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Karim Wade fixé sur son sort le 23 mars: Ses avocats font le procès de Macky Sall et de Henri Grégoire Diop

Ils n'ont pas plaidé devant le prétoire, mais les avocats de Karim Wade ont tenu à faire entendre leur voix. Face à la presse, hier, les conseils de l'ancien ministre d'Etat ont une nouvelle fois dénoncée ce procès qu'ils qualifie de "comédie judiciaire".


Rédigé par leral.net le Samedi 21 Février 2015 à 11:32 | | 29 commentaire(s)|

Karim Wade  fixé sur son sort le 23 mars: Ses avocats font le procès de Macky Sall et de Henri Grégoire Diop
En 55 ans de carrière, soutient le bâtonnier Me Réné Fathouart, "je n'ai jamais vu autant de violations des droits de la défense". La résurrection de la Crei, qui n'avait pas siégé depuis 36 ans, des magistrats choisis par appel d'offres, un ministre de la Justice qui tire les ficelles de l'accusation, un tour de passe-passe pour prolonger l'instruction, un procureur spécial déchargé de ses fonctions au milieu d'une audience, un assesseur qui claque la porte, l'expulsion d'un avocat, des violences sur prévenu (Karim Wade) qui a refusé de se prêter à une comédie de justice. Autant de raisons qui ont poussé les conseils de Karim Wade à bouder le procès. Mieux encore, les plaidoiries de la partie civile et le réquisitoire de deux procureurs spéciaux n'ont fait ressortir aucun indice de preuve contre Karim Wade. "C'est un scandale judiciaire", dénonce l'avocat Me Fathouart.

Réagissant à sa suite, Me Amadou Sall de rappeler qu'il a fait le serment de déchirer publiquement sa robe d'avocat si la culpabilité de Karim Wade était prouvée. Il n'aura pas à le faire, constate-t-il parce qu'il a la certitude que de l'autre côté, on s'est planté ». "Il n'y pas de preuves, tout a été bâti sur des témoins dont certains ont été menacé devant la barre. On trompe les Sénégalais. Aucune juridiction n'a condamné Karim Wade, seul Macky Sall l'a fait. Les masques sont tombés. Une chose intéresse le parquet spécial, que notre client ne soit plus éligible. Les avocats de l'Etat se sont évertués pendant longtemps à dire qu'il ne peut pas être Président parce qu'il est né à Paris et est de mère française », peste Me Sall. A ses yeux, ce procès se dégage deux phénomène lourds de conséquence : "Un discrédit énorme qui s'abat sur la justice qui aura servi à un règlement de comptes et la transformation de notre système démocratique en un système d'autorité imposé par un homme qui utilise la terreur pour rester au pouvoir".

"Ce qui est en train de se faire à l'intérieur de la Crei n'a pas l'approbation de tous les professionnels du droit", révèle Me Seydou Diagne. Revenant sur la liste, l'avocat d'ajouter que 97 témoins retenus le premier jour de l'audience, alors que la défense a envoyé une liste de 160 témoins. La Crei n'a entendu que 50. A en croire Me Diagne, "Henri Grégoire Diop avait reçu instruction de finir au plus vite le procès parce qu'il a déjà la condamnation de Karim Wade en poche. La preuve, le magistrat a demandé à l'ancien ministre : "Vous pensez renter chez vous à la fin du procès ? Me Diagne conclut en affirmant que leur client est poursuivi pour quelque chose qui précède sa naissance. Aux sept ans de prison requis par le parquet spécial, si l'on ajoute les trois ans de la détention préventive, calcule-t-il, on tombe sur les dix ans... Le temps de deux mandats pour Macky Sall.

Les 4 000 milliards, la maison de Saint-Tropez et le jet privé sont un mensonge d'Etat, selon Me Demba Ciré Bathily. Toute la charpente s'est affaissée d'un coup. Si l'on enlève le patrimoine de Bibo Bourgi et Singapour (de Alboury Ndao), il ne reste rien. Je n'ai pas reconnu le visage de la justice et j'ai failli déchirer ma robe", martèle Me Madické Niang. Me Pierre Olivier Sur, l'un des avocats français de Karim Wade a lui dénoncé le scandale des chiffres et des actes judiciaires. Depuis deux ans et demi, il n'a pas vu de nouvelles routes, ni de tunnels. La seule chose que l'Etat montre, C'est le procès politique du fils de l'ancien Présidant". La défense, qui ne se fait aucune illusion sur le verdict qui sera rendu le 23 mars prochain, compte sur l'opinion nationale et internationale pour voir là où se situe la vérité.

Avec L'As






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