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Julian Castro, le prodige latino des démocrates américains

le 6 Septembre 2012 à 15:30 | Lu 538 fois

À seulement 37 ans, il est le maire de San Antonio, dans le très conservateur État du Texas, que les démocrates ne désespèrent pas de voir basculer dans leur camp. Grâce au vote hispanique.


Julian Castro, le prodige latino des démocrates américains
Envoyée spéciale à Charlotte (Caroline du Nord)

Les démocrates le voient comme leur meilleur espoir de remporter un jour le poste de gouverneur du Texas, État très conservateur monopolisé depuis des décennies par les républicains, mais confronté à une révolution démographique sous la pression de l'immigration latino. Certains parlent même pour lui d'un avenir national brillant, susceptible de le mener, pourquoi pas… jusqu'à la Maison-Blanche. Julian Castro, jeune maire de la ville texane de San Antonio, non loin de la frontière mexicaine, devait prononcer mardi soir l'un des discours les plus attendus de la convention démocrate. À 37 ans, ce petit-fils d'une immigrante mexicaine arrivée en Amérique au début du XXe siècle incarne le pouvoir montant des Hispaniques (55 % de la croissance démographique depuis dix ans).

L'histoire de ce jeune maire est emblématique de la progression sociale arrachée à force de labeur et d'obstination par les nouveaux immigrés latinos en quête du «rêve américain». La grand-mère Victoria, d'origine très modeste, avait dû apprendre à lire et écrire par elle-même, puis gagner sa vie comme nounou et comme cuisinière. Quand Julian et son frère jumeau naquirent en 1974, elle participa aux frais d'accouchement de sa fille Rosy, après avoir gagné 300 dollars dans un restaurant. «Notre histoire explique bien comment le rêve américain se construit sur plusieurs générations, comme un relais», note Julian Castro. Un espoir de progression sociale qui devait être au cœur de son témoignage à Charlotte.

Les démocrates, qui captent l'écrasante majorité des votes latinos, ne cachent leur désir d'afficher la diversité de leur parti, notamment leurs nouvelles têtes d'affiches hispaniques, pour ratisser large en novembre. La semaine dernière, les républicains s'étaient efforcés de diluer l'image d'un parti blanc, allergique aux minorités, qui leur colle à la peau, mettant à l'honneur plusieurs gouverneurs latinos. Le sénateur cubain Marco Rubio, icône des Tea Party, avait introduit Mitt Romney.

Diplômé de Harvard et de Stanford, Julian Castro, avocat brillant au visage souriant, a découvert la politique à l'âge de 3 ans, quand sa mère, Rosy Castro, activiste démocrate passionnée, l'emmenait avec son frère jumeau de meeting en meeting. Les deux garçons ont remarquablement réussi, Joaquim devenant, pour sa part, élu démocrate au Congrès du Texas.


Par Laure Mandeville