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Justice: l’épée de Damoclès sur la tête de Khalifa Sall


Rédigé par leral.net le Dimanche 5 Mars 2017 à 19:05 | | 0 commentaire(s)|

2019 est encore loin sur l'agenda électoral et cette affaire de caisse d'avance apparaît comme une véritable épée de Damoclès qui pourrait couper la route du Palais à Kalifa Sall.
2019 est encore loin sur l'agenda électoral et cette affaire de caisse d'avance apparaît comme une véritable épée de Damoclès qui pourrait couper la route du Palais à Kalifa Sall.

Tribuneafrique-Khalifa Sall, maire de Dakar depuis 2009, pourrait être visé par une information judiciaire pour « détournement des deniers publics ». Une affaire destinée à stopper la fulgurante ascension politique du maire de Dakar, outsider principal de Macky Sall pour la présidentielle de 2019 ? Des indices d'une mauvaise gestion de l'édile de la capitale sénégalaise ? Difficile d'avoir une opinion tranchée tant l'affaire défraie la chronique au Sénégal.
La communication à la presse du parquet était très attendue par l'opinion publique sénégalaise. Au final, on aura appris peu de choses. Khalifa Sall, maire de Dakar depuis 2009, pourrait être visé dans « les prochaines semaines » par une information judiciaire pour « détournement des deniers publics », selon Serigne Bassirou Guèye, le procureur de la République.

La "caisse d'avance", l'instrument du scandale

Le magistrat s'est livré dans une communication à la presse tenue au Palais de la justice de Dakar, à un grand déballage sur les détails qui constituent cette ténébreuse affaire de malversations financières supposées dans la gestion de la « caisse d'avance » de la mairie de Dakar. Cette dernière est une caisse alimentée par des fonds publics mis à disposition de façon discrétionnaire par l'Etat et gérée de manière dérogatoire par les municipalités.

Cette caisse municipale aurait servi à Khalifa Sall pour détourner une somme de 1,8 milliard de Fcfa entre 2011 et 2015, selon le procureur qui indique se baser sur les rapports de l'Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) et de l'Inspection générale d'Etat (IGE) avant de soumettre les éléments à l'enquête de la Direction des investigations judiciaires (DIC) relevant de la police judiciaire.

Celle-ci aurait révélé, selon le procureur, que l'édile de la capitale sénégalaise aurait mis en place un système de fausses factures et de faux accusés de réception de riz et de mil qui servaient en réalité à sortir 30 millions de Fcfa par mois pour alimenter la Caisse du maire. Des faits corroborés, toujours selon le procureur par les témoignages du directeur administratif (DAF) et du magasinier de la mairie lors d'une confrontation avec Khalifa Sall pendant son audition.

A la lumière de ces nouveaux éléments, la pression s'intensifie sur Khalifa Sall alors que le maire de Dakar s'est envolé pour Paris pour une tournée entrant dans le cadre de son agenda de travail après avoir qualifié cette enquête de cabale politique orchestrée par une instrumentalisation de la justice ;

Le procureur s'est défendu, par moment lors de sa conférence de presse, de la politisation de cette affaire. Difficile pourtant de ne pas y voir une affaire politique tant la concomitance de certains événements semblent s'acharner sur le maire de Dakar et son entourage.

L'audition de Khalifa Sall - et sa probable mise en examen- intervient dans le cadre de la « scission » du parti socialiste (PS), créé par l'ancien président Léopold Sédar Senghor et qui dirigea le pays pendant 40 ans, de l'indépendance en 1960 à 2000 avec l'arrivée au pouvoir d'Abdoulaye Wade où il bascule dans l'opposition.

Une affaire de rivalités sur le chemin de la présidentielle de 2019

Avec l'arrivée au pouvoir de Macky Sall en 2012, Ousmane Tanor Dieng, SG du PS depuis 1996 prend fait et cause pour la coalition présidentielle. Khalifa Sall, qui trace sa route vers le Palais de la République à Dakar, prend la tête d'une fronde à l'intérieur du parti socialiste. En mars dernier, la rivalité entre les deux hommes s'invite dans une réunion du parti dont le siège est saccagé dans des circonstances floues. Plusieurs proches du maire de Dakar accusés de sabotage, sont arrêtés.

Fin décembre, Khalifa Sall rompt avec la discipline du parti et annonce son intention de conduire aux législatives de juin, une liste unique différente de celle du PS. Cette liste se veut la liste de rupture avec Tanor Dieng - bombardé entre temps président du Haut Conseil des collectivités territoriales (HCCT)- et qui souhaite établir des listes fusionnées de la coalition. Cette annonce réactivera les poursuites contre l'entourage du maire de Dakar et Bamba Fall, son directeur de cabinet sera écroué dans le cadre de l'affaire du saccage de la Maison du parti.

Sur la route de la présidentielle de 2019, Khalifa Sall est également dépeint comme le rival le plus sérieux pour battre Macky Sall et acter le retour du Parti socialiste dans l'échiquier politique sénégalais. L'échéance présidentielle est encore loin sur l'agenda électoral et cette affaire prend les allures d'une véritable épée de Damoclès qui pourrait couper la route du Palais à Khalifa Sall.
 









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