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Karim Wade, Cheikh Diallo et la CREI : Le diable est dans le détail - Par Hélène Della Chaupin

Il paraît que le compte à rebours a commencé pour Karim Wade et que ses avocats ont trois jours francs pour consulter son dossier et préparer sa défense. C'est la presse qui nous l'apprend. A mon sens, le compte à rebours pour Karim a commencé bien avant sa première mise en demeure en avril 2013. Il a commencé bien avant même mars 2012, date à laquelle le Président Wade a été battu aux élections. Le compte à rebours a commencé pour Karim Wade le jour de l'accession de Maître Abdoulaye Wade au pouvoir, un certain 19 mars 2000. Son père devenu Président, Karim devenait aussi fils de... Et depuis...


Rédigé par leral.net le Mardi 15 Avril 2014 à 10:37 | | 20 commentaire(s)|

Karim Wade, Cheikh Diallo et la CREI : Le diable est dans le détail - Par Hélène Della Chaupin
La presse, revenons-en et restons un peu avec elle, puisse que c'est d'elle qu'il s'agit encore. En plus de nous servir les secrets de l'instruction qu'ils détiennent toujours sur l'"affaire Karim Wade", c'est encore l'un d’eux qui vient de s'illustrer à travers un mémoire-pamphlet rendu à la CREI.

Cheikh Oumar Lamine Diallo, Cheikh pour les proches, journaliste-politiqueur de profession, ne pouvait choisir meilleur moment pour déposer son pamphlet devant un comité de salut public et essayer de livrer ainsi un ex-ami-frère bienfaiteur à la vindicte populaire.

Dans un hurlement sourd-muet, Cheikh Diallo a subitement les soucis de « dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité » dans l'affaire CD Média Group, un groupe de presse estampillé de ses initiales dont il a toujours été le patron. J'y ai moi-même animé à titre gratuit une chronique intitulée Accents rebelles.

Cheikh Diallo, faut-il le rappeler, n'était pas seulement un homme des médias. Courtisan des Wade, l’homme était aussi l'un des théoriciens-artisans-concepteurs de la Génération du concret, ce machin en trop, qui a été en grande partie à l'origine de la débâcle du PDS aux élections locales de 2009.

Farouche défenseur et souteneur de Karim Wade jusqu' à un passé récent, il vantait son intelligence, sa rigueur au travail et sa générosité légendaire. Cheikh Diallo était aussi le conseiller en communication de Karim Wade, témoin de ses exploits dans ses belles réalisations, témoin ingrat et sournois de ses débandades politiques. Il était censé conseiller Karim et l'aider politiquement. Mais, Cheikh lui-même était loin de connaître les réalités socio-culturelles du Sénégal, un pays qu'il n'a découvert que très tardivement.

De son pamphlet réquisitoire, qui semble défier les lois de la pesanteur, tout y est, et le diable est dans le détail. La finesse du verbe, des faits intentionnellement et soigneusement sauvegardés pour délivrer un ex-ami à la vindicte populaire, mais aussi et surtout, le moment. Le moment choisi par Cheikh Diallo.

Moment crucial pour Karim Wade dans ce feuilleton judiciaire d'une détention arbitraire d'une brutalité insolente. Moment d'aveu d'enrichissement illicite pour Cheikh Diallo qui pense ainsi se tirer d'affaires en délivrant Karim tel un gibier dégarni dans une violence verbale innommable.

De qui Cheikh Diallo se moque-t-il ? De ses ex-employés qu'il peinait à payer, des Juges de la CREI ou de la République toute entière ? Si CD Média Group appartenait à Karim Wade comme il l'insinue, pourquoi Cheikh Diallo n'a-t-il jamais eu le courage de dire la vérité, rien que la vérité, et toute la vérité depuis le début de l'enquête ? N'est-ce pas que cela lui aurait évité de croupir 6 mois en prison pour rien? Qu'est ce qui explique ce regain d’intérêt soudain de Cheikh Diallo pour la vérité ? Et quelle vérité ? Sa vérité à lui ou la vérité des faits ?

Si Monsieur Diallo est logique dans sa démarche, il ne doit pas, comme un sphinx incompris, désigner Karim Wade comme propriétaire de CD Media Group sans preuve aucune. Il doit aussi nous parler des 30% de parts qu'il détient ou qu'il a alors indûment ingurgité à CD Media pendant toutes ses années.

Si la CREI décide d'accorder foi aux délires de Monsieur Diallo, qui visiblement a plus besoin d'être écouté et aidé par un psychiatre dans cette phase post-carcérale traumatique, alors, on devra tout bonnement lui ré-ouvrir les portes de sa cellule à Rebeuss pour les mêmes raisons qui font que Karim Wade est toujours détenu, le temps que cette affaire soit tirée au claire.

Si la CREI décide de prendre en compte les allégations mensongères de Cheikh Diallo, alors, elle devra avant tout le mettre en examen et l'inculper pour témoignage mensonger de nature à induire en erreur la CREI, pour faux, usage de faux, complicité d'enrichissement illicite et … enrichissement illicite.

Libre à Karim Wade de porter plainte pour diffamation ou pas. Mais, si la CREI est une juridiction bien libre, et je ne doute pas de l'intégrité et de la probité moral du Juge Bèye et de ses quatre autres collègues Juges, alors, l'occasion leur est donnée de réconcilier cette Cour assez spéciale avec les Sénégalais et de rassurer en fin les justiciables que nous sommes, que nous sommes tous égaux devant la loi.

Si dans sa démarche démagogique, Cheikh Diallo n'est motivé que par le souci de vérité, que sa mémoire sélective et amnésique trie également le salaire de 1.300.000 qu'il a touché pendant plus de 3 ans aux ADS sans jamais y avoir mis les pieds, si Cheikh Diallo est un homme honnête, comme il le prétend, il devra commencer d'abord par rembourser les sous du contribuable sénégalais.

Les loups, m'a-t-on dit, ne se mangent pas entre eux. Et nous constatons tous que Cheikh Diallo a le collier de la servitude bien scellé au cou en espérant et en attendant que Macky Sall lui propose un poste juteux. Cette race de bataillon sacré de valets n'a d'amour que pour la facilité. Dans cette affaire, Cheikh Diallo a les dents longues et les canines bien trop pointues. A défaut de pouvoir justifier ses propres biens, il veut livrer Karim dans une jouissance perverse tirée de la cruauté gratuite et de la violation de ses droits élémentaires.

Si Cheikh Diallo a bouffé dans la jouissance et l'opulence des moments glorieux, il doit pouvoir ruminer sa souffrance dans le silence et la dignité dans des moments difficiles, à défaut de chercher à salir un ex-ami comme il le prétend. C'est cela une attitude chevaleresque.

Depuis 2000, Wade-fils n'aura pas perdu plus que ses cheveux dans ses belles réalisations pour le Sénégal et ses démêlées judiciaires. Sa calvitie grandissante lui renseignera longuement et sûrement sur la tortuosité de la nature humaine car Cheikh Diallo, si près, si loin avec Wade-fils, à défaut d'être un fripon, n'est ni plus ni moins qu'un ...T raître de la République !

Madame Helene Della CHAUPIN
djiwoba@yahoo.fr






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