Faal, 46 ans, également titulaire de la nationalité gambienne, sont poursuivis pour "avoir comploté pour renverser dans la violence un gouvernement étranger, en violation de la loi américaine", a déclaré le ministre de la Justice Eric Holder.

Selon le procès-verbal de l'agent spécial de la police fédérale américaine chargé du dossier, ils avaient initialement prévu une embuscade contre le président Jammeh à l'occasion d'un de ses déplacements entre Noël et le Nouvel An, avant de modifier leurs plans en apprenant qu'il devait quitter le pays le 26 décembre, pour s'attaquer au palais.

Mais au lieu de se rendre comme ils l'espéraient, les forces présidentielles avaient reçu des renforts et avaient riposté, tuant plusieurs assaillants, souligne le même document.

Selon des sources militaires gambiennes, l'attaque a été déclenchée le 30 décembre vers 03H00 (heures locale et GMT) par des hommes lourdement armés venus en pirogue à Marina Parade, sur la corniche est de Banjul, où est situé le palais présidentiel.

AFP