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Karim Wade et Pape Pouye peuvent-ils bénéficier d’une libération conditionnelle ?

Crei : Pour avoir purgé la moitié de leur peine

Le mercredi 17 avril 2013, l’ancien ministre d’Etat Karim Wade et consorts avaient été placés sous mandat de dépôt par la commission d’instruction de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei). A l’issue d’un long procès, l’ancien ministre « du Ciel et de la Terre » a été condamné à six ans de prison ferme. Ses six complices ont écopé de peines diverses. En fait, parmi les six, la plupart avaient été libérés pour raisons médicales. Ce qui fait que seul Pape Mamadou Pouye croupit actuellement en prison aux côtés de Karim Wade pour avoir écopé de cinq ans ferme. D’ailleurs, il vient de purger la moitié de sa peine. Justement, c’est ce qui encourage ses avocats à déposer une demande de libération conditionnelle prévue par la loi. Quant à Karim Wade, il bouclera la moitié de sa peine (03 ans) en avril prochain. Karim Wade et Pape Mamadou Pouye peuvent-ils bénéficier d’une libération conditionnelle sachant que la décision est du ressort du ministre de la Justice ou de la commission du juge des peines ? « Le Témoin » quotidien ouvre le débat…


Rédigé par leral.net le Mercredi 25 Novembre 2015 à 22:59 | | 117 commentaire(s)|

Courant 2014, Me Sidiki Kaba, ministre de la Justice et Garde des sceaux, avait usé de ses prérogatives pour faire bénéficier de la libération conditionnelle à 651 détenus dont des célébrités ayant trébuché sur le chemin de la droiture. En même temps, au tout début de la première alternance survenue en 2010, le président Abdoulaye Wade avait amnistié plus que gracié des criminels de sang comme Clédor Sène, feu Assane Diop et Pape Ibrahima Diakhaté jugés et condamnés pour avoir assassiné l’alors président du Conseil constitutionnel Me Babacar Sèye. La grâce était intervenue alors qu’ils purgeaient des peines allant de 18 à 20 ans de réclusion criminelle. Auparavant, combien de fois le président Abdou Diouf avait eu à « gracier » des rebelles du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc) alors qu’ils attendaient dans les couloirs de la mort de Rebeuss pour des crimes crapuleux sur des populations civiles et militaires. Et mieux, pour faciliter leur retour en Casamance, le président Diouf mettait à la disposition de ces rebelles des bateaux et des autobus ainsi que des « pécules » de grâce en vue d'arracher un éventuel accord de paix avec le Mdfc. Face à de tels précédents de nature à calmer une tension politico-sécuritaire toujours tendue, il n’est pas interdit de souhaiter que les Karim Wade, Ibrahim Aboukhalil alias Bibo Bourgi, Pape Mamadou Pouye et Alioune Samba Diassé puissent, eux également, bénéficier de libération conditionnelle s’ils en remplissent les conditions d’éligibilité.
L’ultime espoir en avril 2016 !
En tout cas, « Le Témoin » est mesure de révéler que les avocats de Pape Mamadou Pouye s’activent actuellement pour lui faire bénéficier d’une libération conditionnelle. Ce contrairement à Karim Wade qui ne bouclera la moitié de sa peine (03 ans sur 06) qu’en avril 2016, date à laquelle il sera normalement éligible à une libération conditionnelle. Pour Pape Pouye, il est donc clair qu’il vient de purger la moitié de sa peine c’est-à-dire deux ans et demi pour avoir été condamné par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) à cinq ans (05) de prison ferme et 69,119 milliards fcfa d’amende. Alioune Samba Diassé et Bibo Bourgi souffrant de graves maladies incompatibles avec les rigueurs carcérales avaient recouvré la liberté depuis longtemps, même s’ils ont été condamnés par la suite à des peines fermes par la Crei. Donc parmi les complices de Karim Wade, il ne reste que Pape Mamadou Pouye placé sous mandat de dépôt depuis avril 2013 et qui est, d’ailleurs, le seul en détention dans l’affaire de la Crei. Avec Karim Wade. A cet effet, ses avocats ont jugé opportun de lui déposer en sa faveur une demande de libération conditionnelle auprès de la commission du juge de l’application des peines (Jap) composée de magistrats, de régisseurs, de chefs de cour de prison et d’infirmiers officiant en milieu carcéral.
Une décision qui est du ressort du ministre de la Justice
Le juge d’application des peines, nous dit-on, est un magistrat du siège du tribunal de grande instance compétent pour « fixer les principales modalités de l’exécution des peines privatives de liberté ou de certaines peines restrictives de liberté, en orientant et en contrôlant les conditions de leur application ». Son rôle consiste donc à superviser la manière dont la peine va être appliquée à une personne condamnée comme les Karim Wade et consorts. Donc, à en croire un avocat de la défense ayant plaidé devant la Crei, dès lors que le condamné présente des garanties de réadaptation sociale, et qu’il a fini de purger la moitié de sa peine, il peut bénéficier d’une libération conditionnelle comme la plupart des détenus « ordinaires ».
La libération conditionnelle, nous explique notre spécialiste du droit, est une mesure d’aménagement de peine permettant la mise en liberté d'un condamné avant la date d'expiration normale de sa peine d'emprisonnement ou de réclusion, sous condition de respect, pendant un délai d'épreuve, d'un certain nombre d'obligations. Par conséquent, une éventuelle libération conditionnelle ne peut en aucun cas émousser l’arme punitive du président de la République dans sa traque contre l’enrichissement illicite puisqu’elle est du ressort du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, sur proposition de la commission du juge de l’application des peines (Jap). Karim Wade et complices condamnés sont-ils éligibles à une libération conditionnelle ? Seuls les spécialistes du droit pourront répondre à cette question …
« Le Témoin » quotidien






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