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José Mourinho (Manchester United) : «Je suis plus apaisé»

En exclusivité, José Mourinho, l'entraîneur de Manchester United, se confie longuement dans le numéro France Football qui paraît ce mardi. Une confession étonnante sur son métier et sa propre évolution.


Rédigé par leral.net le Lundi 20 Mars 2017 à 23:08 | | 0 commentaire(s)|

José Mourinho (Manchester United) : «Je suis plus apaisé»

Sa philosophie de manager

«Il faut s'adapter à la réalité du club, à ses besoins, à ses demandes. Ca s'appelle être intelligent (...) La priorité, c'est d'établir des relations de paix et d'amour dans un groupe, de créer une stabilité. Manchester United n'a plus les super personnalités qu'étaient les GiggsScholes ou Roy Keane. Il y a encore Rooney et Carrick, qui sont les derniers visages de cette génération, et un nouveau groupe de joueurs qui doit s'adapter. C'est pourquoi il était important pour moi de faire venir Zlatan. Dans cette équipe, il avait, sans être anglais, sans connaître la culture du club, la personnalité et le profil pour être davantage qu'un simple joueur.»

La concurrence

«En Angleterre, les clubs sont tellement puissants économiquement que le marché est ouvert à tous. Prenez l'exemple du Bayern en Allemagne. Vous savez quand il commence à gagner le titre chaque année ? Quand, l'été précédent, ils achètent le meilleur joueur du Borussia Dortmund ! Götze, puis Lewandowski l'année suivante, puis Hummels l'an dernier. Moi, j'arrive dans un club qui a une grande et prestigieuse histoire, mais qui ne peut plus se décliner de la même façon. Aucun club en Angleterre, que ce soit Manchester UnitedLiverpoolManchester City ne peut plus être dominant de façon permanente. Le pouvoir s'est divisé. Tout est plus difficile : acheter, gagner, construire.»

Son évolution

«Mourinho l'homme essaye d'être à l'opposé de ce qu'est le manager. Il essaye d'être discret, calme. De trouver le moyen de déconnecter. Je peux rentrer à la maison et ne pas regarder un match de foot, ne pas penser foot. Je peux le faire. Au début de ma carrière, je ne pouvais pas. J'étais branché en permanence, 24 heures sur 24. J'ai dû trouver une forme de maturité. Aujourd'hui, je me sens bien avec ma personnalité d'homme. J'ai mûri, je suis plus apaisé. Une victoire ne représente plus la lune, et une défaite plus un enfer. Et je crois que je suis en mesure de transmettre cette sérénité à ceux qui travaillent avec moi, à mes joueurs. J'ai les mêmes ambitions qu'avant. La même implication, le même professionnalisme. Mais je suis plus dans le contrôle de mes émotions.»

Sa méthode

«D'un point de vue psychologique, plus l'empathie est forte dans un groupe, plus la relation entre les joueurs est consistante, et plus vous êtes prêt. Le «jeu de l'esprit», qui consiste à tenter de manœuvrer quelqu'un psychologiquement via les médias, est un moyen de créer un état d'esprit, mais qui est surtout efficace quand vous avez une équipe qui regorge de personnalités et qui est prête à absorber ce genre de discours. A l'Inter, j'étais comme un poisson dans l'eau dans ce domaine. J'avais MaterazziCordobaIbrahimovicMilitoThiago Motta... Des mecs qui étaient prêts à me suivre partout. Après, c'est une autre chose de bosser dans un club où les joueurs n'ont pas le même profil. Alors avant d'aller dans une direction, il faut d'abord comprendre les gens avec qui vous travaillez.»

source: ParisMatch